Ivresses codéinées : dorénavant, en France, le célèbre «Purple drank» sera sur ordonnance

Bonjour

C’est fait : Agnès Buzyn, ministre de la Santé, a signé un arrêté, mercredi 12 juillet, inscrivant la codéine et d’autres dérivés (mineurs) de l’opium sur la liste des médicaments délivrés uniquement sur ordonnance médicale. Ainsi donc Chrystelle Cebo a été entendue en haut lieu.

Chrystelle Cebo ? « On nous a dit que le cerveau de Pauline avait été irrémédiablement détruit » témoignait il y a peu auprès du Parisien après la mère d’une fille de 16 ans, « pour que les parents soient au courant de ces addictions ». Cette femme ne savait pas que sa fille prenait des médicaments codéinés et, après son décès, avait lancé sur internet une pétition demandant l’interdiction de la vente de codéine sans ordonnance.

Relayée par différents médias (dont Slate.fr) cette problématique sanitaire a in fine été entendue par la nouvelle ministre de la Santé qui a décidé d’en finir avec une forme d’aberration : la vente libre de codéine.

Efficace contre la douleur et (parfois) contre la toux, ce morphinique a été isolé pour la première fois en 1832 par le chimiste français Pierre Jean Robiquet. Morphinique mineur (60 mg de codéine équivalent à 10 mg de morphine), cette substance est utilisée seule ou en association avec du paracétamol ou de l’ibuprofène afin de potentialiser son effet antalgique. C’est aussi un très grand succès de pharmacie: «En 2015, plus de 36 millions de boîtes de médicaments à base de codéine ont été vendues sur ordonnance. Et sans prescription obligatoire, nous en recensons plus de 22 millions», précisait il y a quelques jours au Quotidien du Médecin Nathalie Richard, directrice adjointe de la Direction en charge des médicaments des addictions à l’ANSM. (…)

Lire la suite sur Slate.fr : « Comment la codéine est devenue une drogue en France »

A demain

 

2 réflexions sur “Ivresses codéinées : dorénavant, en France, le célèbre «Purple drank» sera sur ordonnance

  1. NB: Je n’ai pas les compétences médicales pour savoir si le raisonnement que je vais tenir a ou pas un sens réel, dans la pratique médicale.

    La codéine a un mésusage récréatif, à des doses démentielles, certes.
    La codéine a aussi un usage plus ou moins légit pour des douleurs que le paracatamol seul ne fait pas passer, quand on veut en rester en automédication le temps d’avoir un RDV ou que cela passe(en tout cas si pas forcement nécéssaire, est un usage courament dans des proportions convenables chez M. Toutlemonde avec un jour ou deux 2, 3 comprimés dans la journée).
    Q1: a t on estimé le nombre de personnes concernées par cet usage à peu près légitime?

    Q2: quelle sera l’alternative percue par ces même personnes, des AINS / de l’ibuprofène?

    Q3: si Q1 et Q2 amènent à penser que le passage sous ordo du paracatamol+codeine en faibles doses vont diriger un grand volume de personnes vers une conso d’ibuprofene, peut on estimer (sur un grand volume, j’insiste) que cela pourrait également générer des adverses events liés à cette hausse de conso d’un antidouleur perçu comme alternative au paracétamol par M. toulemonde (perso j’en reste au conseil de mon médecin, si je sais pas vraiment pourquoi j’ai mal, je m’abstient de prendre de l’Ibuprofene sans avis médical, je ne sais pas si c’est completement ce qu’il faut faire mais ca me semble une attitude raisonnable) ? . Ces potentiels adverses events nouveaux, a t on une idée de si ils généreont (sur un grand volume) plus ou moins de soucis que ce que les problèmes de mésusage de la codéine a (sachant que l’alternative de limiter la délivranceaux majeurs est possible, mais nécéssite un passage par le legislateur)?

    Si vos avis éclairés savent répondre à cette interrogation, je suis tout ouï.

    • Bonjour,
      Il est bien de se réjouir d’une législation permettant d’éviter une dizaine de morts par an.
      MAIS
      Parce qu’il y a un MAIS : combien vont augmenter leurs consommations de paracétamol ? Jusqu’à des doses hépatotoxiques ?
      Combien, addicts à cette molécule, vont se retrouver dans des situations de manques ingérables ? En effet, la mesure n’a pas été annoncée en amont, et la mise en place c’est faite une veille de jour férié et de week end. En pleines vacances ! Que feront ces personnes, pour certaines absolument pas conscientes de leur addiction ? Venir encombrer les urgences ? Compenser par de l’alcool ?
      Quid de ces personnes non prises en charge qui seront en dépression profonde par un sevrage brutal de la substance opiacée. Il faut comprendre que beaucoup de généralistes sous estiment ces addictions.
      Enfin, la codéine en libre service permettait l’accès à un TSO pour les toxicomanes, en cas de nécessité. L’accès aux médecins n’est pas toujours aisé (tout le monde n’habite pas en ville), et la codéine constituait une alternative relativement peu chère.
      Et enfin, le fait que les généralistes ne prescrivent quasi exclusivement des médicaments associant codéine et paracétamol. Hors encore une fois, on sous estime le danger du paracétamol. combien de surdose au paracétamol par an ? A mon avis bien plus qu’une dizaine..
      Beaucoup de questions qui me font dire que cette mesure a été prise bien trop précipitamment et que le marché noir de la codéine a de beau jours devant lui.
      Cordialement

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