Jupiter, mystère des fibrillations auriculaires et réforme du Code du travail

Bonjour

C’est une étude rêvée pour la CGT. Mandée de Finlande, elle est parfaitement résumée par Medscape France (Vincent Bargoin). Et le hasard veut qu’elle coïncide, en France, avec les travaux libéraux sur la clef de voûte du dispositif Macron-Philippe II : la réforme du code du travail.

Pour faire court : celles et ceux dont le temps de travail atteint (ou dépasse) 55 heures par semaine, présentent un risque accru de fibrillation auriculaire (trouble du rythme cardiaque affectant les oreillettes) ; risque survenant de novo par rapport aux personnes travaillant entre 35 et 40 heures. Aucune explication scientifiquement démontrée pour ce phénomène observé chez des travailleurs jeunes (43 ans) et, neuf fois sur dix, indemnes de tout antécédent cardiovasculaire. Et un résultat qui, selon les auteurs, est « cohérent avec de petites études associant les stress professionnels à la fibrillation auriculaire » – des études encore inconnues de l’assurance maladie.

Tenter de ne pas dépasser 48 heures

Ce résultat vient d’être publié dans l’European Heart Journal par un consortium de recherche européen : l’ « Individual-Participant-Data Meta-analysis in Working Populations Consortium » (IPD-Work) – consortium qui approfondit les associations entre paramètres psycho-sociaux de la vie professionnelle, maladies chroniques, handicaps et mortalité. Les chercheurs finlandais ont travaillé sur une cohorte de 85.494 hommes et femmes (65%), âgés de 43,4 ans lors du recrutement, engagés dans une activité professionnelle en Grande Bretagne, Danemark, Suède et Finlande. Les épisodes de fibrillation auriculaire ont été dénombrées à partir des dossiers hospitaliers, des tracés d’ECG, des remboursements de médicaments, et des registres de décès.

« Après ajustements sur l’âge, le sexe, et le statut socio-économique, le risque de FA incidente était augmenté d’un facteur 1,42 chez les sujets travaillant au moins 55 heures par semaine (soit 5,2% de l’effectif), par rapport aux personnes travaillant entre 35 et 40 heures (62,5% de l’effectif), résume Medscape. Pourquoi ? Cette étude tombe curieusement en pleine discussion sur la Loi Travail en France, et l’on sait que la question des heures supplémentaires est un gros morceau de cette discussion. Les résultats de l’IPD-Work serviront-ils d’arguments ? Et dans les discussions entre personnels hospitaliers et directions des hôpitaux ? »

Ce sont là d’excellentes questions que l’exécutif aimerait peut-être ne pas voir soulevées. Peut-être faut-il rappeler aux ultra-libéraux les termes de la  Directive Européenne 2003/88/EC  : elle dispose que la durée de travail hebdomadaire ne doit pas dépasser 48 heures. En moyenne.

A demain

 

 

Une réflexion sur “Jupiter, mystère des fibrillations auriculaires et réforme du Code du travail

  1. Bon sang de bois !

    Oui mais c’est encore une étude « de cohorte » , alias « d’observation » dont il faut répéter puisque décidement ça ne rentre pas , qu’elle ne saurait démontrer un lien de causalité entre les 2 caractères associés.
    On peut toujours « stratifier » ou ajuster on ne le fait que sur des éléments choisis, et la triste réalité c’est que bien souvent on n’ajuste pas sur des élements dont on n’imagine pas qu’ils soient importants ou dont on ignore même l’existence (« unknown unknowns » cher à ce criminel de Rumsfeld).

    CEs études sont au mieux « productrices d’hypothèses » qu’il convient de vérifier lors d’etudes avec tirage au sort, et mise en aveugle, ce qui ici ne pourrait être que le « simple aveugle » celui des médecins ou techniciens qui jugent des résultats .

    C’est avec des études de ce genre qu’on dit que le café ceci, l’ananas cela, le saucisson ceci . Et l’inverse la fois suivante. Avec la même conviction.

    L’inondation de la littérature « scientifique » (tu parles) par les études d’observation jamais mises en perspective est vraiment déprimante. Un jour le peuple se rendra compte qu’on lui conte des sornettes !

    Autre élément qui met le méfiançomètre au rouge, c’est l’absence de différence exprimée en « risque absolu ». Dans ce cas c’est que l’on essaie de maquiller une petite différence en grande pour impressionner le badaud en nous donnant un élement de risque relatif, pour astiquer les chromes.

    D’ailleurs j’ai été regarder un peu les chiffres. Tu parles d’une arnaque !

    « We identified 1061 new cases of atrial fibrillation (10-year cumulative incidence 12.4 per 1000) »
    Donc le risque « des gens » comme ceux de l’étude de faire une fibrillation auriculaire s’ils travaillent beaucoup en temps est de l’ordre de 5 pour mille en dix ans de plus que si ils travaillaient moins (à la louche) .

    Autrement dit peanuts, et une petite différence comme ça dans une étude d’observation ne veut rien dire. Pas tripette!

    De plus il faudrait savoir à quelle moulinette les auteurs ont passé la « cohorte ».

    Qui nous dit qu’ils n’ont pas regardé le risque , selon la durée de travail, de la fibrillation auriculaire, du cancer de l’orteil, de l’infarctus de l’oreille ? Et retenu seulement sans nous le dire la fibrillation parce que la différence apparait significative ? Et donc fait une publication vendable à une journal ?
    Ce qui serait le degré zéro de la rigueur scientifique. Mais que l’on voit toutes les semaines.

    Et pour rentabiliser la cohorte (publier ou périr) ils pourraient publier la cohorte à propos de l’influence du temps de travail sur les tendinopathies fessières droites.

    De plus s’ils n’ont pas regardé d’autres critères de jugement ils ont peut être eu tort (en tout cas il faut le préciser avant de comparer) .

    Si le travail prolongé protège de la maladie d’alzheimer ou d’une mort précoce , que nous chaud la fibrillation auriculaire ?

    En fait le vrai critère en bronze c’est la survie: on ne peut plus global et moins falsifiable. QUoique la qualité de vie joue aussi mais là c’est trafficable.

    Ces études sont des arnaques honteuses, même si c’est à l’insu des auteurs bien intentionnés . Mais on en raffole.
    We are doomed. On est foutus.

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