Le ministre Blanquer se souvient-il que jadis exerçaient, en France, des médecins scolaires ?

 

Bonjour

C’est un fait : l’Académie nationale de médecine ne fait pas de politique. Pour autant il arrive que ses constats de santé publique prennent la forme de réquisitoires  qui mettent à mal le pouvoir exécutif. C’est tout particulièrement vrai aujourd’hui avec ce rapport intitulé : « La médecine scolaire en France ».

On y apprend que cette médecine concerne directement plus de 12 millions d’élèves et elle qu’elle est sous l’égide du Ministère de l’Education nationale (EN) – un ministère à la tête duquel le président Macron a placé Jean-Michel Blanquer. On y apprend aussi que cette médecine (médecins et infirmières) a été organisée en 1945, avec la mise en place d’un service d’hygiène scolaire qui instaura un examen médical d’entrée à 6 ans et des examens de santé réguliers. Plus récemment les tâches de ces personnels de santé se sont progressivement étendues avec la prise en charge des élèves ayant une maladie chronique  (1993), l’aide aux élèves atteints de handicap (2005) ou celle des enfants ayant des difficultés d’apprentissage (2015).

Sur le papier tout est parfait. « On déplore cependant le manque de pilotage, d’évaluation et de clarté pour la gouvernance, en particulier pour les missions des médecins et des infirmières, tacle l’Académie.  Les objectifs pour la santé des élèves se sont multipliés, mais le nombre de médecins scolaires est en diminution constante passant de 1400 médecins de l’éducation nationale (MEN) en 2006 à 1000 en 2016. L’attractivité pour la médecine scolaire est médiocre en raison de sa faible reconnaissance professionnelle et des mauvaises conditions matérielles. »

Déserts médicaux dans les écoles

En pratique c’est répartition des MEN est « très hétérogène ». Un euphémisme : elle va de 2 000 à …46 000 élèves pour un seul médecin. Le taux des visites pour les élèves de 6 ans varie selon les régions de 90 à … 0%. « La carence en MEN menace la qualité et l’égalité du dépistage précoce et de la prévention, en particulier pour les grands problèmes de l’adolescence: échec scolaire, addictions, obésité, troubles neuropsychiques » souligne l’Académie. Où l’on voit qu’il faut inclure les écoles dans la liste des espaces touchés par les déserts médicaux.

Et les académiciens de recommander « de remédier d’urgence à la pénurie des MEN, de recadrer leur activité dans un statut de médecins de la prévention, d’assurer l’examen de santé pour tous les enfants de 6 ans, de réviser la gouvernance par la création d’un comité exécutif entre les ministères de l’EN et de la Santé, d’instaurer un enseignement universitaire de la médecine scolaire sous la forme d’une formation spécialisée transversale, et de mettre en place un système de santé scolaire organisé basé sur les personnels de la santé scolaire et les enseignants formés à cet effet. »

L’Académie ne fait pas de politique; elle ne rappelle pas qu’Emmanuel Macron a assuré vouloir faire de l’enseignement et de la prévention deux des grandes priorités de son action présidentielle.

A demain

 

 

 

Une réflexion sur “Le ministre Blanquer se souvient-il que jadis exerçaient, en France, des médecins scolaires ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s