Infections urinaires : diriez-vous oui à un vaccin protecteur contre Escherichia coli ? 

 

Bonjour

C’est une information mandée de Genève. Des chercheurs des Hôpitaux universitaires et de la Faculté de médecine de la ville mettent la dernière main à l’élaboration d’un vaccin protecteur contre les infections urinaires dues à la bactérie Escherichia coli. Tout est expliqué dans une publication de The Lancet Infectious Diseases : « Safety, immunogenicity, and preliminary clinical efficacy of a vaccine against extraintestinal pathogenic Escherichia coli in women with a history of recurrent urinary tract infection: a randomised, single-blind, placebo-controlled phase 1b trial ». Une publication datant de février dernier mais remise en lumière après la signature d’un accord avec une partenaire industriel. Ce travail avait été financé par GlycoVaxyn et Janssen Vaccines.

Les chercheurs rappellent le potentiel infectieux d’Escherichia coli de plus en plus fréquemment retrouvée en milieu communautaire et hospitalier dans le monde entier. Rappelons que, découverte en 1885 par Theodor Escherich, dans des selles de chèvres, ce coliforme fécal est généralement commensal. Certaines souches peuvent être pathogènes, à l’origine notamment d’infections digestives ou urinaires.

« L’émergence de la bactérie et de ses conséquences entraînent un nombre plus important d’échecs de traitement des infections, d’admissions à l’hôpital et même de mortalité, ainsi qu’une augmentation des coûts annuels de deux milliards de dollars aux Etats-Unis. Ces raisons confirment l’urgence de trouver un vaccin contre ce problème de santé publique. Le développement d’un vaccin spécifique Escherichia coli dans des localisations extra-intestinales, permettrait de prévenir des infections urinaires sans ingérer de solutions anti-microbiennes et offrirait un avantage clinique important. »

Résultats en demi-teinte

Il existe deux tableaux principaux : la cystite (infection de la vessie) et la pyélonéphrite (infection du rein). Pour des raisons anatomiques les femmes sont plus exposées à ce risque que les hommes. Entre 50 et 60% d’entre elles contractent une infection urinaire au moins une fois dans leur vie. Parmi les infections dites non compliquées (non associées à des troubles des voies urinaires), 75 à 85% sont dues à Escherichia coli. Et après une infection urinaire non compliquée, 25% des femmes en contractent une nouvelle dans les 6 à 12 mois suivants et 5% en contractent plusieurs dans l’année. Il existe bien, en d’autres termes, un marché pour un vaccin.

Sous la direction du Pr Stephan Harbarth et de la Dre Angela Huttner les chercheurs suisses ont mis au point un candidat vaccin contenant des antigènes de quatre sérotypes de cette bactérie. Durant le premier semestre de 2014 cette préparation a été administrée à 93 femmes – tandis que 95 recevaient un placebo. Il s’agissait de volontaires âgées de 18 à 70 ans, en bonne santé mais avec des antécédents d’infections urinaires récurrentes depuis au moins cinq ans.

Résultats en demi-teinte : 52% des vaccinées n’ont pas souffert d’infection urinaire pendant les neuf mois de mois de l’étude – contre 41% des femmes ayant reçu le placebo. D’autre part 36% des vaccinées et 48% des receveuses de placebo ont contracté au moins une infection. « Finalement, les chercheurs peuvent affirmer que le nombre de patientes sans infection au cours de la période de l’étude était d’environ 20% plus élevé chez les vaccinées que chez les autres, et que le nombre moyen d’épisodes récurrents a été réduit d’environ 40%, souligne-t-on à Genève. D’autres études sur des doses plus élevées et les différentes formulations du vaccin candidat seront poursuivies. »

Le marché existe, les travaux continuent.

A demain

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