Médicaments : après la «liste noire», voici la «liste en or» et son lot d’absurdités

Bonjour

Hier 60 millions de consommateurs et sa « liste noire » 1, aujourd’hui Le Monde et sa liste en or véritable: « Les dix médicaments qui coûtent le plus cher à la Sécurité sociale »  (Maxime Ferrer et Chloé Hecketsweiler). Rien de sorcier, il suffisait d’y penser : le dernier des quotidiens vespéraux a analysé la base de données Open Medic qui recense toutes les informations sur les médicaments remboursables. Résultat, en euros :

1 Humira® (Abbvie) – 463 375 837

2 Lucentis® (Novartis) – 322 977 911

3 Eylea®  (Bayer) – 259 004 529

4 Crestor® (Astrazeneca) – 240 101 532

5 Enbrel® (Pfizer) – 235 640 805

6 Lantus®  (Sanofi Aventis)- 224 183 613

7 Xarelto® (Bayer) – 216 294 157

8 Doliprane®  (Sanofi Aventis)- 202 550 181

9 Glivec®  (Novartis)- 190 177 220

10 Araneps® (Amgen) – 175 508 061

Lesquels doivent trembler ? En France, en 2016, les médicaments délivrés en officine ont coûté 18,5 milliards d’euros en remboursements à l’Assurance-maladie. Or le ministère de la santé veut, l’an prochain réduire la facture de 1,5 milliard d’euros l’an prochain. « Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 – qui revient en seconde lecture à l’Assemblée les 28 et 29 novembre – prévoit diverses mesures pour y parvenir, dont des baisses de prix (480 millions), le développement de « copies » moins onéreuses que les médicaments « de marque » (380 millions) ou encore un contrôle plus strict des prescriptions (320 millions) » résume Le Monde.

Incurie récurrente

L’analyse des données d’Open Medic démontre l’allergie récurrente des prescripteurs pour les médicaments « biosimilaires » – le Benepali® de Biogen versus Enbrel® de Pfizer par exemple. De la même façon, le Lantus®de Sanofi que l’Abasaglar® de Lilly ne parvient pas à détrôner.

Où l’on retrouve, cinq ans après 2 l’absurdité ophtalmologique récurrente du Lucentis® (322 millions d’euros remboursés) et de l’Eylea® (259 millions)  contre la DMLA. Sans oublier le Crestor® (240 millions d’euros remboursés) : 25 euros la boîte de trente comprimés – soit près de quatre fois plus qu’une boîte équivalente de simvastatine. « Pour limiter la prescription du Crestor®, l’Assurance-maladie a mis en place il y a trois ans un dispositif exceptionnel : avant d’initier un traitement, les médecins doivent solliciter une autorisation préalable, précise Le Monde. Et, pourtant, un tiers des 6 millions de personnes traitées avec des statines sont toujours sous Crestor®, un médicament qui n’est quasiment pas prescrit ailleurs en Europe. »

Et faudrait-il rappeler ce qu’il en est de l’incurie du Doliprane®, privilège hexagonal de Sanofi et des pharmaciens d’officine ? Où l’on perçpoit, in fine, l’absence étrangement récurrente de volonté du pouvoir exécutif de peser sur Big Pharma pour rationaliser un marché considérable, marché financé par la collectivité.

A demain

1 « Médicaments: faut-il craindre les ‘’listes noires ‘’» ? » Slate.fr 25 novembre 2017

2  « Traitement contre la cécité ou traitement contre l’absurdité ? » Slate.fr 7 août 2012

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s