Marché et stérilité : abuse-t-on aujourd’hui de la procréation médicalement assistée ?

Bonjour

Cela commence par un éditorial dérangeant publié par l’European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology – un texte repéré par l’APM, reprise par  Le Point puis par le site pourquoidocteur.fr.

Célébrera-t-on, après-demain, les quarante ans de Louise Brown, premier « bébé-éprouvette » ? Mettra-t-on alors en perspective le phénomène considérable qu’est devenu la procréation médicalement assistée, les nouvelles « promesses de parentalité » et les évolutions du concept d’infertilité ? Et intègrera-t-on l’ensemble dans la dynamique offre-demande du marché ?

Pas d’alarme sur le sperme

« Entre 1997 et 2011, près de 900 000 enfants sont nés par FIV en Europe et ce nombre pourrait avoir dépassé 1,4 million aujourd’hui », précisent les auteurs, hollandais et autrichiens de l’éditorial. Ils exposent un paradoxe européen : il n’existe aucune baisse de la fertilité de nature à justifier une telle évolution. Ils ajoutent aussi que les annonces alarmistes (récurrentes et médiatisées) sur la baisse de la qualité du sperme ne sont nullement justifiées d’un point de vue scientifiques.

Comment comprendre ? Il y a certes le recul progressif de l’âge des premières maternités – mais il ne saurait, à lui seul, expliquer la progression du recours à la technique de la FIV. Sans doute faut-il aussi compter avec la facilité (et la rapidité) avec laquelle le diagnostic de stérilité (ou d’« hypofertilité ») est aujourd’hui porté ; une facilité d’autant plus grande qu’il faut désormais compter avec les pratiques ouvertement mercantiles de certains centres de PMA et le développement d’un tourisme procréatif se jouant des frontières éthiques nationales.

Le souhait du candidat Macron

Tout, en somme, converge pour que le marché de la PMA se développe et que des gestes initialement à visée thérapeutiques (la FIV et l’ICSI) soient mis en œuvre avant même que le diagnostic qui devrait les justifier soit porté et confirmé. Et c’est bien dans ce cadre qu’il faut aujourd’hui inscrire le souhait exprimé (avant son élection à la présidence de la République) par Emmanuel Macron : permettre aux femmes seules (et aux couples de femmes) de pouvoir avoir accès aux techniques de procréation médicalement assistée. La dimension thérapeutique s’effacerait alors un peu plus au bénéfice d’une demande individuelle et sociétale. Avec quelles conséquences ?

Emmanuel Macron candidat avait ajouté qu’une fois élu il attendrait, sur ce point politiquement crucial, l’avis du Comité national d’éthique. Il n’est pas le seul.

A demain

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