Grâce au Levothrox l’Agence du médicament a découvert l’existence des réseaux sociaux

Bonjour

Bientôt mi-décembre. A ce stade de l’affaire 23 000 « signalements » de pharmacovigilance-Levothyrox ont officiellement été enregistrés. On en comptait 15 000 à la mi-septembre. Le chiffre actualisé vient d’être donné lors une conférence de presse de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) – rencontre dont l’essentiel vient d’être rapporté par Le Quotidien du Médecin (Fabienne Rigal).

Mais encore ? L’ANSM a aussi présenté la répartition de la dispensation des spécialités à base de lévothyroxine, entre le 16 octobre et le 6 décembre. Si 90,5 % concernent le Lévothyrox-nouvelle formule (de Merck), 7,2 % concernent la « L thyroxine Henning » (de Sanofi), 1,8 % la L-thyroxine serb et seulement 0,5 % pour l’Euthyrox, de Merck (ancienne formule, présente à titre temporaire).

« L’objectif est de sortir de la situation de crise actuelle en offrant une diversité de solutions aux patients », précise la direction de l’ANSM. Mais l’important de cette rencontre est ailleurs.

Foisonnement complexe

 « Jusqu’à mi-août, les centres de pharmacovigilance n’ont pas observé de problème particulier, a rappelé Dominique Martin, directeur général. Les choses se sont plutôt passées sur les réseaux sociaux, à partir de la mi-juillet, et il importe donc de mieux les utiliser pour la pharmacovigilance. C’est un monde foisonnant et complexe, mais l’analyse de risques doit être élargie à cette dimension nouvelle. »

Le Quotidien du Médecin ajoure que pour sa part le Pr Antoine Pariente, responsable du centre régional de pharmacovigilance de Bordeaux, a déclaré :  « La notification est une nouveauté extraordinaire et une grande opportunité, mais il manque aussi une éducation à la notification (raison pour laquelle nous communiquons auprès des associations de patients) et ces signalements entraînent un volume d’effets indésirables à gérer qui est considérable. Le 17 août, les notifications ont été multipliées par quatre-vingt ! Il va nous falloir apprendre à mieux utiliser ces signalements. »

Graine ministérielle

Ce sont là des évidences. Une autre évidence est que la direction de l’ANSM semble, de ce point de vue, bien en retard sur la réalité médiatique telle que chacun peut l’observer. Elle le reconnaît pour la première fois. C’est bien le moins.

Comment comprendre que cette Agence n’a elle pas pris la mesure, dans son champ de compétence, de la bombe que constitue l’association des effets nocebos potentiels et du bouillon de culture des réseaux sociaux ? Le ministère de la Santé pourrait utilement en prendre de la graine. Car « l’affaire du Levothyrox » pourrait bien n’être que la première d’une série de nouvelles formes d’emballements angoissés-angoissants dans le champ, infini comme chacun sait, du médicament.

A demain

Une réflexion sur “Grâce au Levothrox l’Agence du médicament a découvert l’existence des réseaux sociaux

  1. Si « L’objectif est de sortir de la situation de crise actuelle en offrant une diversité de solutions aux patients « , et si justement ce qui provoque chez certains le besoin d’adapter les doses, ou si c’est de changer un yota de la composition du médicament, alors quelle est la logique de diversifier l’offre ? montrer que l’on concurrence le nouveau levothyrox ?

    Je pense aussi que rien ni personne ne peut faire face au potentiel d’emballement des réseaux dits sociaux. Quelle que soit la valeur du signal.

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