Le « dépistage prénatal non invasif » bientôt disponible (gratuitement) partout en France

 

Bonjour

Nous assistions à l’installation progressive, en France, d’une médecine à deux, trois ou quatre vitesses. Au vu des informations dont nous disposons, cela ne devrait heureusement bientôt ne plus être le cas -sauf exceptions parisiennes ponctuelles. Nous parlons ici du « dépistage prénatal non invasif » (DPNI).

DPNI ? On sait qu’en France le diagnostic prénatal des principales anomalies chromosomiques (trisomies) débute par un dépistage qui repose sur une prise de sang et une échographie au 1er trimestre. En cas de dépistage positif, un prélèvement fœtal (ponction de liquide amniotique ou biopsie de villosités choriales) peut être réalisé pour confirmer ou infirmer les premiers résultats obtenus. Or il est depuis plusieurs années possible, si la première prise de sang montre un risque augmenté de trisomie 21, de proposer un dépistage plus performant, sans avoir recours d’emblée au prélèvement fœtal, geste invasif conduisant parfois à une fausse couche. C’est le DPNI.

Ces nouveaux tests (développés depuis 2008) sont fondés sur la recherche d’une surreprésentation de séquences anormales d’ADN fœtal au sein de l’ADN fœtal libre circulant dans le sang maternel. Attention : en cas de résultat positif le diagnostic doit toujours être confirmé par l’établissement d’un caryotype fœtal après amniocentèse ou choriocentèse. Pour autant la sensibilité du test permet de prévenir un certain nombre de ces confirmations invasives.

De 390 jusqu’à 800 euros

Sans être agréés ces tests ont progressivement été commercialisés (sans être remboursés) en France. Les responsables sanitaires étaient parfaitement informés et l’Agence de biomédecine étrangement assez peu réactive. « En France, des femmes bénéficieraient de ces tests alors que leur validation dans la stratégie de dépistage est en cours d’évaluation, que ces tests ne sont pas inscrits dans la nomenclature des actes de biologie médicale » peut-on lire dans un document officiel de la Haute Autorité de Santé daté de 2015.

« Le coût du test génétique DPNI est de 390 euros, faisaient valoir dernièrement certains laboratoires. Il n’est pas aujourd’hui remboursé par l’Assurance Maladie mais plusieurs mutuelles le prennent en charge totalement ou en partie. Nous vous invitons à contacter votre mutuelle pour plus de précision. » Une promotion directe était également faite par l’Hôpital Américain de Paris qui propose trois type de DPNI dont le « MaterniT21Plus » (800 euros) :

« Le test MaterniT21Plus permet de dépister les trois principales trisomies (21, 13 et 18)  et les anomalies des chromosomes sexuels. Il s’est graduellement enrichi de la recherche des trisomies 16 et 22 ainsi que des principales microdélétions dépistables de manière non invasive avant la naissance. La plupart sont rares, certaines plus fréquentes, telles le syndrome de Di George (environ 1/2000).  Sont actuellement disponibles les recherches de délétion 22q11 (syndrome de Di George), 5p (syndrome du cri du Chat), délétion 1p36, délétion 15q (syndromes d’Angelman et Prader-Willi), 11q (syndrome de Jacobsen), 8q (syndrome de Langer Giedon), 4p (syndrome de Wolf-Hirschorn). » 

L’AP-HP et l’Hôpital Américain

Gratuité à la Clinique Bretéché de Nantes et la Polyclinique de l’Atlantique à Saint-Herblain annonçait il y a peu Ouest-France (grâce à des organismes publics…). Et il  a quelques jours l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonçait publiquement une « généralisation » du DPNI dans ses établissements. Or les tests ne sont toujours pas pris en charge par la Sécurité sociale. Explications :

« L’AP-HP a souhaité proposer dans un premier temps aux patientes prises en charge dans l’ensemble de ses maternités (potentiellement 7000 patientes concernées) cette nouvelle approche de dépistage non invasif qui repose sur une analyse de l’ADN circulant dans le sang de la mère et qui permet de dépister, en plus de la trisomie 21, les trisomies 13 et 18.  Ce test de dépistage non invasif, est aujourd’hui prescrit en seconde intention et n’est pas remboursé par la Caisse nationale d’assurance maladie. L’AP-HP le propose toutefois gratuitement à ses patientes, grâce aux financements reçus dans le cadre de son inscription au référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN). »

A l’évidence un dépistage à plusieurs vitesses se mettait en place en France. Comment justifier que femmes enceintes s’adressant aux établissements hospitaliers autres que ceux de l’AP-HP ne bénéficient pas des mêmes propositions ? Sans parler de toutes celles qui ne peuvent bénéficier des multiples et coûteuses prestations diagnostiques de l’Hôpital Américain.

Tout devrait toutefois prochainement se régulariser. On indique ainsi de plusieurs très bonnes sources que la Haute Autorité de Santé va très prochainement (après quelques atermoiements) remettre le second volet de ses recommandations. Parallèlement le décret introduisant le DPNI (test ADNIcT21) dans la liste des examens de diagnostic prénatal va être publié dans les jours prochains (il est signé et en attente de publication).

La Caisse nationale d’assurance maladie a d’autre part débuté les travaux qui vont permettre l’inscription de l’acte à la nomenclature – et donc son remboursement. Dans le même temps les travaux de révision des arrêtés concernés vont également débuter. Tout, finalement, devrait être prêt pendant ou après l’été.

A demain

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