Vacciner de force contre le pneumocoque et le méningocoque C ? Quelques raisons de refuser 

 

Bonjour

Journalisme : d’abord voir, observer – puis interroger au plus près. Bon papier, original et pertinent, dans Le Figaro (Cécile Thibert). Oser demander quel est le véritable intérêt des vaccinations pédiatriques désormais obligatoires contre le méningocoque de type C, le pneumocoque et l’hépatite B. Et le demander au Dr Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à Santé Publique France – expert au cœur de la machine vaccinale réglementaire.

Dans une lettre ouverte aux députés publiée le 15 octobre un petit groupe de médecins généralistes « éduqués, rationnels et responsables » analysaient de manière critique le projet gouvernemental des nouvelles obligations vaccinales pédiatriques – et demandaient aux membres de la représentation nationale de ne pas voter le projet de loi qui leur était proposé. Mais les députés de La République en Marche les ont-ils seulement entendus ? Le gouvernement a été suivi comme un seul homme. Pour autant leurs arguments demeurent. Deux sujets  méritent d’être soulignés

La vaccination contre la méningite à méningocoque C :

« Cette maladie est rarissime même en l’absence de vaccination (120 cas par an en moyenne  dans l’ensemble de la population en l’absence de vaccination et un à  trois décès par an chez les moins de 15 ans). Dans ce cas la vaccination universelle risque de provoquer plus d’effets indésirables graves chez les nourrissons, que de bénéfices dans la population générale. Cette vaccination  est donc préconisée non pour éviter une menace sanitaire grave mais dans l’espoir illusoire, comme le montre l’exemple d’autres pays européens, d’une éradication possible de cette maladie rare. »

 Réponse du Dr Daniel Lévy-Bruhl :

« Aujourd’hui, les infections invasives à méningocoque en France sont rares et sont responsables d’environ 500 cas par an. Cependant, elles peuvent être très graves, puisque plus d’une personne infectée sur dix en décédera, et plus d’une personne sur cinq en gardera des séquelles à vie (atteintes cérébrales, auditives, amputation des membres).

« La vaccination contre le méningocoque C a été introduite en France en 2010, sous la forme d’une injection unique chez les enfants de 1 an, avec un rattrapage recommandé jusqu’à 24 ans. L’incidence des infections à méningocoque C a augmenté entre 2010 et 2014, en particulier chez les nourrissons, très vraisemblablement à cause d’une recrudescence épidémique que la couverture vaccinale insuffisante n’a pas pu contrôler.

Si cette couverture vaccinale avait été suffisamment élevée pour induire une immunité de groupe, une très grande partie des 467 cas survenus depuis 2011 chez des personnes de moins de 1 an ou de plus de 24 ans aurait été évitée, parmi lesquels 66 personnes sont décédées. La trentaine des décès survenus chez des personnes âgées entre 1 et 24 ans non vaccinées aurait également été évitée. Chez nos voisins européens, par exemple au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, où la couverture vaccinale est très élevée, les infections à méningocoque C ont quasiment disparu.

« Concernant les risques, les vaccins contre les méningocoques sont très bien tolérés. Ils comportent, comme tous les vaccins, un risque de réaction allergique et des effets secondaires bénins et transitoires au site d’injection. Récemment, un des vaccins contre le méningocoque a été suspecté d’induire des effets secondaires qui auraient été liés à la présence de métaux dans le vaccin. L’expertise menée a permis de conclure qu’il n’existe pas de risque pour la santé des personnes vaccinées lié à ces métaux, qui ont effectivement été retrouvés à l’état de traces dans ce produit, mais également dans le médicament injectable, le sérum physiologique injectable et les cinq autres vaccins testés. »

La vaccination contre le pneumocoque :

 Le groupe de médecins généralistes développe (annexe III) un long argumentaire détaillé – et accuse en substance le vaccin contre le pneumocoque d’avoir contribué à l’augmentation de la fréquence de cette maladie.

« Qu’en est-il ? » demande, simplement, Le Figaro au Dr Daniel Lévy-Bruhl. Réponse :

« Le problème du pneumocoque est qu’il s’agit d’une bactérie qui existe sous plus de 90 formes différentes, qu’on appelle «sérotypes». En 2003, on a commencé à vacciner contre sept de ces formes. Dans beaucoup de pays, et particulièrement en France, le vaccin s’est révélé très efficace, avec une réduction spectaculaire des infections invasives attribuées aux sérotypes qui étaient présents dans le vaccin.

« Ces bactéries, qui vivent dans la gorge des enfants et qui peuvent provoquer des méningites, ont été détruites par le vaccin. Le problème, c’est que d’autres pneumocoques sont venus ‘’coloniser’’ la gorge des enfants. Les scientifiques savaient que cela allait arriver, mais l’hypothèse était faite que ces nouveaux pneumocoques seraient moins dangereux. Malheureusement, certains l’ont été tout autant que les précédents. Par conséquent, alors que nous avions une couverture vaccinale de plus de 80 % en France, la réduction du nombre de cas de méningite n’a été que de 30 %. La baisse a donc été moins importante qu’espérée. Le nombre total de cas dans l’ensemble de la population a même légèrement augmenté entre 2003 et 2009.

« À partir de 2010, un nouveau vaccin a été rendu disponible: le Prévenar 13. Comme son nom l’indique, celui-ci protège contre treize sérotypes de pneumocoques et inclut les sérotypes le plus souvent responsables du phénomène de remplacement que j’ai évoqué. Ce vaccin a permis de réduire la fréquence des méningites, des pneumonies et des septicémies à pneumocoque à tous les âges. La réduction observée chez les personnes âgées est liée au fait que ce sont les enfants qui les contaminent le plus souvent. En diminuant la présence dans la gorge des sérotypes les plus sévères, la vaccination a indirectement protégé les personnes âgées.

« À l’heure actuelle, si la couverture vaccinale diminuait, les cas liés aux sérotypes inclus dans le vaccin réapparaîtraient, car ils circulent toujours. Il faut rappeler qu’au début des années 2000, avant la vaccination des enfants, plus d’une centaine de méningites à pneumocoque survenaient chaque année chez le nourrisson. Environ 10 % des cas en décédaient et plus de 20 % en gardaient des séquelles.

Le Figaro précise que les généralistes affirment également qu’entre 2010 et 2014, cinq décès ont été jugés imputables au vaccin contre le pneumocoque. Réponse du Dr Daniel Lévy-Bruhl :

« Fort heureusement, ce n’est pas le cas. Depuis quelques années, la définition d’un effet indésirable soumis à la pharmacovigilance inclut les échecs de la vaccination. En clair, cela signifie que si vous contractez la maladie pour laquelle vous avez été vacciné, cela est désormais considéré comme un effet indésirable. Le vaccin contre le pneumocoque, comme la plupart des vaccins n’est pas efficace à 100%. Pour être précis, le grand essai clinique mené aux Etats-Unis a conclu à une efficacité de 94%.

« D’une part, les 5 décès dont il est ici question ont été recensés dans le monde entier. D’autre part, ils font suite à une infection par le pneumocoque, c’est-à-dire que le vaccin n’a pas été efficace chez ces cinq personnes et qu’ils ont contracté la maladie. En résumé, on peut certes se montrer exigeant et reprocher au vaccin de ne fonctionner ‘’qu’à 94%’’, mais on ne peut certainement pas dire qu’il a tué ces personnes. »

Reste que pour ces deux vaccins l’obligation est là. Et c’est dans ce contexte que le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins met en garde : les professionnels qui relaieraient « des arguments contraires aux données de la science » pourront être poursuivis. « Quelles que soient les convictions personnelles d’un professionnel, il se doit de protéger ceux qui l’entourent. Il n’y a pas de débat » déclare-t-il dans une interview au Généraliste :

« Je le redis solennellement et avec conviction, nous soutenons l’initiative de la ministre de la Santé car, dans le climat actuel, il est primordial de protéger l’individu et la collectivité. Créer l’obligation pour ces vaccins dont nous savons qu’ils protègent et sauvent des vies, c’est une action de santé publique ! En disant cela, je n’ai pas le sentiment de me « mettre à genoux devant le gouvernement » ou d’être à la solde des laboratoires, comme certains l’ont affirmé. »

 L’Ordre, dans sa logique, poursuivra-t-il les médecins auteurs de la lettre ouverte ?

A demain

 1 Drs Claudina MICHAL-TEITELBAUM, Jean-Baptiste BLANC, Sylvain FEVRE, Marc GOURMELON, Jean-Claude GRANGE, Dr Christian LEHMANN, Dr Bertrand STALNIKIEWICZ, Dominique LOUBET, Isabelle CHIVILO, Armel SEVESTRE.

 

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