Onze vaccins obligatoires : on ne sait toujours rien sur ce qui attend les opposants

Bonjour

Il faut, parfois, lire La Croix. Aujourd’hui le quotidien catholique traite du grand dossier médical, politique et juridique de la rentrée, celui des nouvelles obligations vaccinales pédiatriques : diphtérie, tétanos et poliomyélite mais aussi coqueluche, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C. Et dans ce dossier une grande question : que prévoir pour les parents qui s’opposeront à tout ou partie de ces nouvelles obligations ?

La Croix (Pierre Bienvault) a interrogé l’entourage de la ministre de la Santé. « Nous sommes actuellement en train de travailler sur le sujet qui est complexe, en particulier sur le plan juridique » lui a-t-on répondu. Quelles sont les possibilités ? On ne le saura pas. Une « clause d’exemption » ? Sous quelle forme ? Des sanctions financières ? Le gouvernement dispose de la solution préconisée dans le rapport de la « concertation citoyenne sur la vaccination » organisée l’an dernier :

« Les parents ne souhaitant pas faire vacciner leur enfant pourront invoquer une clause d’exemption pour un ou plusieurs de ces vaccins (à ne pas confondre avec la clause de contre-indication médicale exceptionnelle), motivée par leurs convictions. Après entretien avec le professionnel de santé exposant les conséquences d’une telle décision, les parents s’engageront par écrit selon une procédure formalisée à assumer les responsabilités civiles de leur refus incluant un risque de non-admission de l’enfant en collectivité. Le refus sera porté sur le carnet de vaccination. A tout moment, les parents pourront revenir sur cette décision. »

 Engagement écrit

« Notre idée est de permettre à des parents très déterminés de s’opposer à la délivrance d’un ou plusieurs vaccins à leurs enfants, par le biais d’un engagement écrit et après un entretien avec un professionnel de santé, explique aujourd’hui le Pr Alain Fischer qui a co-présidé cette concertation. En signant ce document, les parents réfractaires s’engageront à assumer les conséquences de leurs choix : la non-admission de leur enfant en collectivités et leur responsabilité si jamais, dans un entourage, venait à être contaminé un enfant immunodéprimé ne pouvant pas être vacciné. »

Mais comment mettre en place une telle disposition, respecter les convictions, sans ruiner l’ensemble du dispositif ? Comment, pour reprendre la formule de La Croix, agir au mieux pour déminer un dossier assez explosif ?

Dans le camp des opposants, on attend : « Ce projet de vaccination obligatoire est stupide. Et s’il est mis en application, je peux vous assurer que beaucoup de parents feront tout pour s’y soustraire », affirme de son côté Marie Werbregue, présidente de l’association Info vaccins France.

Ecologie radicale

« On assiste à la poursuite du mouvement de politisation de la question vaccinale entamée au moment de la grippe H1N1. Ce mouvement est constitué d’une agrégation de groupes très divers qui vont de l’écologie radicale à l’extrême droite », indique pour sa part Jocelyn Raude, sociologue à l’École des hautes études en santé publique de Rennes (EHESSP). Avec, en toile de fond, le soupçon que l’on dit grandissant sur les effets secondaires et les risques auxquels exposeraient les adjuvants.

Comment demande La Croix, imposer une vaccination obligatoire dans un contexte de défiance vis-à-vis de la parole politique et des avis d’experts ?  Et comment imposer tout en offrant la possibilité d’échapper à l’obligation ? Comment, en somme, agir au mieux de l’intérêt général tout en respectant les convictions individuelles ?

Aujourd’hui silencieuse Agnès Buzyn devra trancher. En juillet, sur RTL, elle avait laissé entendre que l’exemption était une piste qu’elle souhaitait explorer. Mais dans le même temps on soulignait, de très bonne source, que cette piste ne pourrait pas être retenue. « Il apparaît en effet qu’elle aurait compliqué à l’extrême le travail des médecins pédiatres et généralistes, expliquait-on alors. De fait elle constituerait une faille dans le dispositif comme dans le message sanitaire que nous voulons porter. » Réponse à la rentrée.

A demain

 

5 réflexions sur “Onze vaccins obligatoires : on ne sait toujours rien sur ce qui attend les opposants

  1. Je me permets cette petite question :si les enfants non vaccinés faute d’accord de leurs parents ne sont plus admis en collectivités où effectueront ils leur scolarité dans quels centres de loisirs seront-ils accueillis ????Une fois de plus les soignants sur le terrain soumis à la politique de santé …très très loin de la moindre liberté …

  2. Refuser qu’un enfant soit inscrit à l’école ? L’école est laïque, gratuite, OBLIGATOIRE et pour TOUS dit le loi.

    • Non l’école n’est pas obligatoire:
      « L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix» L. 131-2 Code de l’Education.

  3. >> Refuser qu’un enfant soit inscrit à l’école ? L’école est laïque, gratuite, OBLIGATOIRE et pour TOUS dit le loi. <<
    Et les conditions de la vie en collectivité sont également clairement définies.
    Sinon, je peux, moi aussi, demander une exemption : au nom de mes convictions profondes, je souhaite être exempté du paiement des impôts.
    Les résurgences de maladies qui devraient normalement être sous contrôle en Suisse, en Allemagne et en Alsace au cours de ces dernières années montrent, si besoin en était, l'importance de la couverture vaccinale. Il faut arrêter de délirer, et il faut sanctionner les certificats de complaisance qui, à mon sens, représentent un manquement grave à la déontologie du corps médical.

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