A Paris, du néo-cannabis dans les cigarettes électroniques ! Mais que fait la police ?

Bonjour

Ce matin, il faut lire Le Parisien (Elsa Mari) : « une mode nouvelle fait fureur. Du e-liquide qui contient du CBD, une des molécules du cannabis, est disponible sur le Net et dans les boutiques de cigarettes électroniques. Au grand dam de médecins ».

Où l’on retrouve le CBD, ou cannabidiol, cannabinoïde présent dans le cannabis ; une molécule complexe nourrissant bien des rumeurs plus ou moins urbaines. Il est présent dans quelques médicaments dont le célèbre Sativex. Où l’on se retrouve, aussi trois années en arrière ; décembre 2014, lors de l’annonce du premier e-joint au CBD, lancé sur Internet sous le nom de Kanavape. Ce qui avait suscité l’ire de Marisol Touraine alors ministre de la Santé : « Cannabis : Marisol Touraine veut interdire une cigarette électronique qui n’en contient pas ».

«Je suis opposée à ce qu’un tel produit puisse être commercialisé en France» parce que «cela constitue une incitation à la consommation de cannabis», qui est «potentiellement répréhensible par la loi», avait expliqué  expliqué  sur RTL. Puis l’émotion étaite retombée ; et on avait oublié.

Que va faire Agnès Buzyn ?

Aujourd’hui c’est Agnès Buzyn qui, avec le papier du Parisien, se retrouve confrontée au même sujet :

« Le cannabidiol dont on connaît encore mal les effets sur la santé, cartonne sous forme d’e-liquide. Une fois extrait du cannabis, il est ajouté à certains mélanges aromatisés, carburants de la cigarette électronique. Mais est-il facile de s’en procurer ? Tout à fait. En quarante-huit heures, nous avons pu commander et nous faire livrer ce produit, interdit mais qui bénéficie d’un flou juridique. »

« Son succès se murmure sur les forums. Dans leurs discussions, des dizaines d’internautes n’hésitent pas à vanter les trois lettres CBD : ‘’Je me vois plus zen, mes angoisses se dissipent’’, se réjouit Cbdlife. ‘’J’en utilise depuis trois mois et le fais découvrir à beaucoup de monde autour de moi’’, poursuit-il, alors que d’autres apprécient son petit goût ‘’végétal’’ aux effets positifs sur l’humeur.

« On part à sa recherche, en quelques clics, sur Internet. Première surprise, un site de grande distribution très connu n’hésite pas à vendre ce produit dans… ses coups de coeur. Les sites de vapotage, eux, ont même une rubrique dédiée e-liquide CBD. Des petites fioles estampillées « nouveauté » apparaissent les unes à côté des autres. Seules restrictions affichées : les femmes enceintes et les moins de 18 ans (…) Je sélectionne deux fioles de 30 mg, pour un total de 31,74 €, alors que le prix d’achat d’un e-liquide classique coûte environ 6 €. Je paye. Et l’affaire est pliée (…) Les sites en ligne n’ont pas le monopole du marché. Dans les magasins de cigarettes électroniques, cette tendance prend aussi de l’ampleur. »

Grand bazar

Selon Le Parisien, même les bureaux de tabac de la capitale ont flairé la belle affaire – et le site des buralistes de réagir qui rêve déjà d’un « monopole d’État sur la vente de l’e-cigarette » comme en Italie. In fine Le Parisien n’a pas résisté : il est allé interroger le « très médiatique » professeur Bertrand Dautzenberg.« C’est le bazar dit ce dernier. D’un côté, l’ANSM parle d’interdiction du CBD, de l’autre, le gouvernement reste vague. Et les addictologues sont dans un flou total sur son statut. Sa consommation était complètement marginale, ultraconfidentielle. Elle est en train de devenir massive. Certains l’utilisent comme substitut au joint, d’autres à la nicotine et certains malades chroniques ou angoissés contre le stress. Il faut une réglementation claire, personne ne s’y retrouve. »

Contactée par le quotidien, la Direction générale de la santé botte en touche : « Nos services sont en train d’expertiser ce sujet ». En décembre 2014 Marisol Touraine avait assuré qu’elle « avait demandé à ses services d’étudier de façon très précise la situation de ce produit», précisant qu’elle avait «l’intention de saisir le juge» pour interdire sa commercialisation ». Tout, semble-t-il reste à faire.

A demain

 

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