Macron-prévention : la ministre de la Santé demande aux soignants de ne plus fumer

Bonjour

Quelques lignes glanées dans Le Quotidien du Médecin (Coline Garré). On y apprend qu’après deux visites « de terrain » (d’abord à ATD Quart Monde puis dans un EHPAD) Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et des Solidarités) était présente à l’ouverture des rencontres de Santé publique France. Première intervention. Elle y a tracé les grandes lignes d’une « politique volontariste en prévention » ; une politique visant à honorer les objectifs que le candidat Emmanuel Macron avait fixé : réduire les inégalités sociales de santé, et améliorer l’efficience du système de santé. Cinq milliards d’euros, soit un milliard chaque année, devraient être investis dans la santé.

Combien d’euros contre le tabac, grosse ressource fiscale et première cause de mort prématurée évitable ? On ne le sait pas. La ministre a rappelé les mauvais chiffres catastrophiques de la France (aujourd’hui 34,5 % des 15-75 ans fument, contre 17 % au Royaume-Uni, ou 15 % aux USA). Et une nouveauté : elle a insisté sur la nécessaire implication des médecins dans la lutte contre le tabac. « Dans le cadre du Moi(s) sans tabac, opération de marketing social ‘’exemplaire’’, selon Mme Buzyn, seuls 700 documents ont été commandés par les professionnels de santé. ‘’Trop peu’’ a-t-elle regretté » rapporte Le Quotidien.

Exemplarité

En clair la ministre s’attaque au « problème du tabagisme des professionnels de santé » :

« Si les chiffres montrent un net infléchissement chez les généralistes avec 16 % de fumeurs en 2015, vs 29 % en 2003, ils sont alarmants chez les infirmiers (31 %) et aides-soignants (44 %). Par soucis d’exemplarité et d’efficacité de l’action auprès de leurs patients, il serait important que la prévalence du tabagisme des soignants français rejoigne celles de leurs homologues américains et anglais, autour de 5 %. »

« Exemplarité », donc.  Le mot n’est pas anodin, a fortiori quand il est prononcé par le membre d’un gouvernement. Il l’est d’autant moins que la ministre de la Santé n’est pas sans savoir qu’elle vise ici ce qui, soignants ou pas, est une addiction d’une particulière sévérité, un esclavage. Elle sait également qu’en France les soignants fumeurs ne sont pas plus aidés que les non soignants à briser un lien contre lequel la seule volonté est presque toujours impuissante. Que compte-t-elle faire ?

Où l’on en revient à l’incurie observée tout au long fait du quinquennat précédent. Faut-il rappeler que la situation actuelle du tabagisme en France n’est en rien une fatalité ? Elle est la conséquence directe (et la démonstration chiffrée) d’une absence (chronique et coupable) de volonté politique. Le nouveau président de la République a affiché sa volonté de voir menée une « politique volontariste en prévention ». La nouvelle ministre de la Santé invoque, pour l’heure, le concept d’« exemplarité » à l’attention des soignants. Cela risque de n’être guère efficace. Et c’est très largement insuffisant.

A demain

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