Ethique: pourquoi Emmanuel Macron refuse-t-il de répondre à la question de la GPA ?

Bonjour

C’est une lettre ouverte qui réclame, d’urgence, une réponse claire du plus jeune des candidats à l’élection présidentielle.  Elle est signée aujourd’hui, dans Le Figaro, par Sylviane Agacinski, philosophe, Ana-Luana Stoicea-Deram, présidente du Collectif pour le respect de la personne, et Martine Segalen, ethnologue. C’est faute d’avoir reçu une réponse d’Emmanuel Macron que ces trois femmes prennent ainsi la parole. Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Benoît Hamon ont pris clairement position contre la pratique de la gestation pour autrui (GPA). Mieux : ils se prononcent en faveur d’initiatives internationales pour l’abolition de cette pratique perçue comme une nouvelle forme d’esclavage de la femme. Or, sur ce sujet, Emmanuel Macron se tait. Ou laisse planer l’ambiguïté. Extraits :

« La « Lettre ouverte » que vous avez adressée aux personnes LGBTI le 16 avril et diffusée sur le site d’En marche! nous étonne et nous inquiète. Non que nous ne partagions votre volonté de lutter contre toutes les formes de haine et de discrimination envers les personnes LGBTI, mais parce que vous êtes désormais le seul candidat qui prenne sur la question de la GPA une position réglementariste.

Vous dites vouloir « lancer une initiative internationale afin de s’attaquer au problème de la GPA très peu payée et subie ». Est-ce à dire que, supposée « bien payée » et consentie, sur le modèle californien, cette pratique vous paraît légitime ? »

Apparence éthique

Le diable, ici se niche entre les lignes. Les trois signataires postulent qu’Emmanuel Macron penche pour la solution actuellement étudiée dans le cadre des travaux sur la GPA transnationale menés au sein de la Conférence de La Haye (organisation internationale s’occupant de droit civil et commercial). « Or, l’objectif de ces travaux n’est nullement de lutter contre les trafics au nom des droits humains, mais plutôt d’adopter quelques règles juridiques minimales pour donner à la GPA une apparence « éthique » et d’assurer son bon fonctionnement en levant les obstacles tels que les problèmes d’état civil, écrivent-elles. Autrement dit, leur but est de réguler le marché de la procréation, avec le soutien actif des partisans de la GPA. »

Où l’on retrouve les convictions d’Emmanuel Macron qui (pour ce que l’on peut en comprendre) font du marché un modèle quasi indépassable des relations humaines. Or ce modèle est en l’espèce radicalement opposé à celui défendu jusqu’à présent par les lois françaises de bioéthique; des lois fondées sur le principe de l’indisponibilité du corps humain – ce corps et ses éléments échappant, précisément, au marché, à ses lois, à son appétit. Sur ce sujet essentiel la lettre ouverte du Figaro est publiée à point nommé. Emmanuel Macron se doit de répondre, clairement, à la question dérangeante mais fondamentale qu’elle soulève. Le plus tôt serait sans doute le mieux.

A demain

 

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