Les vaccino-sceptiques font feu de tout bois : les sels d’aluminium devant le Conseil d’Etat

Bonjour

Jusqu’où jugeront les hauts magistrats du Conseil d’Etat ? Après l’affaire Vincent Lambert les voici bientôt au chevet des vaccins et de leurs adjuvants. C’est une confidence glissée au Monde (Emeline Cazi) : une requête déposée par l’avocate Me Jacqueline Bergel (au nom d’un collectif de trois mille personnes) a été enregistrée mardi 14 novembre par le Conseil d’Etat. Le Monde :

« La question, longtemps cantonnée à des débats entre scientifiques, mais dont se sont récemment emparés les collectifs vaccino-sceptiques, devra désormais aussi être étudiée par la justice administrative. C’est en vertu du ‘’principe de précaution’’ que l’avocate, initialement spécialiste du droit immobilier, demande l’interdiction des sels d’aluminium dans les vaccins obligatoires et insiste pour que les autorités contraignent les laboratoires pharmaceutiques à utiliser ‘’des adjuvants alternatifs’’, ‘’tels que le phosphate de calcium’’.» 

De l’immobilier à l’aluminium: Me Bergel se réfère (sans surprise)  aux travaux (polémiques et contestés) de l’équipe du Pr Romain Gherardi (Inserm, AP-HP) pour dénoncer les « effets secondaires néfastes tant pour les enfants très jeunes que pour les adultes » qu’induiraient les adjuvants aluminiques chez les personnes vaccinées.

Air connu : cette procédure n’est pas « une remise en cause de la vaccination ». Ce n’est pas non plus une totale surprise : elle a été lancée au cœur de l’été par une « demande préalable » de retrait de ces adjuvants adressée à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé lorsqu’elle annonça la décision gouvernementale des nouvelles obligations vaccinales.

« Le rejet implicite par le ministère de la demande de l’avocate a permis à cette dernière de déposer sa requête devant le Conseil d’Etat et d’obliger la justice à se pencher sur le sujet, explique Le Monde. Une audience aura lieu au terme de la phase d’instruction — de plusieurs mois — durant laquelle les parties s’échangeront pièces et mémoires. » Ce sera là une dynamique judiciaire intéressante qui permettra d’instruire un dossier scientifique et médical conflictuel : qu’en est-il véritablement des allégations des anti-adjuvants aluminiques ?

La messe n’est pas dite

Quel crédit apporter aux observations de l’équipe du Pr Romain Gherardi, chef de service du centre de référence des maladies neuromusculaires à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) ? Que penser, sans polémiquer, de la « myofasciite à macrophages » ? Existe-t-il véritablement un lien (et de quelle nature) entre les adjuvants aluminiques et cette entité plus  ou moins constituée ? Y aurait-il, chez certains vaccinés, des « nanocristaux d’aluminium emprisonnés dans des macrophages qui migreraient vers le cerveau » ?

« Ces conclusions sont partagées par d’autres équipes ailleurs dans le monde, mais elle ne font pas consensus » écrit Le Monde, usant de l’euphémisme : aucune étude épidémiologique n’a permis de conclure, à supposer que de telles études suffiraient à calmer les passions. Les « anti-aluminium »  ( comme E3M – Entraide aux Malades de la Myofasciite à Macrophages), forts de leur postulat, réclament que l’exécutif fasse une croix sur cet adjuvant controversé par un autre.

Agnès Buzyn a déjà fait entendre ses convictions : les adjuvants aujourd’hui utilisés « ne sont pas nocifs pour la santé, ainsi que tous les rapports le montrent ».  Fin septembre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rappelé dans un communiqué qu’« aucun signal de sécurité lié à l’aluminium contenu dans les vaccins n’a conduit à remettre en cause le rapport bénéfice/risque des vaccins contenant de l’aluminium, en France, et à travers le monde ». Mieux encore l’ANSM rappelle « que ces vaccins sont administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde depuis près d’un siècle ». Et elle « tient à rassurer les patients  : les résultats des études de l’équipe du Pr Gherardi, ainsi que l’ensemble des rapports et publications disponibles à ce jour, ne modifient pas ce rapport bénéfice risque positif ».

On aurait pu  croire la messe dite. Elle ne l’est pas : la parole est aux hauts magistrats du Conseil d’Etat.

A demain

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