Vaccin contre le cancer du col de l’utérus : lourdes ambiguïtés de la Haute Autorité de Santé

Bonjour

Sous le langage officiel, parfois, quelques éclairs. C’est un communiqué symptomatique. Il est signé de la Haute Autorité de Santé (HAS) : « Cancer du col de l’utérus : une meilleure couverture vaccinale et un dépistage renforcé restent la priorité ».

Le contexte. Chaque année en France, on diagnostique environ 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus, 500 cancers de la vulve, 300 cancers du vagin et 1 100 cancers de l’anus – et dans le même temps plus de 1 000 décès prématurés. Le cancer du col de l’utérus est l’un des seuls cancers dont le taux de survie à 5 ans est en diminution. Dans presque tous les cas nous sommes là face à la conséquence d’une infection persistante causée par un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV), agents pathogènes sexuellement transmissibles.

La nouveauté. Il existe aujourd’hui en France deux vaccins (disponibles et remboursés) contre les infections dues aux HPV : le Cervarix (GSK) et le Gardasil (MSD). Arrive un troisième : le vaccin Gardasil 9. Il est présenté comme protégeant contre cinq génotypes supplémentaires – par rapport au Gardasil précédent. Et, nouveauté, il vient d’être évalué par la HAS. Cette dernière « reconnaît son efficacité importante et sa bonne tolérance, proche de celle de Gardasil ». Elle le « propose donc au remboursement en lui attribuant un service médical rendu’’ important ‘’ ».

L’incohérence. Mais dans son évaluation du « progrès » représenté par Gardasil 9, la HAS constate que les génotypes 16 et 18, responsables des cancers du col de l’utérus les plus graves et les plus nombreux, sont déjà couverts par le Gardasil précédent. « En conséquence, Gardasil 9 n’aura qu’un impact supplémentaire faible en vie réelle » dit la HAS – qui lui attribue de ce fait  une amélioration de  service médical rendu V (traduction : amélioration « inexistante » – « absence de progrès thérapeutique »).

Pourquoi, dès lors, proposer au remboursement par la collectivité une totale absence de service médical ? Et ce d’autant  que la HAS préconise dans le même temps « que la dépense publique soit prioritairement consacrée à renforcer la couverture vaccinale et le recours au dépistage ». De quoi (et de qui) parle-t-on ?

La question sans réponse : En France la stratégie de prévention des cancers liés aux HPV repose notamment « sur la vaccination chez les filles de 11 à 14 ans avec un rattrapage jusqu’à 19 ans révolus ». «  A ce jour, en France, la prévention des infections à HPV est insuffisante, souligne la HAS. Le taux de couverture vaccinale est l’un d’un des plus bas en Europe : moins de 20% de la population cible est vaccinée alors que le Plan Cancer 2014-2019 fixe un objectif de 60%. »

A qui la faute ?  A quand le procès ? Pourquoi ne pas rendre, lui aussi, ce vaccins obligatoire ? Ici, la HAS se tait.

A demain

 

 

Une réflexion sur “Vaccin contre le cancer du col de l’utérus : lourdes ambiguïtés de la Haute Autorité de Santé

  1. Bonsoir,
    Une absence d’amélioration du service médical rendu n’est pas une absence de service médical rendu. Ce n’est pas parce que le Gardasil 9 ne fait pas « mieux » que le Gardasil, qu’il ne rend aucun service.
    Dans ce contexte, on peut s’attendre que le Gardasil 9 obtienne un prix de remboursement soit identique (bien qu’incorporant plus de valences que le Gardasil) soit inférieur.
    Cordialement,
    Rémi Dufourcq-Lagelouse
    Pharmacien

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