L’inhumaine histoire de l’infirmière qui n’était pas ivre et à qui le SAMU a raccroché au nez 

 

Bonjour

Une affaire exemplaire. Le CHU de Nantes vient d’être condamné par le tribunal administratif de la ville à verser 352 458 euros de dommages et intérêts à une patiente de Guérande (Loire-Atlantique). Le 4 octobre 2010, vers 22 h, un médecin-régulateur du SAMU avait pris l’appel téléphonique de cette femme, infirmière, alors inquiète des « fourmillements » qu’elle ressentait. Ce médecin avait alors attribué ses difficultés d’élocution à un probable « état d’ivresse » ou à « une dépression ». Il l’avait alors invitée à « se coucher », ajoutant : « ça ira mieux demain », avant de lui raccrocher au nez.

Cette femme, âgée aujourd’hui de 48 ans, avait alors dû ramper au sol jusque chez ses voisins, sur le palier de son étage, et frapper avec sa tête contre leur porte pour qu’ils lui ouvrent et qu’elle soit finalement prise en charge. Selon le rapport d’expertise, « ces traumatismes crâniens répétés ont pu jouer un rôle délétère sur l’évolution de l’AVC en aggravant la dissection artérielle vertébrale en cours», précise Le Télégramme qui vient de relater l’affaire. « Au final, la quadragénaire a dû être admise, pendant dix-huit mois, au centre mutualiste de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Kerpape, à Ploemeur (Morbihan), précise le quotidien breton. Elle doit désormais suivre un traitement médicamenteux à vie et se rend chez son kiné une fois par semaine. Lourdement handicapée, elle touche une pension d’invalidité. Elle a également dû réaménager en conséquence sa cuisine et sa salle de bains. Elle a enfin besoin, à vie, de l’assistance d’une aide-ménagère, à raison de deux heures par jour. »

Simple secrétaire

Une affaire exemplaire. Cette femme a été infirmière pendant vingt ans, au centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles de Pen-Bron, à Saint-Nazaire, là où sont prises en charge les victimes d’accidents de la route et d’AVC. Elle y travaille toujours, mais désormais comme simple secrétaire.

« Il résulte des rapports des experts que l’intervention de l’assistant de régulation médicale et du médecin régulateur a été totalement inadaptée », écrit le tribunal administratif de Nantes dans son jugement. Les propos tenus ont été totalement dépourvus d’humanité : le premier s’est limité au strict interrogatoire administratif et le second a spontanément orienté l’interrogatoire sur la dépression et la prise d’alcool ». « Un interrogatoire correctement effectué aurait permis de suspecter le problème neurologique et aurait évité l’erreur concernant l’heure de début des symptômes », ajoutent les juges nantais, qui estiment donc que 30 % des conséquences de l’AVC sont directement imputables à la « faute » commise par le Samu de la Loire-Atlantique.

Une affaire exemplaire. Le CHU de Nantes et son assureur n’étaient ni présents, ni représentés par un avocat le jour de l’audience. Ils devront verser, outre 352 458 euros de dommages et intérêts, verser 64 192 euros à la Caisse primaire d’assurance-maladie de Loire-Atlantique, pour les frais de santé qu’elle a dû engager pour la victime. On aimerait comprendre, aussi, les raisons de cette absence le jour de l’audience.

A demain

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