Affaire du Levothyrox : cri d’Anny Duperey ; accusations du Figaro ; silence des autorités

Bonjour

1 C’est aujourd’hui dans Le Parisien. Bien connue des Français la comédienne et romancière Anny Duperey, 70 ans « lance un cri d’alarme et explique pourquoi elle souhaite que l’on revienne à l’ancienne formule du Levothyrox ». « Ce mardi matin, comme tous les autres depuis plusieurs semaines, Anny Duperey a avalé des anti-douleurs et de la vitamine C pour ‘’essayer, dit-elle, de faire bonne figure’’, précise le quotidien. La comédienne  est à l’affiche de la série culte Une famille formidable, dont elle tourne actuellement six épisodes. Elle assure souffrir d’effets indésirables ‘’graves et inquiétants’’ depuis qu’elle prend la nouvelle formule du Levothyrox, le médicament de la thyroïde prescrit à trois millions de personnes en France. »

Que nous dit Anny Duperey ? Qu’elle a commencé à avoir des problèmes de thyroïde après 50 ans et prends un comprimé par jour de 100 ug de Levothyrox depuis environ douze ans sans jamais ressentir le moindre problème. Et qu’aujourd’hui elle souffre d’une fatigue extrême. « Il n’est plus question pour moi d’aller au théâtre ou au cinéma : j’en suis physiquement incapable, dit -elle. J’ai même dû abandonner le vélo d’appartement que je pratique normalement tous les jours avec plaisir pour me maintenir en forme. La faute à la nouvelle formule du Levothyrox. »

Elle le sait car ses symptômes « sont apparus très exactement au moment où j’ai terminé ma dernière boîte de l’ancienne formule pour commencer la nouvelle ». « C’était fin avril, au moment où nous allions tourner des scènes d’Une famille formidable au Portugal, précise-t-elle. J’ai commencé à avoir des malaises très inquiétants, une fatigue intense mais une incapacité à dormir, des vertiges, des crampes aux cuisses qui me tétanisent dans mon lit, des désordres intestinaux handicapant socialement. J’ai fait un échodoppler pour évaluer la circulation cérébrale, des examens. Il n’y a rien d’anormal. Il n’y a pas d’autres explications que le médicament. »

L’actrice a adressé une lettre ouverte à Agnès Buzyn, ministre de la Santé. (lettre qui s’ajoute à une pétition qui a désormais recueilli près de 200 000 signatures) :

 « Rendez-nous l’ancienne formule du Levothyrox ! Ou tout du moins, laissez-nous le choix entre l’ancienne ou la nouvelle formule. Mon caractère est plutôt doux mais je suis vraiment furieuse de cette situation. Aujourd’hui, des patients sont pris en otage, servent de cobaye. Laissez perdurer cette situation est insensé et dangereux : certaines personnes arrêtent leur traitement. J’y ai pensé moi aussi, mais bien sûr il ne faut surtout pas faire cela car ce médicament est vital. Alors j’espère que notre cri d’alarme sera très vite entendu. »

2 C’est aujourd’hui dans Le Figaro. Le quotidien brosse un tableau inquiétant de la situation. « Les déclarations d’effets indésirables liés au Levothyrox s’empilent. Et elles ne concernent pas que des pertes de cheveux, une grande fatigue ou des crampes musculaires, écrit-il.  ‘’Certaines patientes ont des troubles très sérieux comme des vertiges avec chute et des troubles du rythme cardiaque’’, observe un pharmacovigilant. Selon nos informations, au moins 1500 cas graves ont déjà été enregistrés depuis deux mois. »

Selon Le Figaro le système d’alerte français imploserait. Plusieurs centres de pharmacovigilance lui ont confié qu’ils croulaient tellement sous les déclarations que certains d’entre eux ne les enregistreraient pas toutes – ou les entasseraient sans vraiment les lire. Et le quotidien de faire le procès du « portail » Internet de déclaration des effets secondaires des médicaments voulu par l’ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine.

« Les pharmacovigilants pâtissent directement de l’usine à gaz qu’est le site gouvernemental » affirme le quotidien. L’ancien député (PS), Gérard Bapt, spécialiste des questions de santé, a écrit à la ministre pour lui faire part de sa «préoccupation» concernant la crise actuelle. Il n’a pas reçu de réponse. «C’est dégueulasse de changer la formule d’un médicament dans un pays où il n’y a pas d’alternative. Certains vont acheter des boîtes de l’ancienne version en Espagne ! », explique crûment l’ancien député.

3 Silence des autorités sanitaires. Face à ces derniers éléments (et sans même évoquer le bouillonnement qui prévaut sur les « réseaux sociaux ») on observe un silence total de l’Agence du médicament et du ministère de la Santé. Pourquoi ? Et jusqu’à quand ?

A demain

PS : Mercredi 6 septembre, à l’issue d’une réunion avec les associations de patients, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a reconnu « un défaut d’information » sur le changement de formule du Levothyrox. Un groupe de travail va être mis en place « pour mieux informer les patients et les professionnels de santé sur les médicaments ».

La ministre appelle à un débat apaisé. « Les patients rencontrent des effets secondaires réels, il ne faut pas les minimiser. Mais ils sont passagers pour la plupart d’entre eux , a-t-elle affirmé. Le seul danger pour la santé des patients est d’arrêter leur traitement. Ils trouveront le bon dosage avec l’aide de leur médecin. »

Agnès Buzyn a aussi annoncé que les autorités réfléchissaient à ouvrir le marché à d’autres génériques du Lévothyrox. « Nous réfléchissons aux moyens d’une ouverture du marché français à d’autres formules alternatives de la lévothyroxine, a-elle indiqué. Le fait qu’une seule formule du Lévothyrox soit disponible pour les patients pose un problème. » Sans préciser lequel.

 

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