La hausse annoncée du prix du tabac est injuste en termes de pouvoir d’achat. S’indigner ou pas ?

Bonjour

Dès que possible faire passer le prix du paquet de cigarettes à 10 euros en … trois ans. L’affaire a été votée dans la nuit du  17 au 18 octobre en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Et tout laisse penser que le Parlement suivra le gouvernement. Contrairement au chorus médiatique rien ne laisse espérer que la mesure, beaucoup trop étalée dans le temps, permettra de réduire notablement le nombre des fumeurs. Sans même parler de la contrebande, hydre de Lerne et des buralistes.

Mais encore ? « Derrière les enjeux de santé publique, cette décision a des conséquences non négligeables en termes de pouvoir d’achat, qui plus est de manière inégalitaire, peut-on lire dans un travail des « décodeurs » du Monde (Adrien Sénécat). Les fumeurs, plus nombreux dans les foyers à faibles revenus, seront nettement frappés au portefeuille. Un enjeu loin d’être négligeable en plein débat sur le budget 2018, où le gouvernement se voit accusé de favoriser les plus riches au détriment des plus pauvres. »

Président des Riches

Et de citer l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)  qui a publié, en juillet 2017, une étude des effets de la politique du gouvernement. Leurs résultats montraient qu’en proportion des revenus, les 10 % de ménages les plus aisés étaient les grands gagnants des réformes en cours, tandis que les 10 % les plus pauvres voient leur pouvoir d’achat augmenter moins fortement que la moyenne (1,0 % contre 1,4 %). D’où, peut-être cette image de « Président des Riches ».

A elle seule, la hausse des prix du tabac représente une perte de pouvoir d’achat moyenne d’environ 0,8 % pour les ménages français, selon l’OFCE, qui y a consacré une note détaillée. Or, elle pénalisera plus durement les plus pauvres (parce qu’ils fument plus en moyenne, et parce que le prix du tabac est le même pour tous). Les chercheurs ont ainsi calculé que la seule hausse des prix du tabac représenterait en moyenne une perte de pouvoir d’achat de 2,4 % pour les 10 % de ménages aux revenus les plus bas. Una analyse partagée par la direction générale du Trésor qui a publié sa propre étude d’impact des mesures gouvernementales.

« Là aussi, le paquet de cigarettes à 10 euros apparaît comme une mesure ‘’plombante’’ pour le pouvoir d’achat (elle pèse notamment plus lourd que la baisse des APL) » soulignent les « décodeurs ». Ils ajoutent qu’une baisse de la consommation de cigarettes de l’ordre de 15 % combinée à la hausse de 3,50 euros des prix aurait pour conséquence environ 5 milliards d’euros par an de recettes supplémentaires pour l’Etat.

Duplicité à tiroirs

Et en toute hypothèse, sans surprise, « les gros fumeurs à faibles revenus seront durement touchés par la hausse des prix ». Et ceux qui voudront sortir de leur prison tabagique seront encore plus touchés puisqu’il leur faudra payer leurs substituts nicotiniques (ou leur cigarette électronique) au même prix que les riches. On peut s’indigner de cette duplicité à tiroirs.

« Ces données ne remettent évidemment pas en cause le bien -fondé de la lutte antitabac », conclut, in extremis, Le Monde. Pour rappel, le tabac est responsable d’environ 78 000 décès prématurés chaque année en France ce qui en fait la première cause de mortalité évitable.  Quant au « coût social » du tabagisme il est estimé (par l’économiste Pierre Kopp) à hauteur de 120 milliards d’euros par an. Sans parler des drames et des larmes. A comparer aux 14 milliards d’euros que les taxes sur le tabac rapportent à l’Etat.

A demain

 

3 réflexions sur “La hausse annoncée du prix du tabac est injuste en termes de pouvoir d’achat. S’indigner ou pas ?

  1. je fais partie des moins riches, les cigarettes, je n’arrive pas à m’en passer totalement, cela me détend, et c’est mon seul luxe, jamais de vacances, ce sont mes petites vacances à moi..

  2. Si je comprends bien, le gouvernement doit soutenir l’accès au tabagisme en subventionnant le paquet de cigarettes? Une aide personnalisée au tabagisme pour les personnes vulnérables socialement, les pauvres?
    Et en même temps, céer un bonus malus (non fumeur/fumeur) pour les cotisations sociales en lien avec les complications du tabagisme?
    Faire de la lutte du tabagisme une cause d’inégalité sociale? Il fallait oser!

  3. J’ai connu l’époque où les plus pauvres des pauvres ramassaient les mégots dans les rues pour les fumer.
    Est-ce ce vers quoi on va aller ?
    Pendant la guerre un grand nombre de fumeurs cultivaient clandestinement du tabac dans leur jardin et consommaient leur récolte hautement toxique.
    Est-ce encore impossible.
    Matraquer financièrement les plus pauvres qui sont restés les plus gros consommateurs de tabac parce qu’en butte aux conditions de vie les plus difficiles est humainement indéfendable. L’idée même de santé publique est une forme light de la dictature bureaucratique ambiante.

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