Quatorze morts sous Levothyrox : «aucun lien» assure l’Agence de sécurité du médicament

Bonjour

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pourra-t-elle longtemps encore gérer seule l’affaire multiforme du Levothyrox ? Elle est aujourd’hui confrontée à une nouvelle révélation : le numéro zéro d’un futur hebdomadaire papier (Ebdo) 1 qui tient là sa première et paradoxale pré-exclusivité. Où l’on apprend que la base nationale recensant les effets indésirables des médicaments recense désormais quatorze décès dans la colonne Levothyrox. L’ANSM a aussitôt réagi (par tweet) en précisant qu’aucun lien « ne pouvait être établi avec le médicament ».

Comment comprendre ? Le premier rapport de pharmacovigilance rendu public par l’ANSM le 10 octobre faisait état de quatre décès sur 5 062 cas d’effets indésirables graves enregistrés – quatre décès pour lesquels le lien avec le Levothyrox n’avait pu être établi :

« Un cas d’arrêt cardiorespiratoire chez une patiente de 34 ans recevant un lourd traitement psychiatrique, pour laquelle l’exposition à LEVOTHYROX® NF est inconnue ; un cas de mort subite chez une femme de 78 ans ; autres médicaments co-suspects d’imputabilité plus forte ; un cas de femme de 39 ans chez laquelle un diagnostic de thyroïdite d’Hashimoto est posé en juillet 2017 ; LEVOTHYROX® initié, sans doute NF ; décès un mois après dans un tableau d’oedème pulmonaire avec insuffisance cardiaque ; TSH à 1,92 mUI/L ; résultats de l’autopsie en attente) ; un cas d’AVC ischémique chez une femme de 87 ans diabétique chez laquelle est retrouvée une TSH à 0,0270 au cours de l’hospitalisation, exposition LEVOTHYROX® AF ou NF non précisée). »

Corrélation et/ou causalité

Il faut donc aujourd’hui ajouter dix autres morts (dont « des morts fœtales » assure-t-on) sans que l’ANSM apporte d’éléments cliniques ou biologiques pour justifier sa position. Elle se borne à dire que « l’enquête se poursuit » et que des résultats seront communiqués fin janvier 2018 – prenant ainsi le risque d’être accusée de « cacher la réalité ». Le tout sur fond de diverses actions en justice.

On peut raisonnablement avancer, au vu du nombre de personnes consommant quotidiennement ce médicament en France (trois millions, dit-on) qu’il n’y a là qu’une corrélation et non un lien de causalité. Encore faudrait-il publiquement l’expliquer – et non s’enfermer dans une rigidité et un entre-soi qui confinent à une forme de politique du secret. Agnès Buzyn, ministre de la Santé pourrait, ici, faire oeuvre utile de pédagogie. L’ANSM pourra-t-elle longtemps encore gérer seule cette affaire ?

A demain

1 « Payant et sans publicité, ce nouveau titre ne veut pas résumer l’actualité de la semaine, comme le font traditionnellement les newsmagazines, mais ‘’raconter la société’’ et répondre au ‘’besoin de compréhension» des lecteurs’’ explique Libération. C’est le 12 janvier 2018 que les éditeurs des revues de grand reportage XXI et 6 Mois sortiront une nouvelle publication … en papier. ‘’Le support papier reste fort en termes de compréhension et de mémorisation, cinq à six fois plus que le numérique. Les études de neurosciences le montrent’’ , justifie Laurent Beccaria, l’éditeur des Arènes et le président de Rollin Publications, la société éditrice de ces revues. »

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