Le ministre de l’Education nationale ne peut pas rester muet : laissera-t-il fumer dans les lycées ?

 

Bonjour

C’est la rentrée, qui nous fait songer à l’une des polémiques les plus absurdes de l’an passé. Une polémique sanitaire et politique. Où l’on voyait des proviseurs et de hauts responsables de l’éducation nationale réclamer que des lycéens puissent fumer dans les enceintes scolaires : « Ubu est roi : les directeurs des collèges et lycées réclament une loi en faveur du tabac ! ». Créer des « zones provisoires fumeurs » dans les lycées pour éviter que les élèves se regroupent pour fumer à l’extérieur : sur le trottoir face aux établissements. Et ce en avançant le risque terroriste : ces regroupements étaient des cibles potentielles en contradiction avec les actuelles mesures et recommandations de prévention de l’état d’urgence.

C’est la rentrée : les mêmes causes vont-elles produire les mêmes effets ? Le Comité national contre le Tabagisme le redoute dans un communiqué daté du 31 août, communiqué délaissé par la presse généraliste mais repris sur le site des buralistes. Il révèle que plusieurs associations de santé ont été informées de la volonté supposée du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de permettre aux proviseurs de laisser fumer les élèves au sein des lycées. On mesure l’incohérence d’une telle situation dans un pays où 200 000 adolescents entrent chaque année dans l’enfer de l’addiction tabagique. Loin de mettre en place une indispensable prévention précoce on reviendrait sur les interdits en vigueur dans les espaces

 « Alors que le gouvernement s’est engagé avec force pour réduire la consommation de tabac particulièrement importante en France, notamment chez les jeunes, l’annonce d’un possible retour du tabac dans les lycées est de nature à mettre à mal tout cet effort. En droit, il s’agirait d’une remise en cause sans précédent de la Loi Evin et, même, de nos principes constitutionnels. N’oublions pas que la protection de la santé publique, ainsi que l’égalité devant la loi, ont valeur constitutionnelle.

« Pour la santé publique, ce serait porter atteinte à l’interdiction de fumer, indispensable tant à la protection contre le tabagisme passif qu’à la dénormalisation d’un produit mortifère. En outre, cette atteinte serait portée sur le terrain le plus sensible : les établissements scolaires. »

 C’est la rentrée. Pour le CNCT « la sécurité sanitaire de nos jeunes compatriotes ne peut être sacrifiée sur l’autel du risque terroriste ». Faut-il rappeler à M. Blanquer que, l’an dernier, la justice administrative avait donné raison au Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé : on ne touche pas à la loi, on ne fume pas là où l’on apprend. Le ministère de la Santé l’avait alors fort heureusement emporté sur les atermoiements coupables de l’Education nationale. Aujourd’hui les associations réunies au sein de l’Alliance contre le Tabac, demandent une clarification à ce sujet au gouvernement. On attend.

A demain

1 « Peut-on, oui ou non, s’en griller une à la récré? » (Slate.fr, 19 avril 2016)

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