Violences et ressentis obstétricaux : voici le demi mea culpa de Mme Schiappa, secrétaire d’Etat

Bonjour

Doublement ciblée par le Conseil national de l’Ordre des médecins et par les gynécologues-obstétriciens après ses déclarations provocatrices Marlène Schiappa vient de réagir. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes avait publiquement fait état, au Sénat, d’un « taux d’épisiotomie à 75% » et de « pratiques obstétricales non consenties, particulièrement sur les femmes étrangères, très jeunes, et handicapées ». Une réaction prudente, quelque chose entre le drapeau blanc et une amorce de mea culpa :

 « Les disparités de ressentis sont réelles entre les femmes et les obstétriciens, qui consacrent leur vie à la santé des femmes. Il n’appartient pas au gouvernement de dire quelle est la réalité des chiffres, mais d’apporter une réponse aux femmes qui font part de leurs souffrances. La considération qui est évidemment due aux professionnels de santé, en première ligne, ne doit pas entraver la nécessité de lever des sujets tabous comme les violences obstétricales. ».

Accusée de mentir sur les chiffres la secrétaire d’Etat cite un extrait d’un document datant de 2013 émanant du CIANE (Collectif inter associatif autour de la naissance) :

« Il est tout à fait regrettable que les taux d’épisiotomie ne soient pas publiés par maternité. Le CIANE en appelle aux autorités publiques afin qu’elles fassent respecter cette exigence minimale de transparence. Les chiffres publiés par les maternités sont tous en-dessous, voire très en-dessous de la moyenne nationale, et les établissements qui les publient sont ceux qui ont de faibles taux ».

Elle ajoute que dans son enquête sur les accouchements de novembre 2013 le CIANE faisait état, pour la période 2010-2013, de 47% d’épisiotomie pour un premier enfant (dont 85% sans consentement demandé) et de 70% d’épisiotomies pour les primipares avec extraction instrumentale.

Déformation culturelle

« Depuis 2005, ce taux est en baisse, grâce notamment aux recommandations du CNGOF », reconnaît Mme Schiappa. Cette dernière cite ensuite une étude de l’association « Maman Travaille » (sans préciser qu’elle en est la fondatrice) – une  étude « menée sur 983 mères en 2013 » qui « relevait néanmoins que 75% d’entre elles disaient avoir subi une épisiotomie ». Il faut comprendre que c’est bien cette étude (et ce chiffre) qui a été citée par la secrétaire d’Etat au cours de son audition devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, le jeudi 20 juillet. Et Mme Schiappa de souligner qu’elle avait alors pris soin de préciser que ces chiffres « devaient être vérifiés ».

La secrétaire d’Etat ajoute que « le tabou de l’épisiotomie n’est levé que depuis quelques années », que l’OMS estime qu’ «un taux supérieur à 20% relève d’une déformation culturelle» et que « de très nombreux témoignages de femmes handicapées victimes de violences obstétricales » ont été rapportés par l’association « Femmes pour le dire, Femmes pour agir » qu’elle a reçue le 17 juillet, trois jours avant son intervention au Sénat.

Pour toutes ces raisons que la secrétaire d’État a cru juste et bon de saisir le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes . Et de lui demander « de produire un rapport permettant un état des lieux pour objectiver le phénomène, le quantifier et identifier les problématiques ». Les gynécologues obstétriciens ? « Il y seront bien évidemment largement associés ».

A demain

 

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