Cigarette électronique : la culpabilité affichée de l’Organisation mondiale de la Santé

 

Bonjour

C’est un communiqué de presse qui émane des hauteurs immaculées de Genève, siège de l’Organisation Mondiale de la Santé. Langue de béton pour tenter de résumer son action et de justifier son existence. Toilettage du propos, aussi, en intégrant l’écologie. Pour le reste même ritournelle bureaucratique consensuelle onusienne. Cela donne : « Venir à bout du tabac pour améliorer la santé, la prospérité, l’environnement et le développement national ».

L’OMS « appelle les gouvernements à appliquer des mesures fortes de lutte antitabac ». Ces mesures sont les suivantes : interdiction du marketing et de la publicité, promotion du conditionnement neutre pour les produits du tabac, accroissement des droits d’accise et interdiction du tabac dans les lieux publics intérieurs et les lieux de travail. Mais encore direz-vous ? Rien.

Quinze milliards de mégots quotidiens

La consommation de tabac tue prématurément plus de 7 millions de personnes chaque année et coûte (aux citoyens et aux gouvernements) plus de 1400 milliards de dollars américains en dépenses de santé et en perte de productivité. Le tabac « aggrave la pauvreté, bride la productivité économique, pousse les ménages à faire de mauvais choix alimentaires et pollue l’air intérieur ». Certes. Mais pour l’OMS l’addiction tabagique n’est pas une maladie, les fumeurs ne sont pas des victimes qui doivent être soignées. L’environnement prime :

« Les émissions de la fumée du tabac libèrent des milliers de tonnes de substances cancérogènes pour l’homme, de produits toxiques et de gaz à effet de serre dans l’environnement. En outre, les déchets du tabac sont, en nombre, le type de déchet le plus répandu dans le monde: dix milliards des quinze milliards de cigarettes vendues chaque jour sont jetées dans l’environnement ; les mégots de cigarettes représentent 30 à 40 % des articles ramassés lors du nettoyage des côtes ou des villes. »

On apprend encore que les gouvernements collectent 270 milliards de dollars américains de recettes grâce aux droits d’accise sur le tabac et ce montant pourrait générer 141 milliards supplémentaires en augmentant les taxes sur les cigarettes d’à peine 0,80 dollar par paquet dans tous les pays. Mais encore ? Rien. Et rien sur ce levier sanitaire majeur que peut être la cigarette électronique. Tout comme Marisol Touraine en France durant le précédent quinquennat, l’OMS ne sait pas que cet objet existe. Ou s’il existe il est à maudire. Ainsi ce document de 2010 :

« D’après le rapport, les fabricants font valoir que ces produits diffusent de la nicotine sans goudron ni monoxyde de carbone. Le groupe [des experts de l’OMS] a conclu que l’innocuité et l’importance de l’apport de nicotine n’avaient pas été établies ; que ces produits étaient commercialisés comme des aides au sevrage tabagique, mais qu’il n’y avait pas assez de données scientifiques pour valider cette allégation ; que l’administration dans les poumons pouvait être dangereuse et qu’indépendamment des effets de la nicotine, il était important à l’échelle mondiale de faire des études scientifiques sur l’administration dans les poumons. »

Et puis ces quelques lignes, datant de 2014 . Nous sommes à Moscou, où vient de s’achever la « sixième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ».

« Un événement qui fera date dans l’histoire de la lutte antitabac est l’adoption d’une décision sur les inhalateurs électroniques de nicotine (et ceux ne contenant pas de nicotine), aussi appelés ‘’cigarettes électroniques’’. Ces produits plutôt nouveaux ont été commercialisés d’abord par des entreprises indépendantes mais aujourd’hui ils sont sous le contrôle de multinationales du tabac.

« Cette décision permet aux Parties d’interdire ou de réglementer ces produits comme des produits médicinaux, de consommation ou appartenant à une autre catégorie, si elles le jugent nécessaire, et invite instamment les Parties à envisager d’interdire ou de restreindre la promotion, la publicité et le parrainage en faveur de ces produits. »

Condamner, ex cathedra, la  cigarette électronique au seul motif qu’elle est « sous le contrôle des multinationales du tabac », voilà bien, en effet, un événement historique. Un nouveau procès de Moscou. On connaît la suite.

A demain

 

3 réflexions sur “Cigarette électronique : la culpabilité affichée de l’Organisation mondiale de la Santé

  1. Il ne faut pas non plus oublier les conclusions de novembre 2016 :
    « La septième session de la Conférence des Parties (COP7) de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) s’est tenue à New Delhi en Inde du 7 au 12 novembre dernier. L’organisation vient de publier ses décisions.
    « S’agissant des “ENDS” ou “ENNDS”, termes de l’OMS désignant respectivement les cigarettes électroniques avec nicotine (ENDS) et sans nicotine (ENNDS), les signataires du traité, les Parties, “qui n’ont pas encore interdit l’importation, la vente et la distribution du vaporisateur sont invités à envisager soit leur prohibition, soit leur réglementation“.

    source :http://fr.vapingpost.com/loms-invite-les-etats-a-interdire-ou-reglementer-les-produits-de-la-vape/

  2. Je ne comprends pas bien d’où ils sortent que la cigarette électronique et les liquides sont sous le contrôle de multinationales du tabac.

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