Combien de temps encore affichera-t-on des images de mort sur les paquets neutres ?

Bonjour

Les chantres du paquet neutre entrent-ils parfois dans les bureaux de tabac ? Observent-ils le comportement de celles et ceux qui ne peuvent, au quotidien, vivre sans leur dose de tabac brûlé à forte nocivité ? On peut, raisonnablement, en douter.  Un travail original eût été de comparer scientifiquement les comportements des acheteurs (et des buralistes) avant et après l’instauration du paquet neutre. A-t-il été mené ? Au Celtique rien n’a changé. Mêmes acheteurs, mêmes symptômes fébriles de l’addiction, mêmes commandes avides – paquet simple ou cartouches. Le paquet est neutre mais les interconnexions neurales demeurent. Et la marque du cigarettier reste le phare qui éclaire. Nul ne voit plus depuis longtemps ni les images ni les slogans.

C’est pourtant afin de «ne pas habituer les fumeurs aux différentes photographies présentes sur les paquets de cigarettes » que « quatorze nouvelles images choc vont remplacer les quatorze déjà en place » (information du Parisien / Aujourd’hui en France).

On verra notamment le visage d’une jeune femme sur son lit d’hôpital (« Fumer provoque neuf cancers du poumon sur dix »), ou une langue déformée en gros plan (« Fumer provoque le cancer de la bouche et de la gorge»). Et encore : un jeune enfant décédé dans une chambre d’hôpital (« Fumer peut tuer l’enfant que vous attendez ») ; un homme dans un cercueil, une femme et son bébé à ses côtés (« Arrêtez de fumer : restez en vie pour vos proches»).

Images de cigarettes électroniques

Pourquoi renouveler ? Ce mouvement est explicitement inscrit dans la directive européenne contre le tabagisme qui incite à changer tous les ans les « visuels » en conservant les messages associés aux pathologies associées au tabac. « L’an prochain, à la même époque, une troisième série arrivera donc sur les emballages » annonce, déjà, Le Parisien. Ira-t-on un peu plus loin dans l’exposition de l’horreur sur des paquets d’un toxique commercialisé par l’Etat ? Avec quel impact ? En viendra-t-on, un jour à plus de raison et d’efficacité : inciter sur les paquets neutres à avoir recours à des substituts nicotiniques (alors entièrement gratuits) ou à la cigarette électronique (au nom de la réduction des risques) ?

Le quotidien a reçu les confidences de la Direction Générale de la Santé : « Il est établi que le changement des visuels rend plus efficace leur effet sur la population, limitant le risque de s’y habituer ». Selon l’Union européenne, « l’efficacité de ces photos a été testée auprès de 8 000 personnes dans dix États membres. Il s’agissait d’un test en ligne comportant diverses mesures cognitives, émotionnelles et comportementales ». Mais au vu des premiers résultats réels au bout de trois mois, leur efficacité ne semble guère se confirmer.

Le site des buralistes cite, lui aussi, la Direction Générale de la Santé :

« Le paquet neutre vise à changer l’image du tabac, principalement en direction des plus jeunes. Son impact sur la consommation ne se verra qu’à moyen ou long terme. La plupart des consommateurs actuels sont dépendants du tabac et le changement de packaging n’est pas l’élément premier qui les poussera à arrêter de consommer, même s’il peut y contribuer ».

Les nouvelles « images-choc » apparaîtront à partir du 20 mai sur les paquets. Au Celtic ou ailleurs, songer à observer le comportement des consommateurs.

A demain

Une réflexion sur “Combien de temps encore affichera-t-on des images de mort sur les paquets neutres ?

  1. C’est très bien de proposer une évaluation des politiques de santé publique.
    On pourrait aussi évaluer la campagne manger bouger, ou 5 fruits et légumes par jour.
    Car sous couvert de bons sentiments, et de bonnes intentions, l’argent public c’est à dire le notre, et donc celui des fumeurs et des buveurs en partie, est utilisé sans discernement.
    Le problème majeur du tabac et de l’alcool vient du fait qu’ils appartiennent à une sorte de rite d’initiation permettant le passage de l’enfance à l’âge adulte. Dans ce cadre là, la dangerosité n’est certainement pas un frein, et constitue probablement au contraire un attrait.
    C’est cette population adolescente qu’il faudrait cibler en proposant une politique de santé publique positive avec des rites d’initiation plus respectueux à la fois de la santé, mais aussi des désirs exprimés.

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