Polémique psychiatrie – terrorisme : le président Macron vole au secours de Gérard Collomb

 

Bonjour

Nous vivons sous le règne jupitérien du « en même temps », ce balancier linguistique et rhétorique qui permet de passer entre les gouttes. Du moins quand l’averse politique n’est pas trop violente. Une nouvelle démonstration vient d’en être faite par le Président dans son récent et premier discours de rentrée aux préfets. Emmanuel Macron y est revenu sur la polémique qui, le mois dernier, a suivi les propos de Gérard Collomb. Au lendemain des attentats de Barcelone le ministre de l’Intérieur avait demandé à deux reprises que les psychiatres collaborent avec les forces de police dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Une initiative qui avait vivement irrité le monde de la psychiatrie et conduit l’Ordre des médecins à rappeler quelles vérités déontologiques.

Que nous dit, aujourd’hui et via les préfets, le président de la République ? Il revient tout d’abord sur le « Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste » le « fameux FSPRT » (sic).

« Dans le FSPRT, nous considérons qu’à peu près un tiers des personnes présentent des troubles psychologiques avait déclaré Gérard Collomb en août sur RMC/BFMTV. Il est clair que le secret médical, c’est quelque chose de sacré, mais en même temps, il faut trouver le moyen qu’un certain nombre d’individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats ».

« Parmi les individus qui figurent dans le FSPRT je suis particulièrement préoccupé par ceux qui présentent des troubles psychologiques ou psychiatriques, ces sujets doivent bien évidemment être traités avec les Agences régionales de santé » ajoute aujourd’hui Emmanuel Macron. Puis vient le balancement du « em même temps » :

« Là-dessus nous rentrons dans un débat sensible et je fais une parenthèse, lorsque le ministre d’Etat a ouvert à juste titre ce sujet il n’a pas proposé que la psychiatrie soit annexée au ministère de l’Intérieur comme certains ont voulu le croire ou l’entendre. De la même façon, je crois que nul ne peut expliquer à nos concitoyens que lorsqu’un individu a été signalé à tous les services, est identifié comme dangereux, sans aucun lien avec le ministère de l’Intérieur il puisse être libéré d’un hôpital psychiatrique où il se trouve alors même que chacun sait qu’il incarne une menace pour le reste de la collectivité. »

Terrorisme islamiste et troubles psychiatriques

Les psychiatres peuvent donc être rassurés : ils ne travailleront donc pas pour les services de police. Mais leurs patients à risques seront traités par les ARS. Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur n’a pas dit ce que certains ont voulu croire ou entendre. Mais les psychiatres seraient bien avisés de ne plus libérer celles et ceux qui incarnent une menace pour la société. Ecoutons encore le président Macron s’adressant aux préfets :

« Je ne dis pas que le terrorisme islamiste (…) se réduit aux troubles psychiatriques mais je dis que ce terrorisme islamiste organisé, structuré sur notre territoire et à l’étranger que vous combattez au quotidien, que nous sommes en train de démanteler, que nous combattons sur des théâtres d’opérations et que nous vaincrons  ils déclenchent chez les individus les plus fragiles des comportements dangereux. Soit en ramenant à sa cause des individus fragiles qui n’avaient rien à voir initialement avec la radicalisation, soit en conduisant ou en poussant à l’acte des individus fragiles qui par mimétisme, et je n’irai pas plus loin sur ce terrain, commettent des actes irréparables.

Et donc ces sujets sont liés avec des frontières qu’il convient de préserver, avec une complexité extrême qu’il convient d’éclairer mais ne pas le regarder en face c’est réduire votre efficacité, c’est ne pas protéger correctement nos concitoyens. Je veux donc plus de coordination entre vous et les Agences régionales de santé et je souhaite que vos propositions, vos initiatives prises à partir du terrain puissent éclairer la décision nationale sur ce point. J’ai aussi demandé à la ministre des Solidarités et de la Santé de proposer pour la fin de l’année une vraie stratégie en matière de psychiatrie et de pédopsychiatrie pour au-delà de ces symptômes extrêmes que nous observons sur le terrain on puisse apporter une réponse concrète à ce nouveau fait social qui est bien là. »

En août la ministre Agnès Buzyn n’avait pas publiquement réagi aux propos de son collègue Gérard Collomb. La voici, en septembre, rattrapée par la patrouille présidentielle.

A demain

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