L’Académie nationale de médecine vent debout contre le « syndrome de l’éolienne »

 

Bonjour

Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Depuis sa rue Bonaparte voici que l’Académie nationale de médecine tonne et prend officiellement position dans une affaire donquichottesque où l’on ne l’attendait guère : les éoliennes terrestres. Avec un rapport (sans conflits d’intérêts) adopté à la quasi-unanimité :  92 voix pour, 1 voix contre et 4 abstentions. Le tout sous l’autorité du Pr Claude-Henri Chouard.              

L’intérêt académique tient à l’extension programmée de la filière éolienne terrestre et au nombre croissant de plaintes de la part d’associations de riverains que cette extension soulève. Avec un cortège de troubles fonctionnels réalisant ce qu’il est convenu d’appeler le « syndrome de l’éolienne ». Quel est l’impact sanitaire réel de cette nouvelle technologie verte ? Est-il possible de proposer des recommandations raisonnables susceptibles d’en diminuer la portée éventuelle ?

Qualité de vie

Une quasi-certitude : l’éolien terrestre ne semble pas induire directement des pathologies organiques. Pour autant il affecte au travers de ses nuisances sonores et surtout visuelles la qualité de vie d’une partie des riverains.

« Syndrome de l’éolienne » ? L’Académie range les symptômes en généraux : troubles du sommeil, fatigue, nausées, etc. ; neurologiques : céphalées, acouphènes, troubles de l’équilibre, vertiges, etc. ; psychologiques (stress, dépression, irritabilité, anxiété, difficultés de concentration, troubles de la mémoire, etc.) ; endocriniens (perturbation de la sécrétion d’hormones stéroïdes, etc.) ; cardio-vasculaires (hypertension artérielle, maladies cardiaques ischémiques, tachycardie, etc.) ; socio-comportementaux (perte d’intérêt pour autrui, agressivité, baisse des performances professionnelles, accidents et arrêts de travail, déménagement, dépréciation immobilière, etc.).

Et l’Académie d’observer que ces symptômes ne semblent guère spécifiques. Au point que l’on pourrait selon elle parler ici  d’ « Intolérances Environnementales Idiopathiques ». Nous sommes là, dans la très grande majorité des cas, face à des manifestations de type subjectif, fonctionnel « ayant pour point commun les notions de stress, de gêne, de contrariété, de fatigue… ». Force est d’autre part de constater qu’elles ne concernent qu’une partie des riverains, « ce qui soulève le problème des susceptibilités individuelles, quelle qu’en soit l’origine ».

Souffrance existentielle

L’analyse de la littérature médicale et scientifique (plus d’une soixantaine d’articles ont été publiés à ce jour sur les effets sanitaires des éoliennes) ne permet pas de démontrer que celles-ci retentissent significativement sur la santé. En d’autres termes, aucune maladie ni infirmité ne semble pouvoir être imputée à leur fonctionnement. Il faut dès lors demander l’aide de l’OMS et sa définition extensive de la santé (« un état de complet bien-être physique, mental et social ») pour pouvoir avancer.

« Dans cette acception, force est d’admettre que le syndrome des éoliennes, quelque subjectifs qu’en soient les symptômes, traduit une souffrance existentielle, voire une détresse psychologique, bref une atteinte de la qualité de vie qui, toutefois, ne concerne qu’une partie des riverains » écrit l’Académie. Sur cette base elle formule quelques recommandations de bon aloi. L’une d’elle, toutefois, pourrait ruiner toutes les autres. Elle consisterait à « n’autoriser l’implantation de nouvelles éoliennes que dans des zones ayant fait l’objet d’un consensus de la population concernée quant à leur impact visuel ».

Comment obtient-on, sur un tel sujet un consensus de la population ? Depuis sa rue Bonaparte, à deux pas du Louvre, l’Académie ne nous le dit pas.

A demain

 

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