Interdiction est faite aux dauphins français de se reproduire en captivité (Conseil d’Etat)

Bonjour

Pour qui connaît, à Paris, la splendide sécheresse de la Place Colette l’affaire ne manque pas de sel. Ni de chlore. Les hauts magistrats en hermine du Conseil d’Etat ont tranché dans le vif animal, comme le rapporte la plus que spécialiste Audrey Garric dans Le Monde :

« Mardi 1er août, le Conseil d’Etat, saisi par trois parcs marins, a suspendu une mesure de l’arrêté interministériel sur les delphinariums, celle qui interdit l’usage du chlore pour traiter l’eau. Il a estimé que la date d’entrée en vigueur de cette obligation, dans un délai de six mois, était trop courte pour réaliser les travaux nécessaires.

« La juridiction administrative suprême n’a en revanche pas ajourné l’interdiction de reproduction des dauphins et des orques en captivité, ce que demandaient en premier lieu les trois établissements hexagonaux : le Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes), le plus grand d’Europe avec un million de visiteurs par an, le parc Astérix (Oise) et Planète sauvage (Loire-Atlantique). »

Tout est là, chers lecteurs, miracle d’écriture et du droit à la française : « Établissements présentant au public des spécimens de cétacés ». En toile de fond, concept toujours rêvé- jamais explicité : le « bien-être animal ». Où l’on retrouve Ségolène Royal : un arrêté du 3 mai 2017 de la ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer interdisait « la détention des dauphins et des orques » (à l’exception des spécimens régulièrement détenus à la date de son entrée en vigueur) ; ce qui impliquait « l’interdiction de leur reproduction en captivité ».

Contraception animale, hormonale et orale

On imagine le drame programmé pour les trois « delphinariums », ces centres aquatiques hébergeant en France des dauphins ou des orques : ils ont aussitôt demandé au juge des référés du Conseil d’État de suspendre l’exécution dudit arrêté. L’ordonnance du Conseil d’Etat calmera-t-elle les angoisses ? La voici, traduite et résumée:

« Le Conseil d’Etat estime que la mise sous contraception hormonale par voie orale des animaux (…) n’est pas de nature à créer une situation d’urgence, les éléments produits par les parties ne faisant pas état de ce que l’administration d’une telle contraception aurait des conséquences négatives sur la santé ou le bien-être des cétacés. »

Le Monde ajoute que les « associations » se félicitent de cette « victoire pour les dauphins ». « Cette étape est fondamentale dans la prise en compte, par le droit, des besoins physiologiques et psychologiques des animaux, estiment dans un communiqué commun les ONG « C’est assez ! », la « Fondation droit animal, éthique et sciences » et « l’Association pour la protection des animaux sauvages ». Nous espérons profondément que Nicolas Hulot aura à cœur de veiller au maintien et à la bonne application de cet arrêté. »

Delphineau

Lors de l’audience devant la haute juridiction du Palais Royal les établissements marins tricolores avaient défendu leur survie face au ministère de la transition écologique et aux associations. « Interdire la reproduction constitue un traitement cruel des animaux, a avancé Emmanuel Piwnica. Les dauphins sont des êtres sociables. On ne peut pas séparer les mâles des femelles si on veut bien les traiter.  » Quant à la contraception, a-t-il estimé, elle est  » possible mais ne peut pas être une solution définitive’’. »

Les associations animalières ont quant à elles réfuté l’argument du bien-être animal mis en avant par les delphinariums. « Ne pas donner naissance n’entraîne pas de souffrance, assure Arielle Moreau, l’avocate de « One Voice ». Les animaux ne peuvent exprimer aucun de leurs comportements naturels en captivité. La reproduction n’a qu’un but lucratif pour les parcs ». «  La contraception, de même que l’isolement, est déjà pratiquée chez les cétacés, en particulier les orques », ajoute Christine Grandjean, présidente de « C’est assez ! »

Mme Grandjean rappelle, nous dit Le Monde,  que « depuis deux ans, dix cétacés sont morts dans des parcs marins français », dont un delphineau au parc Astérix (sic). C’était  fin juillet. Qui en a parlé ?

A demain

 

 

 

 

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