Femmes enceintes : combien seront-elles qui fumeront durant le quinquennat Macron ?

Bonjour

C’est une illustration chiffrée d’une incurie sanitaire française. Certains iraient peut-être jusqu’à parler de scandale. On la trouve nichée dans la dernière enquête officielle 1 française sur la périnatalité : « Entre 2010 et 2016 la consommation de tabac pendant la grossesse n’a pas baissé, et 17 % des femmes ont fumé au moins une cigarette par jour au troisième trimestre de la grossesse ».

Sans même parler des conséquences directe sur la femme faudrait-il redire la somme des risques auxquels expose le fait de fumer durant une grossesse ? Ils sont détaillés sur le site de Tabac Info Service.

« Les femmes fumeuses ont deux fois plus de risque de faire une grossesse extra-utérine. Le risque de faire une fausse couche spontanée est en moyenne triplé ; pour une femme fumant plus de trente cigarettes par jour en début de grossesse, ce risque de fausse couche spontanée serait multiplié par cinq. Le placenta risque de se fixer trop bas dans l’utérus, ce qui peut provoquer un hématome rétro placentaire et entraîner des saignements lors du troisième trimestre de la grossesse. Le risque de rupture des membranes avant trente-quatre semaines d’aménorrhée est multiplié par trois, ce qui en fait la première cause d’accouchement prématuré chez la femme enceinte fumeuse.

« Les effets du tabagisme sur le fœtus dépendent des quantités fumées : plus on fume, plus les effets sont importants. Dans l’utérus, le fœtus reçoit de l’oxygène par le sang de sa mère ; quand celle-ci fume, son sang se charge de monoxyde de carbone, gaz particulièrement toxique. De plus, la nicotine a un effet vasoconstricteur sur les artères du placenta et sur l’artère ombilicale, ce qui rend la circulation du sang moins bonne. Tout cela contribue donc à la mauvaise oxygénation du bébé. D’autres substances chimiques contenues dans la fumée sont également néfastes au développement du fœtus. Tous ces effets expliquent le retard de croissance intra-utérin (RCIU) : bébés plus petits en poids, taille, périmètre crânien. Ces effets peuvent être graves lorsque le bébé naît prématurément. »

Payer de sa poche

« L’idéal est bien sûr d’arrêter de fumer avant la grossesse, ajoute le site. Si cela n’a pas pu se faire, l’arrêt sera toujours bénéfique à n’importe quel moment de la grossesse, que ce soit pour la future maman comme pour le fœtus. » L’idéal, bien sûr, eût été que les femmes enceintes soient pleinement aidées dans cette épreuve majeure qu’est l’arrêt. Or tel n’est pas le cas, loin s’en faut. A commencer par le fait que ces femmes doivent payer de leur poche une partie des traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur…) qui pourraient les aider.

Or si l’Assurance Maladie « accompagne l’arrêt du tabac » elle ne rembourse, sur prescription, ces traitements qu’à hauteur de 150 euros par année civile et par femme enceinte « bénéficiaire » (sic). Pourquoi cette incompréhensible et injuste limitation ? On ne le saura pas. Reste les faits, ravageurs : « entre 2010 et 2016 la consommation de tabac pendant la grossesse n’a pas baissé, et 17 % des femmes ont fumé au moins une cigarette par jour au troisième trimestre de la grossesse ». Les faits et leurs conséquences. La proportion d’enfants avec un poids faible (pour leur âge gestationnel) a augmenté entre 2010 et 2016 (de 10,1 % à 10,8 % chez les enfants uniques nés vivants).

Une stabilité à 17% courant sur la fin du quinquennat Sarkozy et sur les quatre-cinquième du quinquennat Hollande. La nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé est parfaitement informée. Voilà un parfait indicateur de l’incurie française dans ce domaine. Quelle sera, de ce pourcentage, l’évolution au cours de la présidence Macron ?

A demain

1 « Les maternités en 2016 – Premiers résultats de l’enquête nationale périnatale ». Ministère français des solidarités et de la santé. 11 octobre 2017.

 

4 réflexions sur “Femmes enceintes : combien seront-elles qui fumeront durant le quinquennat Macron ?

  1. « A commencer par le fait que ces femmes doivent payer de leur poche une partie des traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur…) qui pourraient les aider. »

    Plus que le « payer de sa poche » il serait bon que « le système » soit plus actif pour pousser les fumeurs notamment les femmes enceintes ou en voie de l’être à arrêter .
    Parce que on peut toujours rétorquer que les paquets de clopes sont aussi payés de la poche du fumeur et au prix « où ça coûte  » …. comme disait Fernand ….

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