A Limoges, il prescrivait trop de Subutex®. L’assurance maladie lui réclame 120 000 euros

Bonjour

A Limoges comme ailleurs on ne doit pas plaisanter avec le Subutex® (buprénorphine) – chez le toxicomane à l’héroïne ou aux autres opiacés permet de supprimer les symptômes du manque ; utilisé comme produit de substitution aux opiacés en complément d’une prise en charge médicale, sociale et psychologique, indispensable pour limiter le risque de rechute.

Le tribunal correctionnel de la préfecture de la Haute-Vienne a condamné vendredi 2 juin un généraliste du centre-ville à dix mois de prison avec sursis et un an d’interdiction d’exercice. Il était soupçonné de trafic sur fond de prescriptions non-conformes et d’escroquerie. Le Populaire du Centre : « Prescription non conforme de Subutex® : un médecin condamné par le tribunal correctionnel de Limoges ». Les faits auraient été commis entre le 1er janvier 2014 et le 31 mai 2016.

SDF et pays de l’Est

C’est en interrogeant des personnes interpellées dans le cadre de la lutte contre les stupéfiants, que les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Limoges ont eu « la puce à l’oreille ». « Le nom du médecin, qui exerce en centre-ville de Limoges, est revenu plusieurs fois dans la bouche de personnes sans domicile fixe et d’autres originaires des pays de l’Est, consommateurs de Subutex®, nous dit Le Populaire. En parallèle, la caisse primaire d’assurance-maladie de la Haute-Vienne s’alarmait sur le nombre anormalement élevé des prescriptions de ce médecin généraliste, pas du tout spécialisé en addictologie. »

Selon les informations du quotidien régional les consommateurs de Subutex® représenteraient environ 40 % de la patientèle de ce généraliste « ce qui le place largement en tête de tous les médecins de Limoges concernant les ordonnances de ce médicament ». Sur 15 mois, 15 431 boîtes prescrites, pour 285 patients des 750 habituels recensés dans le cabinet. Le Subutex® alimentait pour partie un trafic géré par les destinataires des ordonnances qui le revendaient, sans que le médecin s’enrichisse directement.

Le procureur avait requis une peine d’un an de prison avec sursis, assortie d’une mise à l’épreuve pendant deux ans, une interdiction d’exercer pendant deux ans ainsi qu’une peine d’amende de 5.000 euros. Le tribunal, dans son jugement, a été plus clément : dix mois de prison avec sursis, sans mise à l’épreuve mais avec une interdiction d’exercer la médecine pendant un an.

Médecin non profit

« Les malheurs du praticien ne devraient pas s’arrêter à cette sanction puisque la caisse primaire d’assurance-maladie de Limoges réclame de son côté 120 000 euros de dommages et intérêts pour compenser ses remboursements, précise Le Quotidien du Médecin. Cette partie de l’affaire sera jugée en janvier 2018. »

C’est en vain que défense du généraliste a plaidé la relaxe, évoquant des pressions et des menaces envers l’intéressé. Son avocate notamment évoqué « un médecin dévoué, qui contrairement à ses confrères accepte de soigner des toxicomanes, sans profit ». Mais à Limoges comme ailleurs la fin ne justifie que rarement les moyens.

A demain

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