Variole : faut-il l’ajouter aux onze vaccins que le gouvernement entend rendre obligatoires ?

Bonjour

La génétique et la santé publique ont parfois des allures de serpent de mer. A commencer par celui du virus de la variole. Officiellement disparu (ou presque) de la surface de la Terre depuis 1980 il réapparaît à échéance régulière : des équipes scientifiques annoncent dans des conclaves avoir l’intention de le « reconstruire » ; ou y être (presque) parvenu. Emotions dans la communauté et interrogations éthiques sur ce que les biologistes sont en droit de réaliser dans leurs cornues généticiennes.

L’affaire rebondit aujourd’hui avec une savante indiscrétion de la revue Science (Kai Kupferschmidt) :  « How Canadian researchers reconstituted an extinct poxvirus for $100,000 using mail-order DNA ». Où l’on apprend qu’un groupe dirigé par le virologiste David Evans (Université de l’Alberta, Edmonton, Canada) est parvenu à synthétiser un virus cousin germain de celui de la variole – et ce à partir d’éléments génétiques commandés à distance et livrés par la poste – pour un coût global de 100 000 dollars.  

« Aucun doute : si c’est possible pour le horsepox, c’est possible pour la variole », explique à Science Gerd Sutter (Université Ludwig-Maximilians, Munich). Avec toutes les conséquences que l’on imagine : l’ensemble de la population mondiale à vacciner pour la protéger contre cette menace sanitaire hautement contagieuse éradiquée depuis près d’un demi-siècle.

Orwell et le terrorisme biologique

La simplicité du processus mis en œuvre par les chercheurs canadiens et, plus généralement, la banalisation des techniques hier sophistiquées de génie génétique font que le spectre d’une utilisation terroriste à visée criminelle ne peut nullement être exclue. A l’inverse les optimistes parient ici sur une maîtrise grandissante de techniques qui ouvriront la voie à de nouveaux vaccins.

Interrogé par The Washington Post, Tom Frieden, ancien patron des Centers for Disease Control and Prevention américain estime que cette recherche pourrait mettre un terme au vieux débat sur le devenir des derniers échantillons du virus variolique, pieusement conservés dans des centres de recherche à Atlanta et Novossibirsk. « Nous vivons dans un meilleur des mondes où il existe une capacité à recréer des organismes qui ont existé dans le passé ou à créer des organismes qui n’ont jamais existé » explique-t-il. Brave new world… George Orwell et Aldous Huxley n’ont jamais été à ce point d’actualité.

A demain

 

7 réflexions sur “Variole : faut-il l’ajouter aux onze vaccins que le gouvernement entend rendre obligatoires ?

  1. Cette méthode de synthèse du virus de la variole est au coeur d’un excellent polar écrit il y a quelques années: « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes. Son usage y fait froid dans le dos… J’espère que Mr Evans l’a lu !

  2. Vous n’avez pas mentionné le fait que les recherches sur le virus, peuvent également conduire à la compréhension du virus, ou à l’élaboration d’un médicament contre le cancer. De plus, dans l’article de Science, ils disent que « Though a smallpox outbreak would almost certainly create panic and pose an unprecedented test for public health systems, scientists familiar with the disease say an outbreak could probably be contained quite easily because smallpox is not highly infectious and spreads slowly—qualities that made it possible to eradicate it in the first place.  » Il n’y a donc pas vraiment de raison d’avoir peur. Cependant le plus grand danger est bien la création d’un virus par l’homme de A à Z comme l’explique le Nicholas Evans « . “Soon with synthetic biology … we’re going to talk about viruses that never existed in nature in the first place,“ he says. « Someone could create something as lethal as smallpox and as infectious as smallpox without ever creating smallpox.“ Mais on est encore loin de cela !

      • A ma connaissance, c’est déjà fait. Une équipe américaine (E. Wimmer, Sunny brook) a publié en 2002 comment réussir la synthèse du polio virus. Il paraîtrait que ce serait à la portée de beaucoup de laboratoire de virologie. Pas de point de vue n’étant pas virologue.

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