Zika, dengue, paludisme : petite pique vaccinale avant les transhumances estivales

Bonjour

 Un mauvais titre peut cacher un texte de grande qualité. Nous parlons ici de l’éditorial du dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (recommandations sanitaires pour les voyageurs) signé Éric Caumes & Daniel Camus – respectivement Président et Vice-président du « Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d’importation » Haut Conseil de la santé publique.

Dans « Maladies vectorielles entre la fin et le début » les auteurs font, à la veille des grandes transhumances estivales, le point sur quelques épidémies toujours d’actualité. Délaissant le prophétique Charles Nicolle ils citent Mark Twain : « La catastrophe qui finit par arriver n’est jamais celle à laquelle on s’est préparé ». Illustration : Zika. L’épidémie a aujourd’hui déserté les médias généralistes. Est-ce dire que nous sommes « revenus à la normale » ?

« Dans le cas de l’infection à virus Zika, la fin de l’épidémie en Amérique latine et dans les Caraïbes met à jour une nouvelle problématique de gestion de crise, celle des recommandations dans un contexte de faible risque, comme nous l’avons déjà connu avec le chikungunya. En effet, la fin de l’épidémie de Zika dans les Amériques ne signifie pas l’absence totale de circulation du virus mais plutôt un passage à l’endémicité, avec le constat de déclarations de cas se poursuivant à un rythme faible mais persistant. »

Endémisation planétaire

Nous sommes ainsi confrontés à une sorte d’endémisation également observée dans d’autres parties du monde : le Sud-Est asiatique, les îles du Pacifique et même en Afrique, dans des territoires où le virus semble circuler à bas bruit depuis longtemps. Conduite à tenir ?

« Il faut apprendre à vivre avec la possibilité de cas sporadiques de Zika et rester extrêmement vigilant quant aux complications néonatales, dont la fréquence est certainement très élevée si l’on ne se focalise pas uniquement sur les microcéphalies, partie émergée de l’iceberg. Pour les professionnels de santé qui travaillent dans les Territoires français d’Amérique, cette situation implique le maintien d’une surveillance soutenue des grossesses. »

Et que dire aux voyageurs désireux de se rendre dans des zones de circulation du virus Zika ? On pourrait se borner à leur distribuer les recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Ce serait un peu court.

« Le HCSP a émis des recommandations précises en regard de cette nouvelle situation mais, dans la pratique quotidienne, l’information fournie aux femmes enceintes et aux couples ayant un projet d’enfant, même si elle est ‘’claire, loyale et appropriée’’ génère, chez les consultants, si ce n’est chez les consultés, un véritable dilemme. »

 Partir en voyage sous d’autres latitudes ? L’actualité infectieuse planétaire fait qu’il faudra compter avec la réémergence de la fièvre jaune. En Angola et en République démocratique du Congo (plusieurs milliers de cas et des centaines de décès) mais aussi au Brésil, au Pérou ou en Bolivie.

Renaître de ses cendres

« Il est paradoxal de constater que c’est au moment même où la garde a été baissée en matière de vaccination contre la fièvre jaune, avec le doute grandissant sur la protection conférée par une seule injection pour la vie et dans un contexte de pénurie générale de vaccin, que cette maladie historique renaît de ses cendres. »

Que peut faire le spécialiste des maladies infectieuses ? « Il nous appartient de veiller à ce que les recommandations de vaccination soient connues du public et respectées » répondent les deux auteurs. Ils ajoutent, « en guise de conclusion » :

« On peut s’interroger sur ‘’l’ambiguïté vaccinale’’, cette attitude qui consiste à remettre en cause l’intérêt de vaccins dont l’innocuité et l’efficacité sont bien établies, tout en demandant coûte que coûte des vaccins efficaces contre la dengue, le chikungunya, le Zika ou le paludisme, autant de fléaux pour lesquels nous n’avons toujours pas de vaccins ou des vaccins insuffisamment efficaces. Quand le temps de la vaccination efficace sera arrivé, sera-t-elle pareillement remise en cause ? »

Il faut, ici, rappeler la loi de Murphy : « Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal ».

A demain

 

 

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