Sevrage tabagique et conflit d’intérêts : Pfizer ne goûte guère la cigarette électronique

Bonjour

A la lisière des conflits d’intérêts ? Pfizer France lance aujourd’hui  www.jarrete-la-cigarette.fr, un « site d’aide au sevrage tabagique ». Noble entreprise pharmaceutique qui vient marcher sur les plates-bandes de Tabac Info Service.

Que nous dit le géant Pfizer que nous ne sachions déjà ? Que le sevrage tabagique est une démarche complexe, souvent vouée à l’échec. Que l’accompagnement de professionnels de santé est essentiel. Mais aussi que le fumeur a quatre fois plus de chances d’arrêter de fumer avec un traitement médicamenteux et l’aide de professionnels de santé. Ce qui n’est pas faux.

Le géant pharmaceutique nous dit encore que « l’étude Ifop/Pfizer 2017 » révèle que lors de leur dernière tentative de sevrage, seuls 11% des fumeurs français ont été suivis par un professionnel de santé. C’est trop peu. Seuls les professionnels de santé peuvent prescrire Champix®, la spécialité de Pfizer. Une varénicline controversée que Marisol Touraine avait décidé de faire rembourser quelques jours avant de quitter le ministère de la Santé. Champix® 32,84 € les quatorze comprimés. Champix®  remboursé « dans le sevrage tabagique, en seconde intention, après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques chez les adultes ayant une forte dépendance au tabac ».

Ce n’est pas tout : avec ce site d’accompagnement au sevrage tabagique, Pfizer France nous explique « contribuer à soutenir cet enjeu de société » et « proposer une solution nouvelle aux fumeurs, délivrant des conseils et astuces pour bien gérer le manque », mais aussi « offrant un programme de coaching personnalisable selon son projet ».

Vapeur exhalée similaire à la fumée

La cigarette électronique ? On la trouve sur le site du géant, illustrée d’une photo peu engageante. Aucun risque : c’est un copié-collé du discours officiel qui prend soin de souligner que la vapeur exhalée est « similaire à la fumée » (sic) et que « certains composants des e-liquides, comme le diacétyle, pourraient être toxiques ». Extrait :

« Face à ces données, la HAS (Haute Autorité de Santé) qui est un organisme scientifique d’autorité publique (sic) indépendant, ne recommande pas la cigarette électronique comme un dispositif de l’arrêt du tabac. Selon les experts, si la cigarette électronique présente un intérêt potentiel pour réduire le nombre de vraies cigarettes des fumeurs, celle-ci peut également induire une banalisation de la consommation de tabac et encourager au tabagisme.

« Cette variante peut être liée au fait qu’il n’existe pas de standard commun pour les cigarettes électroniques. Les résultats peuvent varier de manière significative en fonction des marques. Vous aurez donc besoin d’en essayer plusieurs avant de trouver celle qui vous convient.

« A ce jour, aucune agence gouvernementale n’a encore évalué et approuvé une e-cigarette comme produit d’aide à l’arrêt du tabac. D’autres solutions peuvent vous aider à arrêter, tels que les substituts nicotiniques ou traitements médicamenteux ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché dans le sevrage tabagique. »

 Conclusion : pour identifier la meilleure méthode d’arrêt du tabac, consultez un professionnel de santé. Il pourra vous aider à élaborer un Programme de coaching d’arrêt du tabac en fonction de vos besoins et vous prescrire un traitement adapté. A la lisière des conflits d’intérêts ?

A demain

 

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