Sevrage : connaîtra-t-on jamais les véritables résultats des opérations «Moi(s) sans tabac» ?

 

Bonjour

Trop tôt !  Agnès Buzyn aurait-elle péché par excès officiel d’optimisme en évoquant une édition « prometteuse » 2017 de l’opération « Moi(s) sans tabac » lors de sa dernière communication au conseil des ministres ? Le site des buralistes français le pense : à en croire le compteur du site Tabac Info Service la communauté atteint 157 879 inscrits à J + 29. Soit moins que les 180 000 de 2016 – vif satisfecit public, alors, de Marisol Touraine.

« L’opération Moi(s) sans tabac initiée en 2016 a lieu ce mois-ci et est renforcée, faisait valoir Agnès Buzyn le 27 novembre. Cette opération majeure a vocation à se répéter chaque année. L’édition 2017 apparaît d’ores et déjà prometteuse avec, en amont du démarrage effectif, plus de 100 000 inscrits à Tabac Info Service et plus de 3,5 millions d’outils commandés. »

 Les pré-inscrits étaient certes 100 000. Puis le 1er novembre a démarré avec 125 000 pour passer à 145 000 à J + 10. Pour finir à moins de 160 000. « Pourtant, la presse régionale a joué le jeu en couvrant largement les initiatives des partenaires en région (hôpitaux, associations, …) ou l’implantation des ‘’fans zones’’ » note le site des buralistes. Bien sûr, ce n’est qu’un indicateur. On attend surtout les données de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies avec les statistiques de ventes de substituts, des consultations sur l’appli et des appels à Tabac Info Service. Dans l’attente, on peut s’interroger : le concept de défi collectif à la « Stoptober » (le modèle britannique) est-il duplicable au tempérament individualiste des Français ? »

De fait on peut, on doit, s’interroger. Moins sur la reproductibilité du modèle anglais que sur la forme donnée à l’entreprise française. Jacques Le Houezec, président de Sovape regrette que l’on « infantilise les fumeurs en leur proposant des jeux d’enfants plutôt que de réels conseils et une information honnête ».

« Au cœur du dispositif, j’ai la même analyse, les valeurs absolues parlent d’elles mêmes, ajoute Sébastien Béziau, vice-président de Sovape. A part le nom, l’opération n’a rien à voir avec le Stoptober. Là-bas on propose immédiatement aux participants les solutions pour arrêter de fumer, alors qu’en France, on ne leur propose que de « s’inscrire. » La « réussite » de l’opération se mesure donc au nombre d’inscrits. Que les gens qui veulent arrêter de fumer lèvent la main. Ok merci ! Tous va bien… Pathétique. On retiendra les conseils de la journée du 22 octobre, au choix parmi les 22 propositions pour repousser l’envie de fumer  « apprendre à faire un lama en ombre chinoise » ou encore « regarder une vidéo d’un chaton trop mignon »… On espère que l’agence de publicité aura été bien payée. »

Lamas et chatons trop mignons

« Le ‘’Moi(s)sans tabac’’ est une bonne idée mais tant qu’elle sera maniée par des autorités qui se donnent bonne conscience, les résultats ne seront pas au rendez-vous, estime Patrick Favrel spécialiste référent réputé en ‘’réduction des risques’’.   Quel est ce ministère et ses tutelles qui exigent à longueur de temps la mise en place et la tenue de critères d’évaluation pour toutes les structures incapables de restituer le nombre d’arrêt du tabac de 2016 ? Doit-on encore participer à une kermesse seulement parce qu’elle est caisse de résonance ? Quel a été le budget du ‘’Moi(s)sans tabac’’ (MST) pour 2017 ? Le ratio et les indicateurs sont pourtant simples : budget/Nb d’arrêt du tabac = Combien coûte un fumeur en moins par le biais du MST. »

Mêmes interrogations chez Jean-Paul Couteron, président de la Fédération Addiction : « Osera-t-on se remettre en cause chez nos décideurs ? L’ancien Programme National de Réduction du Tabagisme (PNRT)  n’a pas été un triomphe, le ‘’Moi(s) sans tabac’’ a du mal à être une fête, il associe encore trop les inévitables conférences sur le danger du tabac et autres fan zones  où des ‘’ambassadeurs’’ font autant leur pub que celle de l’action, et des ARS qui appliquent la loi et qui dans beaucoup d’endroit ont interdit les actions vapotage… Et le prochain PNRT est annonce ds 15 jrs et préparé par les mêmes etc.  Je continue de penser qu’un ‘’Moi(s) sans tabac’’ est une belle idee, mais il est dommage de ne pas plus en libérer la dynamique. Ceci dit attendons les données complètes ! »

Les données complètes, précisément… « Sur l’opération 2016, Santé Publique France (SPF) est toujours incapable de nous dire combien de personnes ont arrêté de fumer sur les 180000 « participants », observe Sébastien Béziau. Le Dr Philippe Arvers, addictologue et tabacologue administrateur de la Société Française de Tabacologie (SFT) ajoute : « au congrès de la SFT il y a deux semaines, François Bourdillon, directeur général de SPF,  a précisé que les résultats du ‘’Mois(s)sans tabac’’ 2016 seront donnés dans le BEH de mai 2018, pas avant.. ! ».

On peut donc espérer que les résultats de 2017 seront connus en mai 2019.

A demain

Une réflexion sur “Sevrage : connaîtra-t-on jamais les véritables résultats des opérations «Moi(s) sans tabac» ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s