Les « onze vaccins » seront vraiment obligatoires : il n’y aura aucun droit à l’exemption

 

Bonjour

C’est fait : le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé hier 4 juillet dans son discours de politique générale que son gouvernement rendrait obligatoire les vaccinations pédiatriques jusqu’ici recommandées. Soit onze valences vaccinales qui devront être injectées. Si le véhicule législatif n’est pas encore arrêté (proposition ou projet de loi, ordonnance…) la mesure sera en vigueur dès 2018.

Les opposants ont beau donner de la voix (à commencer par Michèle Rivasi forte du soutien de Philippe Even et Jacques Testart) l’exécutif a tranché. Ce sera la contrainte de préférence à l’explication-persuasion. On prévoit d’ores et déjà la virulence des réactions anti-vaccinales.

Cette mesure s’inscrit dans la logique des conclusions (controversées) de la concertation citoyenne sur la vaccination engagée par Marisol Touraine, alors ministre de la Santé 1. Au terme de leur travail les responsables de cette concertation concluaient à la nécessité sanitaire d’imposer onze vaccinations dans la petite enfance

Vaccinés avant l’entrée en collectivité

Selon ce scénario, tout enfant entrant en collectivité (crèches, gardes collectives, écoles, …) devra avoir été vacciné selon le calendrier vaccinal alors en vigueur, le contrôle étant assuré lors de l’inscription. « L’exigence de la vaccination préalable à la vie en collectivité a l’avantage d’être un principe simple, aisément compréhensible et conforme à une politique de prévention d’un risque collectif » faisaient valoir ces responsables. Ces derniers recommandaient toutefois la possibilité, pour les parents, « d’invoquer une clause d’exemption ». En ces termes :

« Les parents ne souhaitant pas faire vacciner leur enfant pourront invoquer une clause d’exemption pour un ou plusieurs de ces vaccins (à ne pas confondre avec la clause de contre-indication médicale exceptionnelle), motivée par leurs convictions. Après entretien avec le professionnel de santé exposant les conséquences d’une telle décision, les parents s’engageront par écrit selon une procédure formalisée à assumer les responsabilités civiles de leur refus incluant un risque de non-admission de l’enfant en collectivité. Le refus sera porté sur le carnet de vaccination.

« A tout moment, les parents pourront revenir sur cette décision. Cette option devra faire l’objet d’une évaluation régulière qui pourrait conduire à la remise en cause de la clause d’exemption, en cas de couverture vaccinale insuffisante ou de résurgence d’infection évitable. Cette option a vraisemblablement pour avantage une meilleure acceptabilité par une partie de la population. »

Or il semble acquis, aujourd’hui, que cette clause d’exemption ne sera finalement pas retenue par l’exécutif. « Il apparaît en effet qu’elle aurait compliqué à l’extrême le travail des médecins pédiatres et généralistes, nous indique-t-on de bonne source. De fait elle constituerait une faille dans le dispositif comme dans le message sanitaire que nous voulons porter. »

A l’évidence des réactions sont à attendre.

A demain

1 Sur ce thème, on peut utilement se reporter à « Défiance à l’égard de la vaccination : retour sur l’expérience participative de 2016 » de Avner Bar-Hen et Patrick Zylberman, Slate.fr 4 juillet 2017.

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