Levothyrox : des milliers de malades vont demander 10 000 euros chacun pour préjudices

 

Bonjour

Les temps changent à grande vitesse. C’est une information de Medscape France (Aude Lecrubier) : la firme pharmaceutique Merck, productrice du Levothyrox polémique est ciblée par une vague de plaintes sans précédent. Si l’on en croit un communiqué de presse (24 octobre) du cabinet d’avocats MySMARTCab, 3500 personnes ont rejoint l’action collective et conjointe menée par Me Christophe Lèguevaques (avocat au barreau de Paris et fondateur de la plateforme MySMARTCab – activateur de justice). Où l’on voit la porosité de plus en plus grande entre les affaires médicales, les réseaux sociaux et les actions en justice.

Le 25 octobre, Me Christophe Lèguevaques a déposé les 108  premières plaintes auprès du Tribunal d’instance de Lyon et une centaine de nouveaux dossiers devraient être déposés chaque semaine jusqu’à la première audience fixée par le Tribunal de Lyon au 18 décembre 2017. A ce stade, 1 200 dossiers de plaignants seraient en cours de constitution et une trentaine de dossiers complets (pièce d’identité, cahier de doléances et documents médicaux) arriveraient quotidiennement sur la plate-forme.

Cette action complète celle, de moindre ampleur, menée par Me Bertella-Geffroy. Cette ancienne magistrate bien connue des médias attaque le laboratoire Merck pour « non-assistance à personne en danger, mise en danger de la vie d’autrui, atteinte à l’intégrité de la personne et tromperie sur les qualités substantielles du médicament aggravée par une atteinte à la santé ». Rompu aux affaires complexes et médiatiques Me Lèguevaques entend quant à lui démontrer que les laboratoires Merck ont manqué à leur devoir d’information « sur les conséquences scientifiquement prévisibles de la substitution d’une nouvelle formule du Levothyrox® à son ancienne formule ».

L’avocat rappelle qu’un fabriquant ou titulaire d’une AMM a, de par la loi, une obligation d’informer les malades du contenu de son médicament et des effets indésirables qu’il peut induire. « Or, dans ce dossier d’après moi, il y a trois niveaux de manquements à l’obligation d’information du fabriquant », a expliqué Me Lèguevaques à Medscape édition française.

Honoraire de résultat : 10% HT des sommes pour l’avocat

Le premier manquement concerne la notice du médicament. La comparaison de la notice française et de la notice de produits équivalents à l’étranger montrerait que la notice française est extrêmement réduite. Le deuxième manquement porte sur l’absence d’information sur les conséquences scientifiquement prévisibles de la substitution d’une nouvelle formule du Levothyrox® à son ancienne formule. Le troisième niveau de manquement d’information concerne la mission de pharmacovigilance des laboratoires.

Dans ce cadre, Me Lèguevaques sollicite une indemnité forfaitaire pour réparer les préjudices moraux subis par chaque demandeur. En clair une  indemnité de 10 000 € : 5000 € de « préjudice résultant du défaut d’information » ; 5000 € provenant du « préjudice d’angoisse ». 1

Interrogé sur le fait de savoir si l’ANSM et le gouvernement ont une part de responsabilité dans cette affaire Me Lèguevaques estime que l’ANSM « aurait dû prévoir les conséquences éventuelles du changement de formule, informer et anticiper les difficultés liées à la disparition de la spécialité de Merck ». « Concernant le gouvernement, les patients se sentent incompris, ajoute-t-il. Ils ont le sentiment d’avoir été trompés par l’annonce du retour du médicament. 90 000 boîtes ont été mises en circulation alors qu’entre 200 000 et 300 000 personnes voulaient revenir à l’ancienne formulation. Les patients et les pharmaciens ont l’impression que l’on s’est moqué d’eux. » Existe-t-il, ici aussi, matière à préjudice ?

On sait que, dans un premier temps, Agnès Buzyn ministre des Solidarités et de la Santé avait estimé que les responsabilités dans ce dossier incombaient au gouvernement précédent.

A demain

1 Ce cabinet d’avocats demande d’emblée un honoraire de base de 96 € TTC (pour la première instance) et un honoraire de résultat de 10 % HT des sommes récupérées. En cas d’appel, il sera demandé un nouvel honoraire de base de 96€ TTC. « Une telle action peut être prise en charge par votre assurance protection juridique, précisent les avocats. Renseignez-vous auprès de la compagnie d’assurances qui gère votre assurance-maison ou assurance-auto. Souvent, la protection juridique fait partie d’un package. »

 

 

 

 

 

3 réflexions sur “Levothyrox : des milliers de malades vont demander 10 000 euros chacun pour préjudices

  1. Bienvenue aux USA !
    Tout sera dorénavant cause de procès et source de profits (au moins pour certains avocats).
    Après l’obstétricien condamné, il y a quelques années, pour cause de naissance (d’un enfant handicapé non diagnostiqué avant la naissance). Voici l’industrie pharmaceutique en voie d’être condamnée pour ne pas être capable de mettre au point des médicaments parfaits : c’est-à-dire ayant 100% de réussite sans aucun effet secondaire.

    Quid du rôle du pharmacien d’officine (épicier) qui devrait informer le patient (client) ?
    Quid du rôle du médecin prescripteur qui devrait mettre en place une véritable stratégie de suivi, en particulier pour des pathologies aussi sensibles que celles traitées au moyen du lévothyrox ?

    Je connais des pharmaciens d’officine qui ont fait leur travail en informant les patients, en leur recommandant de recontacter leur médecin pour un bilan sanguin.
    Malheureusement, je sais également qu’il y a d’autres pharmaciens qui méritent totalement leur surnom d’épicier ! …

    Personnellement, j’ai eu aussi à subir les effets secondaires d’un antihistaminique qui suite à un traitement de plusieurs semaines, m’a déclenché des pseudo-éczémas que j’ai dû supportés pendant près de 20 ans. Jamais il ne me serait venu à l’idée de faire un procès au laboratoire concerné, et pourtant cela était assez désagréable.
    Je ne supporte pas le célestène qui me cause de violentes crises de hoquet. Dois-je chercher un avocat pour cause de préjudice (la première fois cela a duré plusieurs jours car cet effet secondaire n’était pas sur la notice, entre temps cela a changé, il en est fait mention) ?

    Lorsqu’un médicament fonctionne – d’après les chiffres actuels – pour plus de 99% des patients, la situation est certes dommageable pour les 0.1 ou 0.2 % des patients impactés, mais cela ne justifie aucunement un procès.
    Si les médias n’avaient pas diffusé des informations approximatives à tort et à travers, un certain nombre de patients auraient très probablement mieux suivi les consignes de leur pharmacien ou de leur médecin, au lieu d’improviser : arrêt / reprise du traitement, changement de produit, retour à l’ancienne formule achetée hors de France, etc.
    Ces patients se sont fait plus de mal que le médicament lui-même.

    Déclaration de non conflit d’intérêt :
    – Je ne travaille par pour Merck Serono ; je ne suis ni pharmacien, ni médecin.

  2. bonjour pareil pour moi.beaucoup de crampe .crise d angoisses.insomie.c est honteux.j ai due aller en allemagne pour me procurer l ancienne formule

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