Aujourd’hui les antivaccins «jouent avec le feu». Entretien avec l’historien Patrick Zylberman

 

Bonjour

Patrick Zylberman est professeur émérite d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique et membre du Centre Virchow-Villermé (Paris-Descartes/Berlin-La Charité). Il a participé, en 2016 au Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination. Membre du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique, il est l’auteur de plusieurs ouvrages d’histoire de la santé publique. Selon lui, «l’État-nation doit faire face à une crise de légitimité qui frappe jusqu’à des enjeux sanitaires comme les vaccins». Pour Slate.fr il nous en a expliqué les causes et les conséquences – et prend position quant au choix fait par le gouvernement d’étendre les obligations vaccinales.

Historien, vous vous êtes attaché à analyser sur le long terme les phénomènes d’oppositions à la pratique vaccinale. Quelles lectures faites-vous de la situation actuelle à la lumière des théories du complot et dans le contexte actuel de la post-vérité?

– Les récriminations contre les vaccins montent dans l’opinion depuis la fin des années 1990. C’est vrai aux États-Unis, mais aussi en Europe, au Japon, en Australie. Au sein de ces populations depuis longtemps médicalisées, les notions de risque et de probabilité semblent aujourd’hui bien mal acceptées. En 1996, les Centre pour le contrôle des maladies américains  avaient consacré un dépliant à l’examen critique des rumeurs plus ou moins anciennes sur la vaccination; des rumeurs traditionnelles (le vaccin est un poison) jusqu’aux plus contemporaines (théories de la conspiration). Cinq ans plus tard  on recensait aux États-Unis plus de 300 sites inondant internet de leur propagande anti-vaccinale.

Aujourd’hui  l’opinion est loin d’être sourde aux sirènes de la peur et de l’erreur: un quart des parents américains d’un enfant de moins de six ans se disent persuadés que trop de vaccins «affaiblissent» les défenses immunitaires des petits –c’est là un article de foi pour les anti-vaccins. Comme la France (avec l’hépatite B) ou l’Angleterre (avec la rougeole), les États-Unis ont eu (dans les années 1970) leur «crise de la vaccination» avec une folle campagne visant le vaccin contre la coqueluche. Ce phénomène eut, là aussi, pour conséquence l’interruption de la vaccination, avec recrudescence de l’incidence de la maladie chez les jeunes –une incidence entre dix et cent fois supérieure à celle des pays où cette vaccination n’a pas été interrompue.  Puis la campagne dirigée contre le vaccin anti-coqueluche atteindra  la Suède, le Japon, le Royaume-Uni, la Russie, l’Italie, l’Allemagne fédérale, l’Irlande et l’Australie…. 

Les théories du complot «prennent» dans presque tous les milieux sociaux, professionnels de l’information ou du soin compris -et ce sur toute la surface du globe. Il nous faudra bien parvenir un jour à expliquer pourquoi (…)

Lire la suite, sur Slate.fr »

A demain

 

2 réflexions sur “Aujourd’hui les antivaccins «jouent avec le feu». Entretien avec l’historien Patrick Zylberman

  1. Il y a pas de complot..Il y a juste des bénéfices /risques à étudier. ..Je ne comprends pas votre journalisme..C’est pire que paris-match…vulgarisation. .complot. ….desinformation

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