Alcool et publicité : les canettes de Carlsberg doivent désormais être sobrement habillées

Bonjour

Certaines images incitent-elles à boire ? A fumer ? Quelle est la part de la publicité dans l’incitation à consommer ? Dans l’enkystement addictif ?  Faute de chiffres on en reste souvent à des postulats politiques et associatifs nimbés sans lien vraiment démontrés de causalité. Postuler que le paquet neutre s’opposerait aux puissants réflexes qui font que, quoi qu’il en coûte, on achète du tabac ?

 La chose est sans doute nettement plus perverse avec les affiches incitant à découvrir, par mille et un clins d’œil, les fraîcheurs désinhibantes de la vodka, et autres alcools industriels, distillés ou brassés – sans oublier les célèbres apéritifs anisés de l’été. Heureusement les veilleurs veillent. Ainsi l’ANPAA qui nous informe de l’activité de la Cour de cassation en matière de boissons alcooliques.

La dernière affaire commence lorsque Carlsberg décide de commercialiser « des canettes de bière qui reproduisaient des joueurs de football célèbres ». « Elles faisaient référence au parrainage du championnat anglais par la marque, et renvoyaient à un jeu qui lui-même associait explicitement le football, le championnat anglais et la marque de bière, explique l’Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie. Toutes ces références et renvois ont été censurés dès la première instance, ce qui avait provoqué le retrait des rayons desdites canettes. »

Propagande

Mais la multinationale Carlsberg, sûre de son fait (ou voulant voir jusqu’où elle pouvait aller en France) avait fait appel – puis s’était pourvue en cassation. Au final, dans un arrêt rendu le 5 juillet 2017, la Cour de cassation a confirmé, concernant les boissons alcooliques, que le « packaging » devait respecter les principes posés par la loi Evin en matière de publicité. Pourquoi ? On ne le saura pas véritablement.

« La Cour a été très succincte dans son développement » semble regretter l’ANPAA. Elle a suivi le rapporteur qui préconisait un arrêt non spécialement motivé et indiquait à la Cour : « les mentions figurant sur les canettes et les packs litigieux constituent une opération de parrainage ayant pour objet ou pour effet la propagande ou la publicité directe ou indirecte en faveur des boissons alcooliques, laquelle est interdite par le dernier alinéa de l’article L.3323-4 du Code de la Santé Publique. »

Retrait des produits

 Pour l’association, ces éléments vont dans le sens d’un meilleur encadrement de la promotion des boissons alcooliques au moyen d’opérations de parrainage. L’ANPAA tente d’ailleurs de faire sanctionner la visibilité massive en France de Carlsberg lors de l’Euro 2016 (jugement à venir) ou celle de sa filiale Kronenbourg dans le Festival Rock en Seine. L’association souligne d’autre part que l’arrêt du 5 juillet de la Cour de cassation entre en résonance avec deux décisions judiciaire récentes obtenues en référé avec retrait des produits de la distribution : TGI de Paris – Ordonnance de référé du 18 mai 2017 ANPAA contre Brasserie Bavaria (référence à un jeu concours sur le packaging) ; TGI de Paris – Ordonnance de référé du 20 avril 2017 (Bière 3ème mi-temps du Racing club de Toulon).

Pour l’heure, propagande interdite ou pas, restent les affiches publicitaires incitant le plus grand nombre à découvrir, via mille et un clins d’œil subliminaux ou pas, le large éventail des boissons alcooliques industrielles.

A demain

 

 

 

 

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