Pilule contraceptive : le pharmacien devra-t-il, demain, remplacer le médecin ?

Bonjour

Nouvelle polémique confraternelle en vue avec « #LiberezMaPilule ». C’est un appel lancé par un collectif de pharmaciens, associé au Planning familial et à des militantes féministes et différentes personnalités. Tous réclament la mise sur le marché d’une pilule contraceptive qui pourrait être délivrée sans ordonnance médicale. Leurs arguments sont développés dans une lettre ouverte et une pétition a été lancée sur la plateforme Change.org.

Il s’agit ici de « faire pression » sur les laboratoires pharmaceutiques et les agences française et européenne du médicament. L’initiative a aussitôt été saluée par Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

Sans doute faut-il ici élargir la focale hexagonale. BuzzFeed (Sandrine Chesnel) rappelle que la possibilité pour les femmes d’acheter leur pilule contraceptive directement en pharmacie, sans passer par un médecin, est déjà une réalité dans la plupart des pays d’Amérique du Sud, mais aussi dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie, ou encore en Turquie, en Roumanie et au Portugal.

Simple questionnaire

On sait qu’en France la délivrance d’une contraception hormonale par un pharmacien d’officine est soumise à la prescription d’un médecin ou d’une sage-femme délivre une ordonnance. Ce qui, pour Clara de Bort, directrice d’hôpital, féministe et auteure du blog Enjupe.com, citée par Libération (Aurore Coulaud) ne correspond à aucune justification scientifique.

Les auteurs de cette initiative expliquent notamment qu’en 2012 le Collège américain des gynécologues obstétriciens recommandait d’autoriser la vente des pilules contraceptives sans ordonnance. Selon lui un certain nombre d’arguments laissent penser que les femmes sont capables d’évaluer si l’utilisation de la pilule contraceptive est possible en répondant à un questionnaire avec l’aide d’un pharmacien.

Selon ce Collège la prescription d’une pilule contraceptive ne nécessite ni le dépistage d’une infection sexuellement transmissible ni celui d’un cancer du col de l’utérus ou du sein. Cette société savante estimait en outre que les femmes auraient une approche plus prudente que les prescripteurs eux-mêmes quant aux contre-indications. Quatre ans après l’affaire dite « des pilules de troisième génération » 2, il sera intéressant de connaître, ici, l’opinion du Collège national des gynécologues obstétriciens français.

A demain

 1 Parmi les premiers signataires figurent notamment Caroline de Haas, Martin Winckler, Titiou Lecoq  Dominique Dupagne et Jaddo

2 « Pilule de troisième génération: une gestion de crise à ne pas suivre » Slate.fr 3 janvier 2013.

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