Affaire du Levothyrox : la ministre Agnès Buzyn a parlé. Il ne reste plus qu’à «dédramatiser»

Bonjour

C’est une règle non écrite : quand la pression médiatique devient trop forte le ministre se doit de parler. « Des lettres ouvertes, des pétitions, un point presse en catastrophe de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mercredi 6 septembre… résume aujourd’hui Libération. L’affaire autour de la nouvelle formule du Levothyrox, ce médicament agissant sur la thyroïde, s’emballe comme jamais. Un nouveau symptôme de l’incroyable incapacité française à gérer correctement la vie d’un médicament. »

Agnès Buzyn a parlé. Pour dire quoi ? « Ce n’est pas un scandale sanitaire, mais c’est une crise d’information. Nous devons sortir du registre du drame et dédramatiser l’information autour du médicament. J’ai décidé de mettre en place une mission d’information sur cette question.» (Libération)

« Les patients rencontrent des effets secondaires réels, il ne faut pas les minimiser. Mais ils sont passagers pour la plupart d’entre eux. [La nouvelle formule du Lévothyrox] est commercialisée depuis une dizaine d’années aux Etats-Unis, sans alerte sanitaire à déplorer. Le seul danger pour la santé des patients est d’arrêter leur traitement. Ils trouveront le bon dosage avec l’aide de leur médecinNous réfléchissons aux moyens d’une ouverture du marché français à d’autres formules alternatives de la lévothyroxine. Le fait qu’une seule formule du Lévothyrox soit disponible pour les patients pose un problème. » (Le Quotidien du Médecin)

« C’est une crise liée à un défaut d’information et à un défaut d’accompagnement, qu’il faut entendre [mais il n’y a] pas de faute, pas de fraude. [Il y a] un sentiment permanent de complotisme dès lors que l’on parle du médicament [alimenté par des réseaux sociaux]. » (Le Monde).

Une ministre dépassée

En pratique ? Un groupe de travail va être mis en place « pour mieux informer les patients et les professionnels de santé sur les médicaments ». Mieux communiquer, à l’avenir, pour pallier un manque d’information passé, en somme. Où l’on voit que la prise de parole ministérielle n’apporte aucune solution pratique au phénomène de crise aujourd’hui en plein développement.

« Nous ne reviendrons pas à l’ancienne formule, elle va disparaître peu à peu » a encore Mme Buzyn, ruinant ainsi les espoirs des 200 000 personnes qui ont signé une pétition sur ce thème. Une croix sur l’ancienne formule mais, bientôt, des formules alternatives ? Pourquoi ? Nous ne le saurons pas.

Au final une ministre qui semble, ici, comme dépassée par une « crise d’information » dont elle a (pour partie) hérité ; dépassée aussi par le bouillonnement des réseaux sociaux et les failles récurrente du système national de pharmacovigilance – sans oublier une forme de légèreté de l’Agence nationale de sécurité des médicaments.

A demain

 

 

 

 

2 réflexions sur “Affaire du Levothyrox : la ministre Agnès Buzyn a parlé. Il ne reste plus qu’à «dédramatiser»

  1. Bonjour,
    Pour corriger rapidement cette « crise d’information », il serait bon pour les patients de communiquer de façon chiffrée :
    – sur les effets secondaires (ancienne/nouvelle formule)
    et principalement,
    – sur le caractère passager/transitoire de ceux-ci (délai de stabilisation).
    Via le laboratoire puisque cette formule semble commercialisée depuis 10 ans aux USA et ceci auprès de l’ANSM et des Sociétés savantes…

  2. C’est une situation insoluble parce que à mon avis, on se trouve devant une situation du type de l’affaire du vaccin contre l’hepatite B.

    Quand on vaccine de millions de personne ou que l’on traite des millions de personne par le vaccin N ou le medicament L, on s’expose obligatoirement à ce que des personnes (quelques millier au moins qui auraient eu de toute façon telle ou telle maladie (sclérose en plaque, Guillain Barr) ou symptômes inexpliqués (on en voit tout le temps) comme fatigue , douleurs, diarrhée ou constipation, malaises etc…, justement présentent ces symptômes APRES le vaccin ou le medicament.
    SAns que nécessairement il puisse exister une relation de cause à effet.

    De plus je suis sûr que parmi les 3 millions de traités par levothyroxine, quelques dizaines (centaines ? ) au moins se soient cassé l’épaule, un doigt, la cheville , les ligaments croisés.

    Pourtant on n’impute pas cela au Levothyrox: cela laisse à réfléchir non ? Et pourquoi donc ?

    Cela éclaire aussi la difficulté d’imputer à un médicament des effets secondaires, en dehors du cadre d’une étude comparative contre placebo en double aveugle. Même hélas lorsque l’effet secondaire rare est réellement la conséquence de la prise du vaccin ou médoc suspect.

    Ce hasard inévitable, l’inquiétude que provoquent normalement des symptômes pénibles sans explication, font que l’on a tendance à imputer au premier suspect venu la responsabilité des symptômes mystérieux.

    Or cette façon retrospective de voir les choses c’est scientifiquement non probant. Prendre la forêt pour l’arbre; Je prends A je fais B donc A provoque B c’est une faute de raisonnement hénorme, navrante et ici répétée par milliers.

    Une somme d’anecdote n’est pas une preuve scientifique ni un essai en double aveugle. C’est regrettable mais c’est ainsi.

    L’amplification par la voix de l’Internet, l’ambiance générale , font que l’on va donc brûler la première sorcière désignée comme telle, avec véhémence, en agitant les fourches, le bouc émissaire étant indispensable à l’homme.

    Sans compter l’inénarrable (prétendue) sagesse (prétendue derechef) populaire, qui dit souvent tout et son contraire d’un proverbe à l’autre qui ânonne ou perroquette sans se donner l’éffort de réflechir avec la tête auparavant:
    « gna gna gna … y’a pas de fumée sans feu gna gna gna … »,
    sagesse populaire qui ne sait pas faire la différence entre fumée (il n’y’en n’a pas sans feu certes) et brouillard (pas de feu n’est-ce pas ? ).

    Donc on ne peut rien prouver et surtout on ne peut pas jeter aux patients un diagnostic alternatif qui pourtant crève les yeux au moins comme hypothèse à confirmer ou éliminer: l’hystérie collective (mass hysteria) . Ce qui n’est pas une insulte nom d’une pipe , mais un diagnostic (possible, évoqué) .
    Mais ce diagnostic a un nom insupportable voire sexiste . L’horreur absolue. Le politiquement incorectissime. On peut le deguiser en « syndrome de stress collectif »…
    On n’est pas dans la forme typique puisque au contraire ici les symptômes ne sont pas stéréotypés. Ou ils le sont par leur caractère « ça va dans tous les sens » , hypo ou hyper ou indépendant de la thyroïde. Et pour un empoisonnement , par l’excipient on en chercherait encore le toxidrome : ensemble de symptômes évocateurs: il n’y en a pas ce sont des symptômes très multiples parfois contraires . Deplus on devrait avoir des doutes du fait que l’on n’ait pas clairement une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie ou s’étonner de l’intensité des symptômes pour des variations de taux d’hormone a priori bien inférieures à la différence entre normo ou dys-thyroïdien.

    Tout ceci dit on comprend qu’une explication simple ets plus faile surtout si dans l’air du temps.
    Comme disait je ne sais plus qui : tout problème a une solution simple qui saute aux yeux et fausse. Evidemmment comme pour les proverbes parfois c’est vrai parfois c’est faux …

    Comme on ne pourra « insulter les malades » que l’on méprise forcément méprise (ah les mandarins! ) on va faire le gros dos…. Certains vont s’enquiquiner avec leurs gouttes au frigo.

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