Monoprix Gourmet : se régaler sans arrière-pensées de ses gâteaux glacés nanoparticulés ?

Bonjour

Œufs contaminés : le ministère français de l’Agriculture fait presque peine à voir qui retire mécaniquement, chaque jour, des gondoles de nouveaux produits – des aliments tenus pour, peut-être, ne pas être sans danger.

C’est dans ce contexte que 60 Millions de consommateurs dénonce un autre risque (invisible et potentiel) de toxicité alimentaire ; un risque aux frontières du quantifiable : celui des « nanoparticules ». Cible privilégiée du magazine : l’additif E171 – ou dioxyde de titane. Cette substance est utilisée par les industries agroalimentaires et cosmétiques (sous sa forme « nano ») pour blanchir et intensifier la brillance des confiseries, des plats préparés et jusqu’à certains dentifrices.

Dangereux pour la santé ? C’est un dossier d’une très grande complexité où les interrogations sans réponse renvoient à toutes les formes de convictions, à toutes les assurances superficielles, à toutes les dénonciations sans preuves. « On sait que les nanoparticules (…) peuvent passer la barrière intestinale et se retrouver dans différents organes, comme le foie, le cœur, les poumons, et on ne sait pas encore ce qu’elles peuvent devenir » précise Patricia Chairopoulos, coauteure du dossier de 60 Millions de consommateurs.

Rigueur et vigilance absentes

Elle reproche notamment aux industriels concernés de faire preuve de « manque de vigilance » et de « manque de rigueur ». « On ne sait pas grand-chose sur cette forme nano. C’est ça qui nous pose problème. D’autant plus qu’une étude récente de l’INRA est parue en janvier 2017, qui entraîne un peu de suspicion », ajoute Mme Chairopoulos.

Cette étude de l’Institut national de la recherche agronomique concluait que l’exposition chronique au E171 était de nature à favoriser la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES) avait alors été saisie par le gouvernement pour déterminer si la substance E171 présente dans les produits alimentaires  « présente un éventuel danger pour les consommateurs. ». Aucune conclusion n’est toutefois établie pour l’homme sur ce potentiel effet « promoteur » de la cancérogenèse.

L’incertitude règne ce qui a conduit huit associations a adressé, le 17 juillet dernier, une lettre ouverte au gouvernement français demandant « la mise en place urgente de mesures de précaution », avec notamment l’interdiction temporaire des nanoparticules présentes dans le colorant E171. « Agir pour l’environnement » avait déjà alerté en juin 2016 sur cette question et juge « la persistance de cette contamination comme un véritable scandale qui engage la responsabilité du gouvernement, des industriels et des distributeurs ».

Absences et présences

Que font les policiers ? Contactés par l’AFP, les services de la répression des fraudes ont expliqué effectuer des contrôles depuis 2015 et avoir déjà relevé en 2016 l’absence de nanoparticules dans 54 produits contrôlés. La synthèse de ces contrôles est encore en cours de finalisation. En revanche, en 2017, des analyses en laboratoire toujours en cours ont déjà mis en évidence la possible présence de « nano-ingrédients » dans quatre aliments sur les cinq déjà analysés.

Qui ment et qui dit le vrai ? L’Association des fabricants de dioxyde de titane affirmait en effet en mars que le E171 n’était « pas utilisé comme nanoparticule dans les aliments ». Pourtant, sur dix-huit produits sucrés testés par 60 Millions de consommateurs, des nanoparticules de dioxyde de titane ont été retrouvées systématiquement, dans des proportions variées. Elles représentaient ainsi entre 10 % et 100 % de l’additif présent dans différentes sucreries, parfois célèbres, des biscuits Napolitain de Lu (12 %) jusqu’aux aux gâteaux glacés Monoprix Gourmet (100 %), en passant par les M&M’s (20 %).

D’une manière générale, la présence d’E171 figure clairement sur les étiquettes des sucreries concernées, à la différence de celle « nanoparticules » que l’on ne trouve jamais. Cette pratique n’est pas nouvelle. Et elle a un nom : c’est mentir par omission.

A demain

 

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