L’histoire véridique du maire qui sucre le RSA de ses concitoyens alcooliques

 

Bonjour

C’est dans le beau département de l’Oise que l’on trouve la gentille bourgade de Pont-Sainte-Maxence. Nous sommes à cinquante kilomètres de Paris mais, déjà, dans les Hauts de France. L’Homme est ici depuis la Préhistoire. Des fouilles archéologiques ont mis au jour l’existence d’un site néolithique, des nécropoles et des zones agricoles. Aujourd’hui le calme de la cité (13 000 habitants) est gravement troublé par « une demi-douzaine de personnes qui s’alcoolisent dans le centre-ville ».

Le maire de Pont Sainte-Maxence s’appelle Arnaud Dumontier. Il tient un blog et est étiqueté « Les Républicains ». Forte personnalité. « C’est une sorte de Rudolph Giuliani picard, du nom du maire de New York qui fit, avec un certain succès, de la tolérance zéro l’alpha et l’oméga de sa politique de lutte contre la criminalité » dit de lui Le Courrier Picard.  M. Dumontier aime l’ordre, la propreté et son centre-ville. En janvier dernier il avait, avec le député voisin Eric Woerth, lancé une opération médiatisée pour y déloger « la racaille » et les drogués. Lui vivant, on ne verrait pas Pablo Escobar s’installer sur les berges de l’Oise.

Picoler ou s’insérer

Aujourd’hui M. Dumontier va plus loin comme le rapportent Le Parisien et Ouest-France. Pour lutter contre les bénéficiaires du RSA qui s’alcoolisent dans les rues de sa ville il a choisi de les dénoncer aux services du département chargés d’attribuer l’allocation. Opération réussie, sans karcher : le premier vient de se voir retirer 80% de son RSA pendant trois mois.

Il s’agit pour M. Dumontier de « nettoyer les rues des ivrognes ».  « Toucher l’aide de l’État pour la picoler, est intolérable » dit le maire. Il a été entendu par l’Etat. Les services concernés assurent qu’il ne s’agit pas d’une « sanction contre l’alcoolisme de l’allocataire » mais d’un signal pour « le non-respect des obligations en matière d’insertion ». « S’alcooliser n’est pas une clause de sanction. L’obligation d’insertion en est une. Elle est d’ailleurs stipulée par le contrat que le bénéficiaire du RSA signe », expliquent les services de l’Etat.

Bottes républicaines

M. Dumontier n’est pas seul dans son combat. Le département de l’Oise affirme recevoir« de nombreux signalements et des dénonciations anonymes »qui conduisent à mener des enquêtes et à statuer sur certains cas lors de commissions disciplinaires. Mais M. Dumontier n’a pas que des amis. En témoignent les quarante-neuf mains courantes à son encontre, pour la plupart déposées par des associations de solidarité.

Pour l’heure, droit dans ses bottes politiques, M. Dumontier continue son combat pour la propreté radicale de son centre-ville. Il adressera d’autres courriers au département et continuera sa campagne de « dissuasion ».  « Je suis le maire de ceux qui se lèvent tôt, affirme-t-il. Ces derniers sont venus me dire qu’ils en ont marre de payer des impôts pour ces indésirables ivrognes. »​​​​​​​

Il faut savoir gré à M. Dumontier. Dans la période de grande confusion idéologique que nous traversons ce sont de tels maires qui nous rappellent que la jungle n’est jamais loin du centre de nos villes. La jungle, la peur, la méchanceté et son cortèges d’absurdité.

A demain

Une réflexion sur “L’histoire véridique du maire qui sucre le RSA de ses concitoyens alcooliques

  1. Je ne crois pas me souvenir que le RSA fut créé dans le but d’entretenir les vices des uns et des autres.
    Soit on considère que le bénéficiaire est responsable de ses actes et sait ce qu’il fait de son argent, et dans ce cas, on comprendra qu’il puisse être sanctionné car le RSA n’est pas fait pour s’alcooliser.
    Soit considère que le bénéficiaire est irresponsable, et dans ce cas, on ne voit pas pourquoi il faudrait lui permettre de gérer lui même son argent.
    La posture de l’homme de gauche ne me semble pas plus morale. D’abord, parce que ce n’est pas son argent qu’il donne, mais celle du contribuable qui lui, est forcé, ensuite parce que l’argent distribué par la bureaucratie étatique n’a rien d’une aide humaine et empathique mais obéit à une logique idéologique et politicienne.

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