Pourquoi tant de gifles et de «doigts pointés» dans les établissements hospitaliers français ?

Bonjour

« Deux euros de plus par jour ! » Les gazettes s’inquiètent de l’augmentation du forfait hospitalier. Depuis sept ans il était de 18 euros par jour en hôpital ou en clinique et de 13,50 euros par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de santé. Qui se souvient qu’il représente la participation financière du patient aux frais d’hébergement et d’entretien entraînés par son hospitalisation, qu’il est dû pour chaque journée d’hospitalisation, (y compris le jour de sortie), qu’il n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie mais peut « éventuellement être pris en charge par votre mutuelle ou votre complémentaire santé ».

« Deux euros de plus par jour ! » Agnès Buzyn ministre de la Santé explique sur RMC-BFMTV que ce forfait hospitalier n’est pas payé par les Français mais par les mutuelles » (sic). Mem Buzyn n’a pas encore répondu aux signataires 1 du tout dernier communiqué du Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) qui dénonce « L’étranglement progressif des hôpitaux par l’ONDAM et la T2A ». Extrait

« Les nouvelles méthodes de management imposées aux hôpitaux depuis près de  vingt ans viennent du dogme néolibéral qui veut que toute activité humaine soit mesurée, quantifiée, valorisée et soumise à la concurrence sur le modèle de l’entreprise privée. C’est ce dogme qui s’est traduit dans les hôpitaux par la généralisation en 2008 de la tarification à l’activité (T2A) et en 2009 par la loi Hôpital-entreprise (HPST) dite loi Bachelot. Le but ultime de cette « contreréforme »,  est de changer le statut de l’hôpital public pour le transformer en établissement privé à but non lucratif  (ESPIC), pouvant embaucher sous contrat avec des salaires variables et pouvant faire faillite et être racheté par des chaines d’établissements privés à but lucratif.  (…). »

 Mme Buzyn ministre, qui se souvient (à l’Assemblée nationale) de son parcours au sein de l’hôpital public, ne manquera pas de répondre à ses confrères qui, eux, y exercent toujours. Trop tard serait du plus mauvais effet.

« Deux euros de plus par jour ! ». L’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), dans son tout dernier rapport (données 2016), répertorie 17 596 signalements de violences et d’incivilités dans 360 établissements sanitaires et médico-sociaux. C’est un nouveau record : 78 % portent sur des atteintes aux personnes et 22 % des atteintes aux biens. « L’augmentation ne traduit pas nécessairement une hausse des violences mais, plus souvent, leur meilleure prise en compte par les hôpitaux et les personnels », assure le ministère de Mme Buzyn qui rappelle la protection pénale dont peuvent bénéficier les soignants.

Violences, injures, provocations

 La psychiatrie (20 % des signalements), les urgences (13 %) et les unités de soins longue durée/EHPAD (11 %) sont les trois services hospitaliers les plus exposés, résume Le Quotidien du Médecin.  Les victimes sont à 84 % des personnels de l’hôpital (infirmiers, aides-soignants, médecins, etc.). Les agents de service (restauration, ménage) ne sont pas épargnés. La violence envers les personnes peut prendre différentes formes, classées selon leur niveau de gravité (lire ci-contre) – des injures et provocations sans menaces jusqu’aux agressions avec arme.

« Bousculades, menaces avec un doigt pointé et gifles sont les violences physiques les plus représentées, l’usage d’une arme blanche est rarissimeprécise au Quotidien Isabelle Persec, en évoquant la situation au CH de Poissy/Saint-Germain-en-Laye. Mais ce que nous observons le plus, ce sont les agressions verbales sexistes, racistes, homophobes. Nous constatons aussi une progression des insultes ou menaces liées à la radicalisation. »

L’agressivité peut également s’exercer entre soignants. « Elle peut être liée à une organisation du travail complexe, à une baisse d’effectif ou à un cumul d’heures postées déraisonnable, explique au Quotidien le Dr François Venutolo, anesthésiste et président de la CME du CH de Gonesse. La maltraitance et les inimitiés peuvent exister à tous niveaux et dans tous les sens. Et il n’y a pas que le médecin qui peut parler de façon hautaine au personnel soignant, les infirmières peuvent également adopter une attitude perçue comme dévalorisante par le médecin ! »

Rappels fermes au code pénal dans les salles d’attente … affiches en plusieurs langues … vidéos pédagogiques diffusées aux urgences… De nombreux outils existent pour prévenir la violence et désamorcer les conflits dans les établissements. Au-delà des deux euros que nous dira, sur le sujet, la ministre de la Santé ?

A demain

1 Zahir Amoura, Emmanuel Andres, Benoît Barrou, André Baruchel, Jean-Frédéric Blicklé, Francis Bolgert,  Clara Bouché, Claire Carette,  Alain Cariou, Philippe Chanson , Olivier Chosidow, Sophie Crozier-Mortreux, Patrice Darmon, Nathalie  De Castro, Alain Fischer, Anne Gervais, Bernard Granger, André Grimaldi, Anthony Goncalves, Cécile Goujard, Bertrand Guidet, Agnès Hartemann,  Arnaud Jaccard, Stéphane  Jauréguiberry, Christine Katlama, Tania Kharitonnoff, Etienne Larger, Odile Launay,  Véronique Leblond,  Claire Le Jeunne, Philippe Lévy, François Lifermann, Pierre  Lombrail, Catherine Lubetzki, Noël Milpied,  Luc  Mouthon, Antoine Pelissolo, Marc Popelier, Gérard Reach, Christian Richard, Vincent Rigalleau, Ronan Roussel, Rémi Salomon, Dominique Seret-Bégué, Jean Sibilia ,  José Timsit , Roland Tubiana,  René Valero,  Dominique Valla, Marion Verdaguer,  Jean-Paul Vernant,  Jacques Young

Une réflexion sur “Pourquoi tant de gifles et de «doigts pointés» dans les établissements hospitaliers français ?

  1.  » Agnès Buzyn ministre de la Santé explique sur RMC-BFMTV que ce forfait hospitalier n’est pas payé par les Français mais par les mutuelles » (sic) »

    Merci de le relever. Je n’en reviens pas de lire ue telle ânerie dans la bouche d’un médecin, linistre de surcroît.
    Soit la ministre est une sotte, sois elle prend les gens pour des billes.
    Il serait plus logique de dire que cela represente le coût de ce que le patient aurait à assumer, s’il n’état pas à l’hopital: nourriture, energie pour la produire, une partie de l’éclairage et du chauffage. Mais ces 2 derniers points sont criticables (la famille s’éclaire etse chauffe avec autant de watts qu’un membre soit là ou à l’hôpital) et on peut se demander si un malade malade, qui ne mangue pas forcément et s’il est lavé au lit neconsomme que peu d’eau) revient vraiment à 20 euros par jour .

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