Alcool – arrogance et baclofène : êtes-vous plutôt un ancien, ou plutôt un moderne ?

Bonjour

Qui nous donnera la meilleure définition de la confraternité ? Comment prendre la mesure du temps qui passe au sein du corps médical ? Une aide substantielle pourra être apportée avec la lecture de l’échange auquel vient de donner lieu le baclofène ; le dernier rebondissement de la jeune histoire de ce (vieux) médicament dans la prise en charge de la dépendance alcoolique.

Il y a quelques jours, dans les colonnes du Quotidien du Médecin le Pr Jean-François Bergman écrivait sa vérité, peu amène, à l’endroit du baclofène et de ses thuriféraires. Retour de volée, aujourd’hui, signée de deux de ses confrères fins connaisseurs de la rhétorique baclofènienne : Renaud de Beaurepaire, psychiatre, chef de service à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif et Bernard Granger, professeur de psychiatrie à l’université Paris Descartes. Deux psychiatres face à un interniste.

Visions et raisons

L’envoi psychiatrique ne manque ni de sel ni d’acide formique :

« Avec une arrogance médicale d’un autre âge, le Pr Jean-François Bergman s’attaque une fois de plus au baclofène. S’attribuant des dons de visionnaire, il soutient que les faits lui donnent raison. Quels faits ? Ceux qu’il sélectionne parce qu’ils nourrissent sa hargne, ou l’ensemble des données disponibles, qui ne vont vraiment pas dans son sens ?

Son analyse des résultats des études Alpadir et Bacloville est sommaire, caricaturale et surtout partiale. Le Pr Bergmann oublie évidemment de citer d’autres études comme l’étude allemande Baclad, positive, et plusieurs essais positifs à faibles doses. »

Vieux clous

Et les deux psychiatres d’enfoncer les vieux clous mandarinaux :

« Comme ces vieux patrons à l’ancienne, il méprise la parole des patients et leurs témoignages. Il ignore aussi les nombreuses études de cohortes montrant elles aussi les effets favorables du baclofène. Le rapprochement avec l’homéopathie est assez ridicule.

« L’efficacité du baclofène dans l’addiction à l’alcool n’est plus vraiment un objet de questionnement car les éléments de preuve sont apportés. Nous en sommes aujourd’hui à définir la meilleure façon de l’utiliser pour maximiser le rapport avantages/inconvénients et ne pas faire courir de risques aux patients atteints d’une maladie qui, rappelons-le, provoque un décès prématuré toutes les onze minutes en France, près de 50 000 par an, et contre laquelle les autres traitements médicamenteux sont sans grande efficacité. »

A la fin de l’envoi

On lira ici la suite de l’envoi  et de l’estocade portée à ce confrère qui, selon les deux psychiatres, ne disposerait d’« aucune expérience de l’addictologie ». « Le vocabulaire qu’il emploie suffit à discréditer ses propos » concluent-ils. L’« arrogance médicale d’un autre âge » est une formule qui marque. Comme marquent tous les combats des vieux anciens et des jeunes modernes.

A commencer par Hernani et la bataille du même nom. « Je m’en vais, Monsieur, et vous venez » aurait alors dit le vieux Chateaubriand au frétillant Hugo. C’était il y aura bientôt deux siècles. Nous n’en sommes pas, heureusement, sortis. Ensuite ? L’ivresse (absolue, définitive, suicidaire) du pouvoir exécutif (1984, Orwell).

A demain

 

 

 

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