Le malodorant écart de langage de M. Benjamin-Blaise Griveaux, membre du gouvernement

Bonjour

A moins de 40 ans, Benjamin-Blaise Griveaux est un petit condensé balzacien de notre époque. Il se murmurerait déjà que l’homme pourrait être le prochain maire de la capitale lorsque cette dernière accueillera les Jeux Olympiques. Fils d’un notaire et d’une avocatediplômé de Sciences Po Paris et de HEC,  le jeune homme plonge précocement en politique : dans les courants rocardiens puis strauss-kahniens. Trouve,  en 2012, un tremplin au sein du cabinet de Marisol Touraine, ministre de la Santé. De 2014 à 2016, l’indispensable passage dans le privé : l’immobilier commercial.

Elu conseiller municipal de Châlons-sur-Saône, puis vice-président du conseil général de Saône-et-Loire sous la présidence d’Arnaud Montebourg il entrera, en 2012, au bureau national du Parti socialiste ; conseiller de la fondation Jean-Jaurès sur les questions sociales, la légende le retrouve, dès la fin 2015, proche d’Emmanuel Macron. Certains journalistes voient alors en lui le « chef de file naturel » d’« apparatchiks » issus du Parti socialiste.

Opération de charme

Puis le temps passe, très vite. Elu député macroniste dans la cinquième circonscription de Paris il est, dans la foulée, nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances : Bruno Le Maire. Officiellement M. Griveaux  travaille sur quelques entreprises industrielles en difficulté, sur la préparation du projet de loi « entreprises » et sur l’attractivité financière de la place de Paris.

Agenda de presque ministre. M. Griveaux était en déplacement officiel à Londres les 12 et 13 septembre. Une opération qualifiée « de charme », une offensive médiatique incluant plusieurs interviews dans les médias britanniques, notamment sur la principale matinale de radio de la BBC. Objectif : convaincre banquiers et investisseurs de la City de venir s’installer en France après le Brexit. On imagine les tapis, les thés, le cosy feutré : entrepreneurs français, investisseurs institutionnels, dirigeants de grandes banques… Un seul hic : aucune rencontre avec les autorités britanniques.

Et puis, cette révélation faite par Le Monde (Eric Albert ) : « Je suis comme Saint Thomas, je ne crois qu’à ce que je vois » dira M. GriveauxSaint Thomas l’incrédule ? Poussé à s’expliquer sur cette référence bien peu laïque le secrétaire d’Etat républicain dira, in fine : « C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ».

A n’utiliser qu’entre amis

Où l’on voit l’éventail de la richesse des images métaphoriques de la langue française. Précisons ici que cette dernière expression (à l’évidence d’origine paysanne) fait référence aux antiques foires agricoles où étaient rassemblés de nombreux animaux ruminants. Avec les suites pratiques que l’on imagine. En clair : attendre coûte que coûte la fin d’un événement pour en faire le bilan. Et précisons encore aux plus jeunes de nos lecteurs que c’est là  une expression très familière (à n’utiliser qu’entre amis). A Londres le représentant du gouvernement français eût peut-être été mieux inspiré de glisser que ce n’est qu’à la fin du bal que les musiciens sont payés.

A demain

 

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