Post-vérité sur le tiers payant généralisé : la ministre de la Santé, une coupable désignée

Bonjour

Comme une petite impression (fort désagréable) de grand flottement dans l’exercice du pouvoir exécutif. Plus que le manque d’expérience on pressent comme une forme d’ivresse politique associée à la fonte brutale des idéologies. A la veille du premier 14 juillet de l’hyper-président le porte-parole du gouvernement (Christophe Castaner) a jugé indispensable de revenir sur le désormais célèbre tiers payant généralisé (TPG). C’était dans  « Bourdin direct » (BFMTV-RMC). Et le bulldozer Castaner (visiblement fatigué) d’affirmer que le dispositif serait bien mis en place le 1er décembre 2017 – comme prévu par la loi socialiste de rénovation de notre système de santé.

Peu banale affirmation quand on se souvient des déclarations de la nouvelle ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui avait, il y a quelques jours, indiqué qu’elle voulait « éviter l’obligation de tiers payant » avant de diligenter une enquête IGAS sur sa faisabilité. Puis, soudain, de rétropédaler sur le métier affirmant que le TPG était un bel et bien un impératif politique. Etranges flottements.

Ne plus chercher l’erreur

Que dit-on de tout cela en très haut lieu ? Rien de très chaleureux. « Vous me posez la question parce qu’il y a eu une hésitation, mais oui le tiers payant entrera en vigueur au 1er décembre », a déclaré le sombre Christophe Castaner qui porte à merveille une parole pouvant être assassine. Il précise ici qu’il y avait eu « une hésitation, et la ministre a, elle-même, corrigée son hésitation». Ne plus chercher l’origine de l’erreur, la responsable, la coupable. S’interroger sur la solidarité gouvernementale ?

« C’est notre objectif de le garantir, après c’est un peu compliqué avec les professionnels de santé qui s’en inquiètent, et on peut le comprendre, donc il faut leur garantir que ça se fera sans qu’ils perdent de l’argent et du temps » a ajouté M. Castaner. Aussitôt les anticorps  allumés par Marisol Touraine se sont réveillés. L’Union française pour une médecine libre a déclaré qu’elle préparait « une grève illimitée des médecins libéraux à partir du 1er décembre 2017 ». D’autres syndicalistes parlent déjà d’une « déclaration de guerre » faite aux médecins libéraux.

S’indigner ? Il faut ici rappeler que la loi votée sous le précédent quinquennat dispose que le TPG deviendra un droit pour tous les patients (uniquement sur la part obligatoire) à compter du 30 novembre 2017 – et que la même loi, dans sa sagesse, ne prévoit pas de sanction contre les médecins qui ne l’appliqueraient pas. Où l’on voit à quel point, faute d’idéologie, on est en quête de symbolique.

A demain

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