L’exécutif a tranché : voici la nouvelle géographie française des médicaments codéinés

 

Bonjour

Quatre-vingt-quatre (84) spécialités médicales hier encore en vente libre ne sont plus désormais disponibles que sur ordonnance. Ainsi l’a voulu et décidé Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé via un arrêté en date du 12 juillet. Un bouleversement conséquence des appétences adolescentes pour des associations plus ou moins planantes à base de codéine. L’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) publie aujourd’hui la liste des médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l’éthylmorphine ou de la noscapine désormais disponibles uniquement sur ordonnance.

Etrange inventaire allant de l’ATUXANE, sirop et du BIOCADEXTRO 1 mg/ml enfants sans sucre, sirop édulcoré à la saccharine sodique et au maltitol au  VICKS TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE 7,33 mg adultes miel, pastille et au VEGETOSERUM adultes, sirop.

Souffrants désemparés

En jargon cela se dit ainsi : « Par arrêté en date du 12 juillet, les conditions d’exonération à la réglementation des substances vénéneuses relatives aux médicaments contenant de la codéine, de l’éthylmorphine, du dextrométhorphane ou de la noscapine, sont supprimées. » Et La vente de ces médicaments sur les sites internet des pharmacies n’est plus possible.

Quels impacts pratiques et économiques auront cette mesure sur l’exercice médical quotidienne ? Sur les flux de médicaments en officine ? Vers quelles spécialités les pharmaciens guideront-ils les souffrants soudain désemparés ? Quelle sera la nouvelle géographie française des substances codéinées ? Quel avenir pour le célèbre NEO-CODION, comprimé enrobé, pour  NEO-CODION adultes, sirop et pour NEO-CODION enfants, sirop aux arômes de fraises et de framboises ?

L’affaire est de taille. En 2015, plus de 36 millions de boîtes de médicaments à base de codéine ont été vendues sur ordonnance. Et plus de 22 millions sans prescription. Des morts avaient dernièrement été recensées 1. La ministre des Solidarités et de la Santé a effectué un premier geste préventif volontariste. Il lui reste à agir sur les véritables raisons du mal-être qui peut conduire des adolescents à planer puis à s’endormir avec des sodas additionnés de codéine. Est-ce là du ressort d’un ministre ? Sont-ce des mesures qui se prennent par voie d’arrêté ?

A demain

1 « Comment la codéine est devenue une drogue en France » Slate.fr 12 juillet 2017

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