Œillères : pourquoi Prescrire ne veut-il rien comprendre à la cigarette électronique ?

 

Bonjour

Dans la dernière livraison (juin 2017) du cher Prescrire – célèbre revue « sans publicité ni subvention, ni sponsor ni actionnaire »- on trouve, page 455 la rubrique Infos-Patients Prescrire. Titre : « La cigarette électronique : éventuellement pour arrêter le tabac ».

Tout est dans le « éventuellement », cet événement dont on ne peut savoir quand il se produira, ni même s’il se produira. Où l’on voit le cher Prescrire, pour la troisième fois en deux ans, prendre d’immenses pincettes. Et finalement choisir, du haut de sa chaire, de ne pas prendre le moindre risque personnel – quel que soit les bénéfices sanitaires collectifs.

La cigarette électronique pour Prescrire ? « Une efficacité voisine de celle des médicaments à base de nicotine. Les risques à long terme sont mal connu ». On peut aussi lire des choses comme celle-ci :

« La majorité des utilisateurs de cigarettes électroniques souhaitent arrêter de fumer. Mais en pratique une enquête a montré que cette utilisation a surtout contribué, avec d’autres facteurs, à diminuer leur consommation de tabac d’environ 9 cigarettes par jour. »

« Temporairement acceptable »

Neuf cigarettes en moins par jour ! Faudrait-il, cher Prescrire, tenir cette réduction des risques pour quantité négligeable ? Pourquoi ne pas mieux quantifier ? Pourquoi cette sécheresse dans un dossier d’une considérable importance en termes de santé publique et de réduction des risques ? Pourquoi ne pas enquêter ? Pourquoi ne pas nous raconter la réalité des forces en présence, l’invraisemblable silence chronique du ministère français de la Santé, la duplicité gouvernementale, l’absence de financement public d’études sur le sujet, les choix pragmatiques britanniques ?

Pour l’heure, cher Prescrire, tu te bornes à reprendre la liste exhaustive des effets indésirables, la toxicité de la nicotine pour les enfants (ranger cigarettes et recharges hors de leur portée !) t de revenir sur le cœur récurrent de ton argumentaire :

« La grande diversité des constituants des cigarettes électronique constitue un obstacle à la connaissance des effets indésirables auxquels elles exposent, notamment sur les poumons. »

Et dans l’attente, cher Prescrire, que faire ?

« Malgré les incertitudes, utiliser temporairement la cigarette électronique pour arrêter de fumer est acceptable, compte tenu des dangers du tabac. »

« Temporairement acceptable » ? Jusqu’à quand ? Et quand choisiras-tu de traiter véritablement ce sujet plutôt que, frileux, te borner à l’effleurer ?

A demain

 

4 réflexions sur “Œillères : pourquoi Prescrire ne veut-il rien comprendre à la cigarette électronique ?

  1. Peut-être que Prescrire lit les « études indépendantes » ? Peut-être faudrait-il lister les études falsifiées, infondées, les avis d’experts qui ne sont que des opinions et souvent démontrées ultérieurement comme mensongers ?
    Mais cela voudrait dire ajouter à la liste des conflits d’intérêts et de la corruption auxquels Prescrire fait déjà si attention une autre corruption, celle de l’esprit, et le conflit d’intérêt idéologique, qui sont de très loin préalables au vapotage.
    Le baromètre santé a-t-il mesuré la justesse de la perception des risques du vapotage pour ses utilisateurs ou pour les tiers par les Français, fumeurs ou non ? L’effet d’encouragement au vapotage, cette « mode » d’arrêter de fumer qui s’est répandue au regret de Santé Publique France, malgré des avertissements sanitaires erronés, les interdiction de publicité, et le dénigrement dont certains de ses agents et prestataires se sont faits, entre autre, les acteurs ? Le nombre de Français ayant arrêté de fumer avec l’aide du vapotage ou l’aide combinée de divers moyens et leurs préférences ?
    Bien sûr les médecins en blouse blanche, ceux qui soignent, ceux qui lisent Prescrire aussi, font la promotion du vapotage, un produit de consommation courante qui semble éviter le tabagisme, depuis des années auprès des fumeurs, aux côtés des autres armes à leur disposition, ils sont, comme les citoyens, laissés seuls au milieu d’un champs de bataille. Comme si souvent quand il s’agit de santé publique, et encore plus souvent quand il s’agit d’être efficace pour aider les fumeurs qui souhaitent arrêter, et pas qu’avec le vapotage.

  2. Prescrire se drape dans son principe de précaution. Que ne l’eut-il fait pour les smartphones…
    Leurs enfants pourtant les utilisant.
    Il m’a été plus facile d’arrêter l’alcool que la clope.
    Je fumais 2 paquets & demi par jour. En 2012, ma première cigarette électronique m’a permis de passer à un paquet par semaine. J’étais déjà très satisfait de ce premier résultat.
    Depuis le passage à un matériel plus évolué je ne fume plus une seule cigarette et ce, depuis plusieurs années.
    Alors Prescrire, la vape, oui je la recommande. Tous les moyens sont bons pour mettre à mal le fléau du tabagisme.
    Votre position n’a pas changé. En cela elle fait corps avec celles de Tabac Info Service, de Santé Publique France, des Michèle Delaunay et consorts, renforçant jour après jour le poids des Big Pharma, jetant le trouble et l’inquiétude chez les fumeurs qui voudraient bien mais n’en peuvent mais et leur entourage.
    Il fut un temps ou votre engagement sur d’autres sujets était tout à votre honneur. Les temps changent…
    Pour être encore plus clair, la Vape est un auto-support de réduction des risques contre le tabac et en aucun cas un produit de santé ou dispositif médicalisé.
    Que ne le disiez-vous. Pas plus que vous ne mentionnez que plus de 70% des fumeurs arrêtent seuls sans soutien médical, addictologique ou psychologique.

  3. Prescrire brandit des effets secondaires « donne des chocs anaphylactiques » « provoque des AVC » pour mettre à bat certains médicaments (beaucoup le méritent) mais jamais ne donne l’incidence desdits effets indérisables. Même le paracétamol que Prescrire tolère, « donne des chocs anaphylactiques » mais combien ?

    Prescire par ailleurs allez comprendre croit aux statines parce il n’analyse pas en profondeur les articles et prend les resultats pour argent comptant. D’autres l’ont fait mais pescrire ne saurait se dédire.

    Attitude non scientifique.

    Dommage parce que leur combat est bn, et ils dénoncent beaucoup de vraies arnaques d’une sphère sur l’éthique industrielle de laquelle on peut s’interroger .

    Vous citez
    ===========================
     » Prescrire, tu te bornes à reprendre la liste exhaustive des effets indésirables, la toxicité de la nicotine pour les enfants (ranger cigarettes et recharges hors de leur portée !) t de revenir sur le cœur récurrent de ton argumentaire : »
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    C’est vraiment là de la part de Prescrire, j’avais vu dans ce numéro cet argument à la ….. flétrissant d’avance les vapoteurs qui seraient des armes chimiques ambulantes ou des terroristes ceinturés d’explosifs.
    Et le briquet, l’allumette, accessoire obligatoire de la cigarette , les enfants ne sauraient sans doute en faire un « mésusage » ? Y’en a même des qui disent que des enfants auraient chourré des cigarettes à leur parent et les auraient….. fumées ! Et pris goût !

    On s’approche de la mauvaise foi à l’état natif.

  4. Etrange cette difficulté à parler simplement du vapotage pour une revue qui fait beaucoup pour porter une parole indépendante sur le médicament.
    Peut-être l’explication vient du fait que le vapotage n’est pas un médicament et ne procède pas obligatoirement d’une logique de traitement : vapoter peut être aussi, et pour beaucoup, une pratique d’auto-support, partant de l’usager et de ses ressentis pour l’aider à trouver un chemin hors tabagisme.
    Il n’empêche que cela surprend, Prescrire avait su comprendre l’intérêt par exemple des salles de consommation à moindre risque, etc…
    L’oubli de la place de l’auto-support dans les sorties des addictions devient problématique, et le sort fait au vapotage l’illustre tristement. Vraiment dommage qu’une revue comme Presecrire ne s’attaque pas à ce sujet.

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