Simone Veil (13 juillet 1927 – 30 juin 2017)

Bonjour

Simone Veil vient de mourir. Elle avait 89 ans. L’annonce en a été faite par sa famille ce vendredi 30 juin. Elle aura, en France, incarné –  et incarnera –  trois grands moments de l’histoire du XXe siècle : la Shoah, l’émancipation des femmes et l’espérance européenne. Les plus âgés gardent -et garderont- en mémoire son action en faveur de la dépénalisation de la pratique de l’interruption de grossesse. C’était il y aura bientôt un demi-siècle.

Cette magistrate de formation aura aussi durablement marqué, à deux reprises, l’histoire du ministère de la Santé. Pour notre part nous nous souvenons d’échanges privilégiés quant aux douloureuses questions éthiques soulevées par la pratique, alors naissante, du dépistage pré-implantatoire.

Ces dernières années elle s’était progressivement retirée de la vie et du monde politique où elle avait tant œuvré. On lira la remarquable nécrologie signée, dans Le Monde, par Anne Chemin. La vie d’une femme aura « défié le temps et les hommes avec la stupéfiante énergie d’une survivante ».

Une page d’histoire

Le 26 novembre 1974, alors que des militants de ‘’Laissez-les vivre’’ égrènent silencieusement leur chapelet devant le Palais-Bourbon, Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour défendre un texte devenu une page d’histoire. Extraits :

« Parce que si des médecins, si des personnels sociaux, si même un certain nombre de citoyens participent à ces actions illégales, c’est bien qu’ils s’y sentent contraints; en opposition parfois avec leurs convictions personnelles, ils se trouvent confrontés à des situations de fait qu’ils ne peuvent méconnaître. Parce qu’en face d’une femme décidée à interrompre sa grossesse, ils savent qu’en refusant leur conseil et leur soutien, ils la rejettent dans la solitude et l’angoisse d’un acte perpétré dans les pires conditions, qui risque de la laisser mutilée à jamais. Ils savent que la même femme, si elle a de l’argent, si elle sait s’informer, se rendra dans un pays voisin ou même France dans certaines cliniques et pourra, sans encourir aucun risque ni aucune pénalité, mettre fin à sa grossesse. Et ces femmes, ce ne sont pas nécessairement les plus immorales ou les plus inconscientes. Elles sont 300.000 chaque année. Ce sont celles que nous côtoyons chaque jour et dont nous ignorons la plupart du temps la détresse et les drames.»

« Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours. (…) Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir. Les jeunes générations nous surprennent parfois en ce qu’elles diffèrent de nous ; nous les avons nous-mêmes élevées de façon différente de celle dont nous l’avons été. Mais cette jeunesse est courageuse, capable d’enthousiasme et de sacrifices comme les autres. Sachons lui faire confiance pour conserver à la vie sa valeur suprême. »

Ne pas redouter l’avenir. Faire confiance à la jeunesse. Conserver  coûte que coûte à la vie sa valeur suprême.

A demain

 

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