Post-vérité : le tabac brûlé, le tabac chauffé, la cigarette électronique. Silence politique

 

Bonjour

Roulements de tambours. Nouveau en France : IQOS et ses recharges Heets ! Leur arrivée avait été annoncée – puis on avait oublié. C’est fait. La « cigarette de tabac chauffé à moindre nocivité » va bouleverser notre paysage buralistique, publicitaire et sanitaire. Pour trois raisons principales qui peuvent être aisément résumées.

Il s’agit d’un « nouveau produit du tabac », un nouveau produit qui s’inscrit dans un contexte renouvelé d’appétence pour la « réduction des risques ». De ce point de vue il annonce une période où la publicité pour le « tabac chauffé » (et non plus brûlé) va venir, chez les fumeurs désireux d’« arrêter », concurrencer la cigarette électronique. On sait que cette dernière se démarque totalement des deux premières propositions (« brûlé » ou « chauffé ») en ce qu’elle fait une croix sur le tabac au profit d’une vapeur d’eau (plus ou moins) nicotinée. Pour autant la confusion sera entretenue par le nouveau venu.

En élargissant la gamme des possibilités, en trônant chez les buralistes devant le mur de paquets neutres, en surfant (au conditionnel) sur le risque réduit, le nouveau produit de Philip Morris International (plus de 40 % du marché des cigarettes en France) détiendra vite une position privilégiée. La multinationale ne fait pas mystère de sa volonté de disposer au plus vite d’une position dominante dans ce qu’elle perçoit comme un nouveau marché : conserver l’immense clientèle des fumeurs de tabac en les guidant, sous son logo, vers une consommation à « moindre risque ».

Risque « modifié »

Il n’y aurait là que le jeu traditionnel du grand marché s’il n’était question de santé publique. A ce titre l’arrivée du « tabac chauffé » vient, comme on pouvait le redouter, confirmer ce qu’avait amplement démontré la cigarette électronique : le silence total des autorités sanitaires.  Aucune expertise des allégations sanitaires de Philip Morris International. La puissante multinationale cherche d’ores et déjà, à faire approuver la vente de son produit par la FDA américaine dans la catégorie « produits du tabac à risque modifié ».

En France, pas un mot. Aucune des nombreuses agences sanitaires n’a été saisie d’une question majeure de santé publique et de responsabilité politique. Quatre-vingt mille morts prématurées par an. Aucune demande d’évaluation indépendante de réduction du risque ; partant aucune gestion politique. Aucune échelle objective des différentes possibilités disponibles en amont de l’abstinence tabagique et nicotinique.

Il y a bien, pour l’heure une petite passerelle entre deux mondes qui ne se connaissent pas. Une passerelle « réduction des risques » comme on en connut dans les années 1980 avec le sida et la toxicomanie. Une passerelle fragile, étroite et malaisée, entre les militants de la vape et la Direction Générale de la Santé. Et puis, bientôt, la grosse vague du « tabac chauffé à moindre nocivité ». Que va-t-il se passer ?

A demain

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