Le mandarin et l’affaire des onze vaccins : faute de convaincre va-t-on oser contraindre ?

Bonjour

Obliger à vacciner les enfants et en même temps ne pas contraindre les parents qui s’y refuseraient… Comment un président jupitérien fera-t-il avec la somme des incohérences que lui ont laissée en héritage ses prédécesseurs décidément trop humains ? Tout se passe comme prévu : l’étrange entretien accordé il y a quelques jours au  Parisien – Aujourd’hui en France  par Agnès Buzyn a relancé la polémique et les incompréhensions, les diatribes et les excommunications.

La nouvelle ministre de la Santé (et des Solidarités) a tenu à informer la population qu’elle « réfléchissait » à rendre obligatoires onze vaccinations pédiatriques. C’était trop ou trop peu. Un ministre ne prend la parole que lorsqu’il a décidé (ou lorsqu’il démissionne, comme vient de le faire l’éphémère ministre des Armées). A peine Mme Buzyn avait-elle parlé qu’on l’accusait de faire des cadeaux aux géants de l’industrie pharmaceutique. Le conflit d’intérêts est le démon de notre époque. Il se niche partout, hier dans les bénitiers, aujourd’hui dans les détails.

Irréalisme ministériel

Jusqu’à présent personne (ou presque) ne montait au front médiatique dans le camp pro-vaccinal. C’était compter sans le Pr François Bricaire , ancien chef de service des maladies infectieuses et tropicales (hôpital de La Pitié-Salpêtrière) membre de l’Académie de Médecine, président de la commission des relations et opérations internationales du conseil d’administration de la Croix-Rouge française. Un médecin qui n’est pas sans rappeler ce que pouvaient être, jadis, les mandarins. Extraits d’un petit entretien accordé au Point :

« Il me semble utile d’imposer la vaccination puisque l’on n’arrive pas à convaincre les parents du bienfondé de cette pratique. Ce serait une décision courageuse. J’ajoute que je suis très réservé sur la possibilité laissée aux parents de s’opposer à la vaccination de leur enfant. En revanche, dire que cette obligation ne durera que cinq à dix ans ne me paraît pas réaliste. Dans quelques années, il y aura toujours autant d’arguments pour obliger les gens à se protéger de la rougeole ou de la méningite.

Philosophie politique

Pour le Pr Bricaire les onze vaccinations annoncées se justifient pleinement. « Et que l’on ne vienne pas m’opposer l’un des principaux arguments des anti-vaccinaux selon lequel on agresse ou on sature le système immunitaire des enfants avec ces pratiques, répond-t-il à ses adversaires. Il est soumis à bien plus rude épreuve avec tous les antigènes présents dans l’air, la terre ou encore les aliments et avec lesquels nous sommes en permanence en contact. Ce ne sont pas onze antigènes vaccinaux qui vont changer les choses. »

On lui demande s’il est favorable à une obligation du vaccin contre la grippe pour tous les professionnels de santé. « Oui, puisque les explications et les recommandations ne suffisent pas, répond-il.  J’estime qu’il est important de protéger ses malades, de protéger les gens que l’on fréquente, que l’altruisme doit exister, que nous évoluons dans une communauté que nous devons protéger. »

Question : peut-on imposer l’altruisme ? C’est une question philosophique et, en même temps, politique. Une question pour le président Macron.

A demain

 

2 réflexions sur “Le mandarin et l’affaire des onze vaccins : faute de convaincre va-t-on oser contraindre ?

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