Tournant dans l’affaire Levothyrox : Agnès Buzyn cède aux revendications des associations  

 

Bonjour

Et puis la ministre céda. Est-ce un effet de l’annonce des actions menées devant la justice ? Une incitation élyséenne à calmer cette polémique hors norme ? Agnès Buzyn s’exprimait ce matin sur France Inter. Pour faire, entre mille et un sujets à peine effleurés (Irma, vaccins, aluminium, médicaments, démocratie sanitaire, Philippe Even, Vincent Lambert, PMA pour toutes..) une annonce de taille dans la polémique sur le Levothyrox.

« J’ai demandé à l’Agence du médicament que l’ancien Levothyrox soit encore  accessible de façon que ceux qui le réclament puissent le prendre. Ce sera fait dans 15 jours. Puis dans un mois nous auront des alternatives, d’autres marques, d’autres médicaments, afin que progressivement les patients puissent choisir le médicament qui leur convient le mieux, sachant que l’ancien Levothyrox devrait normalement disparaître, le laboratoire ne devrait plus le produire dans les années qui viennent. Ce qui compte, c’est que les patients aient le choix. »

C’est là une annonce surprenante qui soulève une nouvelle série de questions. Jusqu’ici, face aux revendications montantes des patients victimes d’effets secondaires, la ministre des Solidarités et de la Santé prônait la dédramatisation et la recherche d’un meilleur dosage. Le retour à l’ancienne formule de la firme Merck Serono était par définition exclu : à la fois parce que cette ancienne formule avait été remplacée à la demande de l’Agence nationale de sécurité du médicament et parce que la firme y était opposée.

Recul de l’exécutif

Les associations de malades et quelques personnalités (comme la député européenne Michèle Rivasi) réclamaient quant à elle l’achat, par la France de stocks de l’ancien Levothyrox qui se trouveraient en Allemagne.  Ils auraient donc été, finalement, entendus. Où l’on observe, comme l’a fait en substance Nicolas Demorand sur France Inter, qu’aujourd’hui encore le pouvoir exécutif peut reculer devant la mobilisation des foules en colère.

Dédramatiser ? Offrir le choix après l’avoir refusé ? Une Agence du médicament désavouée ? Dans quinze jours, donc, l’ancien Levothyrox-lactose sera à nouveau accessible avant, progressivement, de disparaître. Il cohabitera donc avec le nouveau Levothyrox-mannitol et le Levothyrox-gouttes. Puis d’autres marques de Levothyrox viendront, qui ne seront pas des génériques. On imagine déjà les futurs risques de confusion et d’incompréhension. Il faudra, à l’évidence, que la ministre de la Santé (pour ne pas parler de l’Agence du médicament) fasse preuve d’une infinie pédagogie auprès des prescripteurs, des pharmaciens et des trois millions de personnes directement concernées.

A demain

 

 

 

2 réflexions sur “Tournant dans l’affaire Levothyrox : Agnès Buzyn cède aux revendications des associations  

  1. A reblogué ceci sur The Ad Spreadet a ajouté:
    L’attitude et la réponse de la ministre Agnès Buzyn sont médicalement et scientifiquement adaptées à la situation; là où certains tentent d’en faire un scandale sanitaire, la ministre apporte des réponses claires et factuelles sur les conditions du remplacement de l’ancienne formule du Levothyrox (L-Thyroxine) pour cette nouvelle présentation. Les arguments pour ce changement sont hautement recevables et s’inscrivent dans l’amélioration continue de la qualité et la pharmacovigilance. A ce jour, la fréquence d’effets secondaires serait de 0.3% (9000/3M) sans référence à la gravité de ces effets.
    Il a manqué cependant d’une campagne d’information des médecins prescripteurs, des pharmaciens conseils et « en même temps » des patients. La modification dans la composition de ce médicament entraine des modifications de la biodisponibilité et de la pharmacocinétique de la L-Thyroxine; en conséquence, un suivi médical et des dosages sériques s’imposent pour ré-équilibrer la posologie avec précision. La prescription n’est pas standard et reste très personnalisée; il faut donc trouver par tatonnement le bon dosage= ni surdoser; ni sous-doser. C’est à ce prix que l’on traitera les effets secondaires.
    Ceci dit, tous les effets secondaires recensés ne sont pas expliqués; il était donc sage et pragmatique de proposer de conserver l’ancienne formule en la réservant aux quelques centaines de cas qui souffrent au quotidien et sans explication rationnelle du changement de fabrication du Levothyrox.
    Il ne s’agit en rien de reculade.
    Il est temps de faire cesser la polémique politico-médiatique et judiciaire.

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